Pas besoin d'aller en Suède

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Plusieurs belles choses sont faites dans les écoles québécoises, dit notre chroniqueuse.

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(Québec) CHRONIQUE / C'est toujours de bon ton, quand on cherche une solution à n'importe quel problème, d'aller chercher de l'inspiration en Scandinavie.

Les programmes sociaux? Allons voir en Scandinavie.

L'énergie verte? Idem.

Les écoles? Encore et toujours, la Scandinavie.

On oublie un détail, nous ne sommes pas scandinaves. Les solutions scandinaves ont émergé de la réalité scandinave. 

Et si on trouvait des solutions québécoises à nos problèmes?

Prenez les écoles. Il y a plein de belles choses qui se font dans nos écoles, des projets de verdissement, des constructions neuves qui ont de la gueule. Et des fenêtres. Où les enfants sont bien.

Il y a même de belles choses dans les écoles aux murs en briques brunes, à peu près toutes construites sur le même modèle, autour de la même époque. 

Celles avec une clôture Frost autour.

On peut aller à Vanier au lieu d'aller à Stockholm, à l'école secondaire, qui a la réputation d'avoir un des pires taux de décrochage du Québec. Presque 400 élèves, plus d'une trentaine de nationalités, en plein coeur d'un quartier défavorisé. En cinq ans, le taux de décrochage est passé de 57 % à 23 %.

La révolution est venue de l'intérieur.

On a trouvé des solutions pour les jeunes de l'école, qui n'ont pas grand-chose en commun avec le Suédois moyen. Ces jeunes-là aiment le sport, on les a pris par le sport. Une enseignante a eu l'idée d'un programme, Le diplôme avant la médaille. C'est super simple : pas d'effort à l'école, pas de sport.

Plus de 80 % des jeunes qui étaient en situation d'échec ne le sont plus.

Au lieu d'investir pour ajouter des fenêtres, on a mis de l'argent dans les installations sportives. On a construit un terrain de soccer synthétique, un terrain de basket, une piste de course.

Le maire était là pour l'inauguration en octobre dernier. Ma collègue Camille B. Vincent avait rapporté ses propos. «C'est un laboratoire très important ici, parce que, honnêtement, si on le peut dans le futur, on voudrait aller plus loin à Québec avec ce genre de modèle là pour les écoles qui sont dans des milieux plus défavorisés.»

C'est moins tendance que la Scandinavie, mais ça marche.

Je vais encore prendre l'exemple de l'école de mes gars. Briques brunes, clôture Frost. Pour vous dire à quel point elle est vieille, ils ont conservé l'enseigne originale gravée dans la pierre au-dessus de l'entrée principale, «Entrée des garçons», sans cédille. De l'extérieur, ça ne paie pas de mine.

Et pourtant.

Là aussi, ils ont investi dans un terrain de soccer synthétique et un terrain de basket. Ils laissent des cordes à danser attachées à la clôture Frost. Mes gars ont hâte d'arriver à l'école le matin pour jouer au soccer avec leurs amis. Il y a un club de course, initiative de madame Chantale, en deuxième année.

Il y a un projet de bibliothèque, les esquisses sont magnifiques, pour faire un lieu invitant et ouvert aux enfants des CPE autour.

Il manque 40 000 $, des pinottes. 

Probablement moins cher qu'une délégation du ministère de l'Éducation qui va visiter une école d'Oslo.

Il y a un point commun à tous ces miracles dans nos écoles, dont on ne parle pas assez. Chaque solution est d'abord l'idée d'une personne. Derrière le Diplôme avant la médaille, il y a Béatrice Turcotte Ouellette, 23 ans, qui a étudié en service social. On peut mettre un nom sur chaque projet.

La vraie solution, elle est là, par des gens qui ont l'école à coeur.

Des directeurs, des professeurs, des intervenants de toutes sortes qui ont des idées pour que ça marche mieux. Je prends pour exemple la prof de mon dernier, on se retrouve un samedi soir à une fête. Mon dernier est à la fête aussi. Quand il voit madame Marie-Ève, il lui dit d'attendre une minute, il revient avec un crayon vert et un grand carton blanc.

- Je peux faire ma dictée de jeudi?

Il était passé 21h30, madame Marie-Ève buvait tranquillement du vin entre amis. Elle a déposé son verre.

Elle lui a fait faire sa dictée.

J'ai gardé le carton en souvenir, je pourrais l'envoyer au ministre de l'Éducation pour lui dire d'arrêter de chercher midi à 14h, que les écoles sont remplies de gens qui se fendent en quatre pour faire de l'école un lieu agréable.

C'est dans eux qu'il faut d'abord investir.




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