«Quand on chronométrait les interventions, on se rendait bien compte qu'on n'arriverait pas à le faire trois fois. Notre corpus était trop gros!», expliquait dimanche Pierre Laval-Pineault, maître de cérémonie du Moulin à paroles.
Le second cycle du Moulin a débuté tôt dimanche matin pour se terminer aux alentours de 13h et a été marqué par la présence des trois leaders des partis souverainistes représentés à l'Assemblée nationale et à la Chambre des communes.
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Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a lu le discours de l'ex-premier ministre Robert Bourassa faisant suite à l'échec de l'Accord du lac Meech, la chef péquiste Pauline Marois a fait la lecture d'une lettre de la regrettée journaliste Hélène Pedneault alors que Françoise David, porte-parole de Québec solidaire, a lu un texte du médecin canadien Norman Bethune.
Comme il restait environ deux heures à combler après les deux cycles complets, les organisateurs du Moulin à paroles ont choisi de répéter quelques-unes des lectures les plus marquantes, comme la pièce Réveille interprétée par Isabelle Cyr ainsi que le manifeste du Refus global, qui avait été lu à deux reprises par le chanteur Yan Perreau mais qui cette fois a été déclamé par l'une de ses signataires, l'artiste Françoise Sullivan.
Bilan positif
L'un des organisateurs de cette manifestation culturelle et historique, le rappeur Sébastien «Batlam» Ricard, a dressé un bilan très positif de l'activité. «Ça s'est grandement bien passé, notre intuition était juste de penser que les gens se déplaceraient pour entendre des paroles ininterrompues durant 24 heures.»
M. Ricard était également heureux qu'aucun dérapage ne soit venu marquer le spectacle, hormis un appel à la bombe non fondé samedi soir et l'arrestation d'un spectateur qui s'en était pris à des agents de sécurité après avoir tenté d'entrer dans la zone VIP dimanche matin.
«C'était un happening peace and love au max! Si les propos du ministre Sam Hamad traduisent l'opinion du gouvernement, ça me laisse pantois. Moi, j'ai le bonheur du devoir accompli», signale-t-il, avouant toutefois que la controverse avait probablement contribué à attirer une foule plus importante.
Le Moulin à paroles fera également l'objet d'un documentaire de Jean-Claude Labrecque et pourrait aussi revivre dans les pages d'un livre. «C'est vrai qu'on pourrait en faire un très beau livre, on va en parler», termine Batlam.