À un an du prochain scrutin, le président de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Éric Forest, s'inquiète haut et fort d'une désaffection de la relève politique. «Je me demande aujourd'hui, si je n'étais pas fou ou si je n'étais pas déjà en politique municipale, est-ce que j'aurais le goût de m'embarquer là-dedans?» demande le maire Forest.
Avec tous les défis et les nouvelles responsabilités qui arrivent chaque année dans la cour des villes, il faudrait justement un nouveau bataillon d'élus de grand calibre, fait valoir M. Forest.
«Présentement, on ne bâtit pas un environnement favorable à attirer des compétences et des ressources à la hauteur des défis qu'on a à relever pour les prochaines années», dit Éric Forest.
Si les «jeunes» risquent de tourner le dos à la politique municipale, plusieurs élus actuels, dévoués et compétents, insiste le président de l'UMQ, choisiront aussi de rentrer dans leurs terres, écoeurés du climat de chasse aux sorcières.
Pour limiter les dégâts, il faut au plus vite resserrer certains aspects de la gestion des villes pour limiter les possibilités de collusion, plaide Éric Forest. Par exemple, créer un bureau québécois de surveillance des prix. Ou rendre illégale l'autorisation au préalable d'un certain pourcentage «d'extras» lorsqu'une Ville octroie un contrat.
«Si les prétentions de M. Zambito [Lino] sont vraies, la corruption est érigée en système et il faut au plus vite changer nos pratiques dans nos administrations», insiste M. Forest.
Le président de l'UMQ souhaite que la commission Charbonneau fasse son travail jusqu'au bout et qu'au plus vite, les responsables soient punis. «Ceux qui nous ont mis dans ce bateau-là, ben sacrifice, qu'ils payent pour leur geste! s'emporte Éric Forest. Parce que c'est tout le monde qui est éclaboussé et c'est notre système démocratique qui est ébranlé.»
Vaillancourt peut rester
Par ailleurs, Éric Forest, ne réclamera pas la démission, même temporaire, du maire de Laval, Gilles Vaillancourt, membre du comité exécutif de l'UMQ. M. Forest affirme que tant qu'aucune accusation ne sera déposée, il n'entend pas demander à son collègue de quitter ses sièges de membre du comité exécutif de l'UMQ et de président du caucus des villes de la métropole.
Il a toutefois contacté M. Vaillancourt après les perquisitions. «Je lui ai demandé de ne plus être porte-parole officiel de l'UMQ en matière de finances et d'infrastructures, explique M. Forest au Soleil. S'il y a des accusations déposées, on verra», ajoute-t-il.
Les perquisitions chez le maire de Laval entachent bien sûr l'image de l'UMQ, convient le président Forest.
«Mais j'aime autant m'assumer avec mes valeurs de respect de la société de droit que de poser des gestes uniquement pour l'image», rétorque-t-il.