Au lendemain de l'octroi des pleins pouvoirs à la juge France Charbonneau pour son enquête sur l'industrie de la construction, le Parti québécois a mené la vie dure au ministre de la Justice, en Chambre.
La porte-parole péquiste en matière de justice, Véronique Hivon, s'est interrogée sur la capacité du ministre Fournier à occuper ses fonctions. Selon elle, il a choisi d'agir en «servile disciple» du premier ministre plutôt que de «dire non au jeu politique».
«À la lumière du discrédit dont il est l'objet, est-ce qu'il assume qu'il a l'autorité morale pour assumer ses fonctions de ministre de la Justice?» a chargé la députée Hivon. Celui-ci a répondu par l'affirmative.
Le premier ministre, Jean Charest, n'a répondu à aucune des questions qui lui ont été adressées sur le sujet par le péquiste Bertrand St-Arnaud. Il a laissé M. Fournier prendre tous les coups.
D'après M. St-Arnaud, le refus du gouvernement pendant plus de deux ans de tenir une enquête est l'équivalent d'un «préavis aux bandits de la construction».
«Le gouvernement s'est opposé avec des arguments qui ne tenaient pas la route, qui ont été démolis jour après jour, tout ça pour gagner du temps parce que les intérêts du Parti libéral primaient sur l'intérêt public», a lancé M. St-Arnaud.
«Mesures extraordinaires»
Le gouvernement Charest évoque les «mesures extraordinaires» qu'il a adoptées pendant cette période pour se défendre.
Tard mercredi, la juge Charbonneau a publié un communiqué dans lequel elle explique les démarches entreprises par son bureau depuis sa nomination. Elles comprennent notamment «l'embauche de procureurs, d'un directeur, d'enquêteurs, de recherchistes, d'experts et de personnel de soutien ainsi que la location d'espaces de bureau».