Chantiers paralysés: pertes colossales

Le chantier de construction de La Capitale, à... (Photo Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le chantier de construction de La Capitale, à Québec, n'a pas fait exception au mouvement de protestation.

Photo Le Soleil, Patrice Laroche

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Commission Charbonneau
Commission Charbonneau

Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) Les chantiers de construction paralysés un peu partout lundi au Québec auront à éponger des pertes colossales. Certains donneurs d'ordre parlent déjà d'un manque à gagner de plus d'un million de dollars par jour.

C'est notamment le cas chez Rio Tinto Alcan, qui a reconnu lundi que le mouvement de protestation des travailleurs de la construction contre le projet de loi 33 sur le chantier de sa nouvelle usine AP60 du complexe Jonquière lui occasionne des pertes quotidiennes d'au moins un million de dollars.

Rio Tinto Alcan emploie quelque 1000 travailleurs de la construction pour mettre en place de nouvelles salles de cuves à son complexe Jonquière, dont l'inauguration est prévue en 2013.

Chez Hydro-Québec, le chantier de construction du complexe hydroélectrique La Romaine, sur la Côte-Nord, a lui aussi été mis au neutre lundi, des centaines de travailleurs n'étant pas entrés au travail.

La direction d'Hydro-Québec n'a pas voulu avancer de chiffres lundi. Or, certaines sources estiment les pertes quotidiennes au chantier La Romaine entre 300 000 $ et 500 000 $.

À Québec aussi

Dans la région de Québec, plusieurs grands chantiers ont vu leurs activités être interrompues lundi. C'est notamment le cas des chantiers du Centre de foires de Québec, du Super PEPS et de la raffinerie Ultramar à Lévis.

À la Ville de Québec, on ne pense pas que le débrayage lundi des 80 tra­vailleurs au Centre de foi­res aura des conséquences financières importantes sur ce projet d'agrandissement de 25 millions $. «Les travaux sont déjà très avancés, mais il ne faudrait pas que cela s'étire dans le temps», a fait savoir lundi le porte-parole Jacques Perron.

Chez Ultramar, c'était motus et bouche cousue lundi. Personne au siège social montréalais n'a voulu commenter la manifestation d'une centaine de travailleurs près de la raffinerie.

«Inacceptable»

Au Conseil du patronat du Québec (CPQ), on a déploré lundi cette nouvelle vague de débrayages illégaux des travailleurs de la construction. «C'est inacceptable ce qui se passe sur les chantiers actuellement», a fait savoir le président Yves-Thomas Dorval au Soleil.

Lançant un appel au calme et au respect du processus de con­sultation publique du projet de loi 33 visant à mettre fin au placement syndical, le président du CPQ a rappelé qu'«un assez large consensus démontrait que le temps n'était plus aux débats au Québec, mais aux actions concrètes».

Quoi qu'il en soit, les travailleurs qui refusent d'entrer au travail s'exposent à de lourdes sanctions, a rappelé lundi la ministre du Travail, Lise Thériault. Certaines amendes peuvent aller jusqu'à 70 000 $ par jour par chantier pour chaque syndicat reconnu coupable de gestes illégaux.

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