La performance de Me Estelle Tremblay en a surpris plus d'un, mercredi. Elle s'en est prise à la crédibilité de l'ex-patron de l'Unité anticollusion (UAC) en raison de son «enquête bénévole» sur le financement illégal des partis politiques.
Me Tremblay voulait mettre la main sur le rapport de 50 pages qui découle de cette enquête et qui s'intitule Le financement illégal des partis politiques, un système hypocrite où l'influence est à louer et les décisions sont à vendre.
«D'abord, elle n'avait pas le mandat de décrédibiliser M. Duchesneau, je peux vous l'assurer, a réagi la chef du Parti québécois, jeudi. Au contraire. Vous savez comment on a poussé pour avoir une commission d'enquête et le rapport de M. Duchesneau a été un élément déclencheur.»
Il n'en demeure pas moins que la chef péquiste a été «étonnée» par certaines affirmations de l'ex-chef de police de Montréal. Notamment en ce qui a trait à «l'argent sale qui permet de faire des élections» à travers une «comptabilité secrète» des partis politiques. M. Duchesneau estime que 70 % de l'argent dépensé par les partis au provincial ne passe pas par le système de contributions contrôlé par la loi.
«Nous ne faisons pas ça, assure la chef péquiste. On n'a pas de double comptabilité. Ce sont des chèques officiellement faits selon les règles de l'art.»
Ces allégations ont amené l'avocate du PQ à vouloir obtenir le rapport bénévole pour en vérifier le contenu. «À partir du moment où tous les partis politiques sont mis dans le même paquet, on peut comprendre qu'elle dise : Est-ce qu'on peut au moins avoir le rapport pour constater qu'effectivement, les noms qui sont là ne sont pas les nôtres? a défenduMme Marois. C'est ça l'intention qu'elle avait. Évidemment, elle a peut-être poussé un peu loin.»
éclaboussé à cause du plq
La chef péquiste soutient que son parti est éclaboussé par des comportements qui sont imputables au Parti libéral du Québec. Il importe donc que le rapport bénévole soit rendu public pour tirer les choses au clair, affirme-t-elle. «On n'a pas de crainte, assure Mme Marois. Ils mettent tous les partis dans le même panier. Et nous, on est sûrs qu'on n'est pas dans ce panier-là. [...] Je ne l'accuse pas de mentir, mais je trouve que c'est gros. S'il a des faits, ce serait intéressant de les connaître.»
Le fait que M. Duchesneau n'ait pas non plus déposé son rapport au Directeur général des élections avant les audiences de la commission Charbonneau intrigue la chef péquiste. «Ça m'a surpris beaucoup, admet-elle. Il vient témoigner, c'est un homme crédible, qui a fait un travail sérieux. Pourquoi n'a-t-il pas déposé le document avant?»
Jeudi, accompagnée d'une dizaine de députés, Mme Marois a assisté à l'assermentation du nouveau député d'Argenteuil, Roland Richer, à l'Assemblée nationale. Aucun des députés péquistes sur place n'arborait le carré rouge.