Lévis: petite controverse autour des dates

Sur le choix des dates du 28, 29... (Photothèque Le Soleil, Steve Deschênes)

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Sur le choix des dates du 28, 29 et 30 juillet, qui ne trouvent pas d'écho dans l'histoire de Lévis, Sylvie Girard admet que les dates ont dû être décrétées par la Ville pour des raisons pratiques, car il n'existe tout simplement pas à Lévis de date anniversaire qu'on souligne chaque année.

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Célébrations Lévis 2011

Société

Célébrations Lévis 2011

De nombreuses activités soulignent le 375e anniversaire de la Seigneurie de Lauzon, le 150e anniversaire de la fondation de Lévis et le 10e anniversaire de la nouvelle Ville de Lévis. Le Soleil est présent. »

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Pour réussir à arrimer la célébration de trois événements en une seule année, il a fallu recourir à quelques raccourcis historiques qui font sourciller.

Historien à la Ville de Lévis, David Gagné ne mâche pas ses mots quand on aborde le sujet de la pertinence historique des célébrations de Lévis en 2011.

«Ce qu'on fête cette année, le 375e, c'est un gros mensonge parce qu'on ne fête pas notre acte de conception, on fête notre naissance, habituellement. C'est comme si on fêtait notre rencontre devant le notaire au lieu de fêter notre mariage.»

Pour lui, ce qui s'est passé il y a 375 ans n'est rien de plus qu'un acte administratif, signé à Paris, le premier mouvement d'organisation territoriale dans la seigneurie. C'est «une date vide», dit sans ambages David Gagné. En toute logique, croit-il, on aurait plutôt dû fêter l'établissement de Guillaume Couture à Lévis.

À Québec, à titre de comparaison, on célèbre l'arrivée de Samuel De Champlain, qui a posé le pied à l'ombre du cap Diamant le 3 juillet 1608. Comme à Montréal où l'on souligne l'établissement de Paul de Chomedey de Maisonneuve, de Jeanne Mance et des autres membres de leur expédition, en 1642.

Mais pour la commissaire à Célébrations Lévis 2011, Sylvie Girard, il fallait s'en tenir aux faits historiques recensés. «C'est la seule date précise que nous avons», puisque le moment de l'établissement de Guillaume Couture n'est pas connu avec précision. «On reconnaît 1534 à Gaspé, mais Cartier n'est pas resté longtemps. Ils ont mis la croix et sont repartis», plaide-t-elle. «Vous savez ce que c'est, l'interprétation historique, il pourrait y en avoir autant que d'historiens», ajoute-t-elle.

Raisons pratiques

Sur le choix des dates du 28, 29 et 30 juillet, qui ne trouvent pas d'écho dans l'histoire de Lévis, Mme Girard admet que les dates ont dû être décrétées par la Ville pour des raisons pratiques, car il n'existe tout simplement pas à Lévis de date anniversaire qu'on souligne chaque année. «C'est un choix logique, pour pouvoir attirer le maximum de personnes à un endroit donné avec le plus de chances possibles pour la température, bien sûr.»

Critique, l'historien Gagné s'interroge tout de même sur le véritable sens qu'on donne à la fête. «Au 31 décembre 2011, il y aura un très un gros questionnement à se poser. Finalement, qu'est-ce qu'on a souligné? Est-ce qu'on a fêté Lévis? Et qu'est-ce qu'on en retient de notre passé? Est-ce qu'on vient de faire un hit touristique et économique et tant mieux parce que ça nous a mis sur la map? Est-ce que le sentiment d'appartenance est renforcé avec tout ça? Est-ce que les gens vont avoir Lévis tatoué sur le coeur au 31 décembre? Ça va être des questions intéressantes à se poser.»

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