Charest recule: la juge Charbonneau pourra assigner des témoins

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La volte-face de Jean Charest lui a valu les applaudissements nourris des délégués réunis au 31e congrès du Parti libéral du Québec.

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Commission Charbonneau
Commission Charbonneau

Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) Jean Charest recule. Il accordera à la juge France Charbonneau le pouvoir de contraindre tout témoin ou suspect à témoigner à sa commission d'enquête sur la collusion et la corruption.

«Si dans la progression de ses travaux, avec le cumul des éléments de preuve qu'elle aura réunis, et tout en les protégeant, la juge Charbonneau en venait à la conclusion qu'un pouvoir de contrainte devenait nécessaire, elle pourra alors en faire la recommandation au gouvernement, lequel acceptera sa requête», a annoncé le premier ministre du Québec, vendredi soir.

En changeant soudainement son fusil d'épaule, Jean Charest a renversé les observateurs et les quelque 2000 militants libéraux réunis au 31e congrès du Parti libéral du Québec, qui s'est ouvert vendredi dans la capitale.

Quelques minutes plus tôt, son ministre de la Justice, Jean-Marc Fournier, avait défendu bec et ongles, devant les journalistes, le cadre conféré à la commission d'enquête. Pas question d'en changer, disait-il.

La volte-face du chef libéral lui a valu des applaudissements nourris des délégués. Ils l'avaient déjà longuement ovationné à son arrivée, ainsi qu'au moment où il a déclaré qu'il «aime son travail» de chef du gouvernement du Québec.

«La commission d'enquête bénéficie d'un mandat large, a poursuivi M. Charest. L'honorable France Charbonneau aura toute l'indépendance pour le réaliser.»

Le bâtonnier

Le premier ministre faisait face à une pression politique qui ne cessait de croître. Le silence de la juge Charbonneau commençait d'ailleurs à peser. Il laissait croire qu'elle s'interrogeait sur la valeur des outils qu'elle avait en main.

En matinée, le bâtonnier du Québec avait servi une sérieuse rebuffade au gouvernement. Il s'était dit en total désaccord avec sa thèse voulant qu'une commission ayant le pouvoir d'obliger les gens à témoigner nuise aux enquêtes policières.

«Il n'y a aucun cas où une commission d'enquête ait empêché les policiers de faire leur travail et de porter plainte par la suite», avait relevé, incisif, Louis Masson.

Il exhortait le gouvernement à revoir sa copie; à accorder «à la commission les pouvoirs prévus par la Loi sur les commissions d'enquête».

Le recul opéré par M. Charest apaisera la grogne chez de nombreux militants. Il soulagera des députés qui demeuraient mal à l'aise avec la formule adoptée en début de semaine.

L'un des délégués contestataires, Martin Drapeau, s'est dit satisfait que «le premier ministre s'engage à élargir les pouvoirs de la juge». Plus question pour lui de contester le leadership du chef, une initiative qu'il savait de toute façon vouée à l'échec à ce congrès.

Legault écorché

Dans son discours, M. Charest a dressé le bilan des actions posées par les gouvernements qu'il a dirigés depuis presque 10 ans.

Au plus mal dans les sondages, il a écorché la chef péquiste, Pauline Marois, mais surtout le leader de la Coalition pour l'avenir du Québec, François Legault, dont le futur parti balaierait le Québec si des élections générales avaient lieu ces jours-ci.

«Vous savez ce qu'ils ont en commun, Pauline Marois et François Legault? C'est d'avoir mis la scie à chaîne dans les réseaux de la santé et de l'éducation.

«Une journée, M. Legault veut abolir les commissions scolaires; le lendemain, il n'est plus certain. Une autre journée, il propose d'abolir les cégeps, et le lendemain il n'est plus certain.»

Le 31e congrès du PLQ, qui s'est ouvert vendredi soir au Centre des congrès de Québec, se poursuit jusqu'à demain. Il vise à préparer le prochain programme électoral du parti.

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