Je suis d'accord avec lui. Peut-être pas sur le mot «riche» (la plupart des gens que je connais qui mangent bio ne le sont pas), mais sur le reste. Effectivement, ça coûte plus cher. Et encore, si on oublie le bio une minute, même la vraie nourriture, celle qui vient de la ferme et n'a pas été transformée dans une usine, est plus dispendieuse.
Il y a quelques années, Adam Drewnowski, un chercheur de l'Université de Washington qui se penchait sur l'obésité, a mené une expérience à l'épicerie. Il voulait savoir pourquoi la richesse d'une personne est aujourd'hui le meilleur indice pour prédire si elle va devenir obèse. Durant la majeure partie de l'histoire, après tout, les pauvres ont habituellement été les plus maigres, et non les plus gros.
Pour résoudre ce mystère, Drewnowski s'est donné 1$ pour acheter le plus de calories possible au supermarché. Il a découvert que pour 1$, il pouvait se procurer 1200 calories de biscuits ou de chips, mais seulement 250 calories de carottes. Avec le même dollar, il a aussi constaté qu'il pouvait se payer 875 calories de liqueur contre 170 calories de jus d'orange.
Sa conclusion? Si vous avez un budget restreint, vous en obtenez davantage pour votre argent en optant pour des produits transformés comme des chips que des aliments frais comme des carottes.
Le hic, c'est que même s'ils sont plus calorifiques avec tout le gras et le sucre qu'ils contiennent, les produits transformés possèdent moins d'eau et de fibres, ce qui les rend moins nourrissants et nous font devenir plus obèses.
Bref, le monsieur qui m'a écrit a probablement raison de chialer que les carottes bios sont inabordables quand il a du mal à s'offrir un sac de carottes ordinaires. Quant à la provenance des aliments, j'imagine que c'est le dernier de ses soucis.
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Quand on se compare, on se console, dit-on. Je vous laisse lire un extrait du courriel de Sophie-Anne.
«(...)j'habite en Angleterre depuis 3 mois et ici, c'est le paradis du mets préparé congelé! Dans une simple épicerie, au moins le tiers est consacré à des mets déjà préparés que je n'aurais jamais imaginés possible! Il y a même une épicerie qui vend uniquement des mets congelés de toutes sortes, à très bas prix, si l'on compare au coût de la vie moyen d'Angleterre! Les publicités ciblent les mères de famille qui travaillent, par exemple, avec une entrée pour toute la famille à 2$, une grande pizza à 2$ ou 3$ et un gâteau format familial pour 2$ ou 3 $!! Et voilà un beau repas pour un total de 6 ou 7$. Imaginez juste un peu tous les agents de conservation, sans compter le sel et le gras, qui se retrouve dans ces produits... en plus de leur pauvre valeur nutritive! Je plains les enfants dont c'est la nourriture quotidienne. Les Anglais ne cuisinent donc apparemment pas beaucoup! J'aimerais bien voir l'un d'entre eux réaliser le défi que vous faites et se passer des mets déjà préparés ou congelés.»
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