Le Carnaval, un moteur économique «essentiel» à Québec

C'était pour combler une période de l'année plutôt... (Le Soleil, Erick Labbé)

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C'était pour combler une période de l'année plutôt calme du point de vue économique que le Carnaval a pris son envol en 1894, explique le dg de l'événement, Jean Pelletier.

Le Soleil, Erick Labbé

(Québec) «Le Carnaval, c'est rentable pour tout le monde!» laisse tomber Jean-Paul Talbot, un chauffeur de taxi qui se réjouit de la période carnavalesque. «Depuis le 1er janvier, c'est mort, on ne fait presque pas de voyages. Mais avec le Carnaval, je sens que ça va repartir.»

C'est justement pour combler une période de l'année plutôt calme du point de vue économique, touristique et social qu'une première mouture du Carnaval avait été créée en 1894, alors que la région était durement touchée par la fermeture de chantiers navals et les difficultés de l'industrie de la chaussure.

«Ça a eu lieu pendant quelques années, mais l'événement a connu des problèmes financiers et n'a été présenté que sporadiquement jusque dans les années 40», explique le directeur général du Carnaval, Jean Pelletier.

Ce n'est qu'en 1955 que des gens d'affaires ont décidé de remettre la grande fête hivernale sur les rails, avec l'apparition de Bonhomme Carnaval, devenu un véritable emblème depuis.

Bon an, mal an, le Carnaval rapporte à la région de Québec une trentaine de millions de dollars en retombées économiques. Ce sont plus de 360 000 visiteurs uniques qui foulent le site du Carnaval, pour un total d'environ 650 000 visites pendant les 17 jours de festivités.

Un sondage mené par la firme SOM en 2011 révèle que la clientèle touristique représente 47,5% de l'ensemble des participants. Ceux-ci sont pour la plupart Québécois, mais 14% des visiteurs proviendraient d'ailleurs au Canada ou d'un pays étranger.

«Qui dit séjour à Québec dit coucher à Québec et manger à Québec», note François Meunier, porte-parole de l'Association des restaurateurs du Québec. «Il est clair que le Carnaval a fait ses preuves depuis des décennies et que c'est une vitrine exceptionnelle pour la ville, poursuit-il. Ça attire des milliers de gens dans la capitale. C'est quelque chose de nécessaire et d'essentiel sur le plan économique.»

En haute-ville

Cette année, par contre, toute la programmation du Carnaval a été rapatriée sur les Plaines et dans la Grande Allée, mettant de côté les préliminaires de la course de canot dans la rue Saint-Joseph et le défilé de ballons sur le boulevard Charest. Une décision qui avait déçu le directeur général de la Société de développement commercial du centre-ville de Québec, Stéphane Sabourin.

Mais Vincent Dufresne, à la tête de l'Hôtel Pur, situé au coeur du quartier Saint-Roch, n'est pas du tout amer de cette décision. Il considère même qu'il s'agit d'une bonne stratégie de la part de l'organisation du Carnaval et que cela permettra à l'événement de frapper encore plus fort, puisque la fête aura l'air encore plus imposante en se concentrant sur un seul lieu.

«C'est sûr que sur le coup, on pourrait se dire que c'est épeurant. C'est certain que des hôtels comme le Loews ou le Château Laurier, pour ne nommer que ceux-là, sont plus privilégiés que nous en termes d'emplacement, mais ça fait partie de la game, estime-t-il. Je ne peux pas dire que je vais perdre des revenus à cause de ça. Au contraire, plus le Carnaval va faire du bruit, plus il va y avoir de retombées touristiques. Quand ça va bien à Québec, ça va bien pour tout le monde», fait valoir M. Dufresne.

Et selon l'Office du tourisme de Québec, la hausse de l'achalandage ne se refléterait pas uniquement dans les hôtels et les restaurants. «L'Hôtel de Glace, qui n'est pas un site officiel du Carnaval, en profite lui aussi! Les centres de ski et le Village Vacances Valcartier aussi», énumère Éric Bilodeau, directeur des communications.

«Sans le Carnaval, il y aurait un manque à gagner de 30 millions$ dans l'économie de Québec, conclut le directeur général Jean Pelletier. C'est de l'argent neuf, et c'est l'équivalent de près de 650 emplois», observe-t-il.

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