Lévis célèbre: une ville, trois fêtes

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Église Notre Dame de la Victoire, construite en 1850-1851

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Célébrations Lévis 2011

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Célébrations Lévis 2011

De nombreuses activités soulignent le 375e anniversaire de la Seigneurie de Lauzon, le 150e anniversaire de la fondation de Lévis et le 10e anniversaire de la nouvelle Ville de Lévis. Le Soleil est présent. »

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Lévis fête cette année trois anniversaires : le 375e anniversaire de la création de la seigneurie de Lauzon, le 150e anniversaire de la fondation de la ville et le 10e anniversaire de la nouvelle municipalité formée à la suite des fusions. Alors qu'approche le point culminant des célébrations, en fin de semaine, Le Soleil a préparé un survol des dates et des personnages qui ont façonné Lévis.

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Au bas de la côte Labadie, dans le secteur de la traverse de Lévis, vers 1872

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Village de Pointe Lévy, oeuvre de James Pattison Cockburn (1779-1847)

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>> 15 janvier 1636

Lévis est encore un territoire sauvage et hostile. Il est périlleux de s'y hasarder : «Quiconque s'aventurait sur la rive sud du Saint-Laurent se voyait soit transpercé par une flèche, soit scalpé», résume David Gagné, historien au Service du patrimoine de la Ville de Lévis. À cette époque, de l'autre côté du fleuve, Québec compte à peine 100 habitants. La population vit dans la terreur des nations iroquoises. Bien loin de ces dangers, à Paris, se tient une rencontre des actionnaires de la Compagnie des Cent-Associés, qui possède le monopole sur le développement commercial de la Nouvelle-France. À la tête de la compagnie, Jean de Lauzon. Ce jour-là, on accorde une seigneurie à Simon Lemaître, un simple employé de la Compagnie qui agira comme prête-nom, car deux semaines plus tard, la vaste terre reviendra au directeur Lauzon, qui sera plus tard gouverneur de la Nouvelle-France. «Parce que cela aurait été bien mal vu que le directeur se donne une des plus grosses seigneuries de la Nouvelle-France, surtout que c'était un des greniers de pêche à l'anguille», souligne M. Gagné. La seigneurie de Lauzon est née. Mais tout cela demeure un acte administratif signé confortablement dans les bureaux parisiens. Si c'est le premier mouvement d'organisation du territoire, à Lévis, la civilisation est encore loin.

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Lévis vue de Québec, 1880

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Gare de Lévis, 1902

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>> 1647

Ce n'est que 11 ans après la création de la seigneurie de Lauzon qu'un homme assez brave a choisi de s'établir définitivement sur ces terres. C'est Guillaume Couture qui a le premier posé son baluchon sur la rive sud du Saint-Laurent, près de l'emplacement de l'actuelle église Saint-Joseph, à Lauzon. La terre, posée sur un cap rocheux, n'y est pas propice à l'agriculture. C'est la pêche à l'anguille qui sera la première activité économique de la jeune colonie. Eustache Lambert, de Saint-Romuald, et les frères Miville, dans le secteur de Saint-David, en feront leur fortune. Le voisin de Guillaume Couture, François Bissot, fondera quant à lui la première tannerie en Nouvelle-France. Le développement de la seigneurie progresse très lentement, jusqu'à ce qu'un seigneur choisisse d'y investir pour la peine. Étienne Charest, avec son fils, donnera vers la fin du régime français un nouvel essor au territoire en ouvrant des rangs de terre fertile à la colonisation. C'est le début pour Saint-Nicolas, Etchemin (Saint-Romuald), Pintendre et compagnie.

>> Été 1759

Alors que l'histoire a retenu surtout la bataille des plaines d'Abraham, on a tendance à oublier que Lévis a elle aussi connu son lot de drames durant la Conquête. «La bataille des Plaines, quand on regarde ça dans toute la saison, c'est 25 minutes. Par contre, quand on regarde ce qui s'est passé à Lévis, c'est majeur.» Les troupes britanniques ont débarqué à Lévis, où aucun rempart ne leur gênait le passage. Le seigneur Charest et ses hommes sont forcés de défendre leur territoire avec des fusils de chasse. Malgré tout, les envahisseurs établissent leur quartier général sur les terres mêmes de Guillaume Couture. L'église Saint-Joseph est réquisitionnée pour être transformée en un hôpital militaire, où seront rapatriés les blessés britanniques, dont le plus célèbre sera sans aucun doute le général Wolfe. Des hauteurs de Lévis, Québec est bombardée sans relâche, jour et nuit, du 4 juillet au 13 septembre. Le siège de Québec, c'est à Lévis qu'il s'est préparé, tout comme l'embarquement pour la bataille des Plaines. Des aspects souvent oubliés, estime l'historien David Gagné, parce que «ce n'est pas toujours facile de grandir dans l'ombre d'une capitale».

