Un Challenger fin seul dans l'immensité du ciel de l'Amérique du Nord

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Paul Cellucci

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11 septembre 2001
11 septembre 2001

Le 11 septembre 2001, l'Amérique était frappée au coeur. Dix ans plus tard, les plaies sont loin d'être refermées et les changements engendrés par les attentats sont ressentis dans plusieurs sphères d'activités. Le Soleil revient sur ces événements dramatiques et prend la mesure de leurs impacts. »

(Québec) Paul et Jan Cellucci ont vécu une expérience que personne d'autre ne connaîtra jamais. Dans l'après-midi du 11 septembre 2001, le Challenger dans lequel ils ont pris place s'est retrouvé seul, fin seul, dans l'immensité du ciel de l'Amérique du Nord, hormis les avions de chasse en patrouille dans l'espace aérien.

Paul Cellucci est alors ambassadeur. Le président George Bush l'a nommé au printemps pour représenter les États-Unis d'Amérique auprès du Canada. À l'heure où le premier avion de ligne fonce dans le World Trade Center à New York, le diplomate et sa femme sont dans la minifourgonnette qui les ramène du consulat américain de Calgary à l'aéroport de la même ville.

Au cellulaire, un de ses hôtes lui mentionne qu'il y a à la télévision des images d'un drame. «Le temps que nous atteignions l'aérogare, un deuxième avion a frappé» l'autre tour jumelle du WTC, se souvient Paul Cellucci, lors d'une entrevue téléphonique au Soleil. Deux tours, deux frappes, «nous savions que c'était une situation sérieuse».

Il faut revenir d'urgence sur Ottawa, à l'ambassade. Mais M. Cellucci apprend, comme il monte à bord du vol commercial, que les autorités de son pays ont fermé le ciel américain. «Je me suis dit à moi-même que nous ne rendrions pas à Ottawa.»

Le gouvernement canadien, aux prises avec des centaines d'avions que la décision des Américains contribuent à détourner sur son sol, décrète à son tour qu'il cloue au sol tous les aéronefs.

Pendant quatre ou cinq heures, Paul Cellucci est réduit à s'activer au téléphone, faute d'être sur place, à Ottawa, pour coordonner le travail du personnel. Et ça dure jusqu'à l'intervention du bureau du premier ministre canadien, Jean Chrétien, en fin d'après-midi.

Une permission exceptionnelle est accordée. Il grimpe à bord d'un Challenger du gouvernement, direction la capitale canadienne.

Dix ans plus tard, Paul Cellucci parle d'un embarquement et d'une envolée à la fois sinistres, bizarres, étranges. «The most eerie flight in my life», confie-t-il.

Pendant que le petit réacté avance sur le tarmac, il voit tous les autres avions immobiles à leur barrière de départ. «Nous étions seuls à rouler.» À l'atterrissage à Ottawa, à 18h, la même scène irréelle. Entre les deux moments, un dernier gros porteur en provenance de l'Asie - un Boeing d'Air China - se pose à Vancouver.

Mais au-dessus du continent nord-américain, il ne se trouvera dans le ciel, à ce moment-là, que deux passagers civils, Paul et Jan Cellucci. Les attentats terroristes ont déclenché l'état de guerre. Dans les airs, que des F-16, des F-18 et autres chasseurs des forces armées américaine et canadienne.

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