Intimidation de femmes sur les chantiers: Bernard Gauthier dépassé

Bernard «Rambo» Gauthier songe à mettre en demeure... (Photothèque Le Soleil)

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Bernard «Rambo» Gauthier songe à mettre en demeure Sylvie Déraspe pour son témoignage l'incriminant devant la Commission parlementaire sur le projet de loi 33.

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Commission Charbonneau
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Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

Fanny Lévesque, collaboration spéciale
Le Soleil

(Havre-Saint-Pierre) L'imperturbable Bernard Gauthier a avoué être secoué par les déclarations faites lundi à la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 33, qui le mettait en cause dans une affaire de voies de fait. «Où tout ça va nous mener? Personnellement, je commence à être fatigué», a confié au Soleil celui que l'on surnomme «Rambo». «Il faut que je respire un peu, c'est débile ce qui se passe.»

Lundi, l'agent d'affaires de la FTQ-Construction a été la cible de la représentante du Comité ad hoc pour la défense des droits des femmes dans la construction, Sylvie Déraspe, qui révélait en commission parlementaire du projet de loi 33 qu'une travailleuse de Havre-Saint-Pierre n'avait pu témoigner à l'Assemblée nationale parce qu'elle avait été agressée par un délégué syndical.

«Ça n'a pas de bon sens, sous-entendre que je battrais une femme. Ils [ses détracteurs] veulent ma peau, je ne les connais même pas», a soutenu M. Gauthier en indiquant qu'il songeait mettre en demeure Mme Déraspe pour avoir tenu des propos diffamatoires. «Elle aurait dû vérifier ses affaires.»

Par ailleurs, la version de la présumée victime, Lucie Hounsell, diverge de celle de Sylvie Déraspe. Comme le révélait Le Soleil mardi, Mme Hounsell aurait plutôt été agressée par un entrepreneur qui se réjouissait de la faillite de son mari, aussi entrepreneur. Celle-ci se serait présentée aux bureaux du concurrent, à Havre-Saint-Pierre, où la bagarre aurait éclaté.

«Ça fait deux ans que je suis sur la sellette. Aussitôt qu'il y a quelque chose qui se passe, on m'accuse», a expliqué M. Gauthier, qui semblait dépassé par les événements. «Je passe mon temps à me défendre, et pendant ce temps, je ne fais pas mon travail.»

Selon lui, c'est une minorité de travailleurs insatisfaits qui profiterait du contexte pour lui mettre des bâtons dans les roues. «Je représente quand même au moins 650 membres», a ajouté l'agent d'affaires en martelant «qu'il n'y en aura pas de brasse-camarade sur la Côte-Nord».

Bernard Gauthier dit aussi craindre pour l'avenir des travailleurs nord-côtiers si l'adoption du projet de loi 33 mettait fin au placement syndical. «On avait une paix sociale, on était en train de monter quelque chose de bon pour la Romaine, mais là, on dirait que tout est fait pour museler les syndicats, a-t-il lancé. Je représente 65 % des travailleurs, est-ce normal que celui qui en représente six ait les mêmes pouvoirs que moi? On a travaillé pour ça, c'est un recul, c'est la Côte-Nord qui va écoper.»

Selon les informations obtenues mardi, la FTQ s'apprêterait à organiser une conférence de presse en présence de travailleuses de la construction pour faire une mise au point sur les allégations de discrimination sur les chantiers par la centrale syndicale. La FTQ-Construction représente un peu plus de 1000 travailleurs à la Romaine.

Avec la collaboration de Steeve Paradis

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