>> 18 mai 1861

Longtemps modeste, Lévis gagnera en influence au XIXe siècle grâce au commerce du bois. Avec ses nombreuses anses propices à cette activité, elle deviendra d'ailleurs la capitale mondiale de la construction de navires. En 1854, le chemin de fer ouvre la porte toute grande vers les États-Unis et crée une effervescence industrielle jamais vue dans la ville qui était encore appelée à l'époque Pointe Lévy. Les immigrants y transitent par centaines de milliers. La croissance économique est de l'ordre de 80 %, alors que Québec croupit sous les 10 %! Louis Fréchette écrit : «Lévis surgit, mais Québec, sa rivale, a pâli.» Toutefois, cette manne profite surtout aux élites anglophones. Une situation qui déplaît à Mgr Joseph-David Déziel. Le curé de Notre-Dame de la Victoire, appuyé par les membres de la communauté protestante, dont le pasteur Duncan Anderson, a eu l'idée de créer une paroisse qu'il nommera en l'honneur du général François de Gaston chevalier de Lévis. L'incorporation municipale sera obtenue le 18 mai 1861. Le premier maire sera l'homme d'affaires Louis Carrier, et le conseil sera formé de membres de plusieurs communautés culturelles, à l'image de la diversité présente à Lévis.

>> 1er novembre 2001

Après l'effervescence de l'âge d'or du bois, l'avènement de l'acier provoquera un réveil brutal à Lévis. L'économie pique du nez, les chantiers maritimes sont décimés. Seule la Davie survivra. Même la construction du pont de Québec au début du XXe siècle - pendant laquelle périront plusieurs ouvriers canadiens-français, dont la plupart venaient de Saint-Nicolas et de Saint-Romuald - ne réussira pas à redresser la situation parce que le lien créé avec la rive nord provoque la fuite de plusieurs entreprises vers Québec. Mais lors des deux guerres mondiales, Lévis tirera son épingle du jeu grâce au chantier maritime, qui embauchait en 1944 6500 employés. «Une ville dans une ville», dit M. Gagné. L'ouverture du pont Pierre-Laporte en 1970 créera un boum démographique, qui ne sera pas suivi de la croissance économique espérée. Comme ses villes de banlieue dortoirs, Lévis sommeillera pendant une quinzaine d'années avant de renaître à la faveur «d'une prise de conscience collective de s'affirmer comme étant Lévis et non plus seulement la rive sud de Québec». En 2001, le premier conseil municipal de la nouvelle ville de Lévis, formée après les fusions municipales, est élu. Lévis regroupe maintenant neuf anciennes municipalités. Le maire de la nouvelle ville est Jean Garon.

Guillaume Couture... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes) - image 3.0

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Guillaume Couture

Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes

François de Gaston... (Archives Le Soleil) - image 3.1

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François de Gaston

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>> Guillaume Couture

Il est le premier colon à s'établir sur les terres de Lévis en 1647. Explorateur, traducteur et diplomate, il a acquis son expérience au fil de ses nombreuses explorations pour le compte des Jésuites. «C'est un grand oublié de notre histoire nationale. Parce qu'il est lié non seulement à Lévis et à Lauzon, mais à l'ensemble de la vallée du Saint-Laurent», souligne David Gagné. Il a notamment participé à l'expédition qui a découvert le lac Mistassini et à celle qui a ouvert la voie vers la Baie-James. Il a aussi fait partie des grandes missions d'évangélisation des Grands Lacs, où il a fait connaissance avec les Hurons et où il s'est familiarisé avec leur langue et leurs coutumes. Capturé par les Iroquois, Guillaume Couture a été torturé, mais sa santé de fer lui a permis de survivre à ces sévices. Il sera donc adopté par ce peuple d'Amérindiens et il deviendra lui-même un Iroquois.

Libéré en 1645, il sera le premier négociateur de la grande paix de Trois-Rivières. Son double statut de Français et d'Iroquois fera en sorte qu'il ne sera jamais attaqué lorsqu'il choisira de s'établir à Lévis. «Il fait le pont entre la volonté française de coloniser et celle des Amérindiens de conserver vivantes leurs traditions. Il devient l'équilibre diplomatique entre ces deux mondes.» Il se mariera à Anne Eymard et aura 12 enfants.

Aujourd'hui, un monument qui se trouve derrière l'église Saint-Joseph de Lauzon lui est dédié.

>> François de Gaston, chevalier de Lévis

Brillant officier à la feuille de route vierge de toute défaite militaire, François de Gaston, chevalier de Lévis est appelé à prendre la relève de Montcalm après la mort du général français sur les Plaines. Du côté britannique, c'est James Murray qui prend la tête des troupes, un grand ami de Lévis, malgré que tout les sépare.

Les deux armées s'affronteront de nouveau, cette fois à Sainte-Foy, et Lévis remportera une éclatante victoire. Mais les renforts français ne viendront pas, et les Anglais pousseront Lévis dans ses derniers retranchements, le forçant à capituler. C'est en son honneur que sera nommée plus tard la ville de Lévis.

>> Mgr Joseph-David Déziel

D'abord assigné à la paroisse de Saint-Joseph-de-la-Pointe-Lévis de 1843 à 1853, il a été le premier curé de Notre-Dame-de-la-Victoire de Lévis de 1851 à 1882, année de sa mort. C'est d'ailleurs lui qui fera construire l'église Notre-Dame de la Victoire. «C'est une affirmation des francophones dans leur milieu», dit David Gagné. Par la création de la ville de Lévis, en 1861, il voulait que les francophones se réapproprient leur territoire et leurs avoirs. C'est inspiré de l'initiative de Mgr Déziel qu'Alphonse Desjardins a créé le mouvement de coopération.

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