Des milliers d'enfants rassemblés au coeur de Charlesbourg trépignaient d'impatience à l'approche du véhicule jaune ouvrant la voie au cortège festif de Bonhomme Carnaval. Il y avait de quoi s'époumoner, alors qu'une sorte de rouleau compresseur flashait ses lumières et que sa remorque crachait de longues flammes, créant un mur d'éclairages saisissants.
Les tableaux suivants ont pris des airs de bonbonnière, en prenant vie grâce à des danseurs qui faisaient flotter des ballons jelly beans par ici, arboraient des suçons multicolores par là . Une machine distributrice remplie de ballons à l'effigie de Bonhomme faisait l'envie de tous.
Plusieurs spectateurs se sont dits comblés par les décors plus originaux. «On se disait justement que c'était bon cette année, plus que les deux, trois dernières années», ont affirmé avec enthousiasme Claudia Michel et son conjoint Marc-ÂAndré, venus festoyer avec leurs enfants et trois autres couples d'amis. Ces habitués du Carnaval disaient avoir été déçus par le «manque de charme» des défilés ayant suivi celui du 400e de la ville, en 2008. Mais hier, ils avaient l'impression de découvrir plus de nouveautés qu'à l'habitude.
Les carnavaleux sont devenus plus expressifs que jamais lorsqu'ils ont été submergés dans un univers marin, qui était loin d'être glacial. À preuve, ces baigneurs qui, plutôt que de se soucier du froid mordant, se gonflaient le torse et sautaient sur un trampoline pour épater la galerie, déclenchant les rires et les applaudissements les plus nourris du défilé.
Parmi les acclamations, il était difficile de passer à côté de celles de Danielle Dion, qui disait avoir vu tous les défilés de l'histoire du Carnaval. «Ça fait 58 ans que c'est beau!» s'est exclamée l'ancienne résidante de Québec, qui demeure désormais à Saint-Jean-Port-Joli. Une amie, Élise Coutu, faisait pour sa part remarquer qu'il ne manquait qu'un thème commun au feu roulant d'animations pour atteindre la perfection.
Claude Poulin, de Châteauguay, ne se formalisait pas trop d'avoir reconnu plusieurs chars allégoriques des défilés antérieurs. «De toute façon, c'est pour les enfants qu'on est ici, et ils aiment ça!» Sa fille Laurie craquait pour les «majorettes», tandis que son grand frère Antoine retenait le laboratoire des scientifiques fous parmi ses moments forts.
À son premier défilé, la petite Jolyanne, venue de Petit-Rocher au Nouveau-ÂBrunswick, n'en avait que pour Bonhomme, perché sur un pâté de maisons barbouillées de peinture de toutes les couleurs. «Elle vient de me dire : "Maman, à la télé, Bonhomme disait qu'il fallait montrer ses couleurs. Il les a montrées lui aussi!"» a partagé sa mère, Nadia Godin, qui se promettait de revenir l'an prochain.