La saga de la construction en cinq temps

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Tony Accurso

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Commission Charbonneau
Commission Charbonneau

Après plus de deux ans de refus, Jean Charest a institué le 19 octobre 2011 une commission d'enquête sur la construction au pouvoir restreint et qui ne pourra distribuer aucun blâme. Celle-ci sera présidée par la juge France Charbonneau. Le «ménage» tant attendu mettra-t-il fin à la controverse dans laquelle le gouvernement est plongé? »

(Québec) La saga de la construction a débuté au printemps 2009.

>> Printemps 2009

Compteurs d'eau, yacht, FTQ

Des dirigeants de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le président du comité exécutif de Montréal, Frank Zampino, ont profité du bateau de luxe de l'entrepreneur Tony Accurso. Les policiers effectuent des perquisitions chez des entrepreneurs soupçonnés de blanchiment d'argent et de liens avec le crime organisé, la mafia. Des compagnies d'Accurso sont visitées par les enquêteurs. Zampino se trouvera un emploi dans une firme de génie ayant obtenu le contrat de 355 millions $ pour installer des compteurs d'eau dans la métropole, contrat auquel est associé Accurso. Des fonctionnaires de l'Agence du revenu du Canada sont aussi sous enquête pour complicité dans une fraude pour évasion fiscale.

«On va laisser aux policiers le soin de faire leur travail, puis après ça, on verra ce qu'eux rapporteront, ce qu'ils diront» - Jean Charest, premier ministre

>> Automne 2009

Unis pour une commission d'enquête

Le vérificateur général de la métropole dénonce les irrégularités dans le contrat des compteurs d'eau de Montréal. Il est annulé à grands frais. L'émission Enquête de Radio-Canada révèle que les coûts de construction sont plus élevés au Québec. Un petit groupe d'entrepreneurs se partageraient le marché. Le jeu serait arbitré par la mafia. Le magazine Macleans titre : Corrompue, en ruine et criminalisée, Montréal est une honte. Les relations entre Jean Charest et Pauline Marois s'enveniment. Les révélations de corruption s'accumulent. L'Action démocratique du Québec dépose une motion réclamant une commission d'enquête publique et indépendante. L'opposition répète la demande sans relâche. Les policiers de la Sûreté du Québec, l'Ordre des ingénieurs, les procureurs de la Couronne, la Ville de Montréal... les appuis se multiplient. La FTQ est contre.

«Le meilleur moyen d'enrayer le phénomène, croit-on, au moment où l'on se parle, le moyen privilégié, c'est le moyen de l'enquête de police. Le jour où les policiers nous diront : "On n'est pas capables d'en arriver à bout", on prendra d'autres décisions» - Jacques Dupuis, ministre de la Sécurité publique, annonçant la création de l'escouade policière Marteau

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Tony Tomassi

>> 2010

Des donateurs, des juges et Tomassi

L'ancien ministre Marc Bellemare déclare que des entrepreneurs financent le Parti libéral pour influer sur le choix des juges. Me Bellemare et Jean Charest se poursuivront mutuellement en cour. Le gouvernement libéral lance la commission Bastarache pour faire la lumière sur le processus de nomination des juges. Le ministre Tony Tomassi, aujourd'hui accusé au criminel, démissionne : il utilisait la carte de crédit de la compagnie BCIA brassant des affaires avec le gouvernement. Les contributions de firmes de génie-conseil aux partis politiques sont dénoncées par Québec solidaire. Axor plaidera coupable. Les dons importants aux partis politiques des employés de plusieurs entreprises privées surprennent. Les maires de quelques municipalités (Terrebonne, Mascouche, Laval, Saint-Jérôme, Boisbriand...) font la manchette pour leurs liens présumés avec des entrepreneurs. La FTQ joint sa voix au concert et réclame la tenue d'une commission d'enquête publique. Le Parti libéral refuse d'aborder la question au congrès de fin d'année. Le Parti québécois demande la démission de Jean Charest.

«Nous sommes convaincus qu'il faut permettre aux policiers, aux enquêteurs et aux procureurs de faire leur travail correctement et avec sérénité» - Jean Charest, après avoir survécu à un vote de défiance à l'Assemblée nationale

>> Hiver-printemps-été 2011

Pluie d'allégations, des arrestations

La commission Bastarache tranche : il n'y a pas de népotisme dans la nomination des juges au Québec. La pluie d'allégations tombe néanmoins de plus belle. Les policiers et le ministère des Affaires municipales visitent plusieurs municipalités et entreprises. L'escouade Marteau fait quelques arrestations d'élus, d'entrepreneurs, d'employés de firmes d'ingénierie pour fraude, extorsion, menaces et abus de confiance. Jacques Duchesneau, chef de l'Unité anticollusion de Transports Québec, est blanchi d'allégations de financement illégal et réintègre ses fonctions.

«Nous envoyons un message clair : les pratiques de corruption, de collusion et de malversation sont inacceptables et ne sont pas tolérées au Québec» - Robert Dutil, ministre de la Sécurité publique, annonçant la création d'une autre structure policière, l'Unité permanente anticorruption. Le gouvernement rejette la création d'une commission d'enquête publique parce qu'elle donnerait l'immunité aux criminels.

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Jacques Duchesneau

>> Automne 2011

La bombe Duchesneau

Jacques Duchesneau, patron de l'Uni­té anticollusion, est au coeur de la tempête. Le rapport de son unité est explosif : «Les sou­p­çons sont persistants qu'un em­pire malfai­­sant est à se con­solider dans le domaine de la construction routière. [...] S'il devait y avoir une intensification du trafic d'influence dans la sphère politique, on ne parlerait plus simplement d'activités criminelles marginales, ni même parallèles : on pourrait soupçonner une infiltration voire une prise de contrôle de certaines fonctions de l'État ou des municipalités.» Le policier d'expérience part en croisade médiatique pour vendre l'idée d'une commission d'enquête dont une partie des débats se ferait à huis clos. Il plaide également l'urgence d'agir devant les élus. «Comment faut-il vous le dire que ça prend une enquête publique?» attaque même le président de la Fédération des municipalités face à Jean Charest.

«On est sensibles à la forte préoccupation qu'ont les Québécois sur cette question-là» - Jean Charest, de moins en moins ferme, affirme qu'il entend «étudier sérieusement» la proposition Duchesneau

Sources: Le Soleil, La Presse Canadienne, La Presse et Radio-Canada

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