(Québec) Qui dit défilé du Carnaval dit se trouver un bout de rue, puis y rester vissé jusqu'au passage de Bonhomme. Ne reculant devant rien, Le Soleil s'est placé sous les feux de la rampe en s'immisçant dans le deuxième défilé, qui s'est déroulé samedi en Haute-Ville. Sans fard ni costume, avouons-le, mais avec autant d'entrain que les figurants chargés d'égayer les milliers de carnavaleux qui avaient bravé le temps froid.
Notre implication a commencé de manière particulière, près du Collège Saint-Charles-Garnier, alors qu'on devait faire de la gestion de foule en raison des spectateurs retardataires qui se mêlaient au défilé. On se faisait en même temps prier de se tasser en raison de nos - pas tout à fait - six pieds. Qu'importe, après avoir entamé le parcours entre deux chars allégoriques et un troupeau d'échassiers déguisés en robots, on s'est laissé prendre au jeu en tapant dans les mains des fêtards de la foule! Comme quoi un simple manteau d'hiver et une tuque peuvent faire des heureux.
On s'est ainsi fondu parmi les accompagnateurs des figurants, qui fournissent bouteilles d'eau et indications pour assurer un meilleur déroulement à la soirée. Comme le dit Daniel Bouchard, le directeur des opérations du Carnaval, les walkies-talkies «sont le nerf de la guerre» des défilés. Sur les ondes, on peut y apprendre qu'une génératrice d'un char quelconque «rote» (lire: connaît quelques difficultés). Difficultés causées par le froid, et aussitôt réglées par le bataillon de techniciens.
Quelques minutes plus tard, c'est un générateur de flammes qui fait des siennes. Le coordonnateur général du défilé, Alexis Levasseur, ordonne l'arrêt du cortège pendant une minute, le temps de le réparer. Il ne s'inquiète outre mesure et dit bénéficier d'une «super équipe», ce qui est confirmé après quelques secondes, lorsque le feu jaillit de nouveau du char métallique en tête de peloton.
Porté par la foule
Difficile de passer inaperçu sur l'avenue Cartier, où toutes les issues sont remplies à craquer. Comme on y est plus à l'étroit, deux membres de la logistique doivent intervenir pour négocier le virage de l'imposant char recouvert de ceintures fléchées, sur lequel règnent des maîtres de la gigue. On retient notre souffle, et on poursuit notre chemin jusqu'à la Grande Allée.
La foule y est si dense que ç'en est presque intimidant. Appareils photo, caméras, cellulaires et iPad sortent de partout; on se croirait au rayon de l'électronique d'un magasin à grande surface. Les flashs d'appareils photo rivalisent avec les halos de lumière projetés par les chars allégoriques.
Avant le défilé, Jonathan Vézina, du groupe scout de Giffard, nous avait préparés mentalement en nous parlant de sa première participation l'an dernier: «Je trouvais que le monde était dedans, ça faisait comme si on était portés par eux.» Des mots qui ont pris tout leur sens pendant ces quelque deux heures de marche au ralenti, revigorées par les cris des jeunes et moins jeunes. On en vient presque à oublier que la vraie vedette, c'est Bonhomme derrière nous.