Trois questions à...  Fuck toute

Catherine Dorion et Mathieu Campagna... (Le Soleil, Erick Labbé)

Agrandir

Catherine Dorion et Mathieu Campagna

Le Soleil, Erick Labbé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) Une saine colère. Voilà comment on pourrait résumer la motivation de Catherine Dorion et Mathieu Campagna dans leur projet Fuck toute. Colère contre l'«absurdité» de la société de consommation dans laquelle on vit, contre la perte de sens qu'elle induit et la pression qu'elle impose. Armés d'environnements sonores empruntés à «la vraie vie» et de textes pigés sur des blogues anonymes ou dans les écrits du Comité invisible, le duo convie le public dans un spectacle qui l'est tout autant; parce que c'est dans le noir complet que leur joyeux défoulement déferlera dès le 24 novembre à Premier Acte.

1 Qu'est-ce que l'obscurité apporte à ce projet?

Mathieu Campagna: Il y a quelque chose de très évocateur dans l'idée du noir. On parle beaucoup d'overdose d'images. Donc, ça nous paraissait un peu paradoxal d'en présenter nous aussi. Et ça se rapproche curieusement de l'expérience qu'on a dans la lecture. On cherche à interpeller les gens, on souhaite qu'ils participent. Quand on lit un livre, le fil de la pensée crée les images et les modifie; il y a un acte inconscient de production. Le son a ce pouvoir-là d'être évocateur, mais sans donner les réponses finales. Il te reste un bout à faire.

Catherine Dorion: D'ailleurs, les gens font un peu partie du spectacle. Ils vivent une expérience avant d'arriver dans la salle. On les guide à travers un parcours et on leur demande de faire un petit quelque chose qui va servir plus tard. À la Maison de la littérature [au printemps dernier], tout le monde l'a fait avec bonhomie. Mais quand ça arrive dans le spectacle, c'est super émouvant. On revient souvent avec l'idée que le peuple doit s'écouter. En on s'arrange pour que ça arrive. 

2 Presque tout passe par le son dans ce spectacle. Qu'est-ce qui est produit en direct et qu'est-ce qui est enregistré?

M. C.: C'est un heureux mélange des deux. On essaie de créer des espaces sonores et ça, évidemment, c'est enregistré. Mais il y a aussi de la musique live et nous, on joue live là-dedans. 

C. D.: On s'est beaucoup servi d'environnements sonores de la vraie vie, de la radio, de la publicité...

M. C.: On se rend compte qu'il y a souvent un abus des mots. Les pubs parlent de ce qu'on a «de plus précieux», de «liberté»... On nous a enlevé les mots pour dire les choses. Les mots ont été vidés de leur sens. McDonald's vend des «joyeux festins». Mais quand on pense au poids qui devrait être associé au mot «festin» ou au mot «joyeux», c'est un travestissement assez singulier...

3 Le propos peut sembler lourd... le spectacle l'est-il aussi?

C. D.: C'est important pour nous que ce soit le fun; la lourdeur, elle devient légère. 

M. C.: C'est d'essayer d'apprivoiser la colère qu'on ressent comme quelque chose de positif, voire de noble. On vit dans un monde où on nous dit de faire du yoga, de courir le marathon, d'être zen. Être en colère est vu comme quelque chose de négatif. On a envie de se réapproprier ça et de dire que la colère peut être vue comme un beau sentiment. 

C. D.: C'est de réaliser qu'on est en train de perdre accès à une culture, qu'on la laisse s'évaporer au profit de quelque chose d'assez vide et laid. Mais ce n'est pas présenté d'une manière pessimiste ou déprimante. Il y a quelque chose dans Fuck toute qui est une belle action. [...] On a voulu remettre les gens dans le questionnement : c'est quoi vraiment ta vie, notre vie, là, maintenant? Qu'est-ce qu'on a choisi de mettre dans le temps qu'il nous reste avant de mourir?

M. C.: Je pense que, dans ce spectacle-là, la lumière vient du fait qu'on dit : «Ce que tu ressens est légitime...»

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Fuck toute
  • Quand: du 24 novembre au 3 décembre
  • : Premier Acte
  • Billets: 27 $
  • Info: www.premieracte.ca

«Clowns tragiques un peu détraqués» à Premier Acte

Michel-Maxime Legault et Marcel Pomerlo... (Hugo B. Lefort) - image 4.0

Agrandir

Michel-Maxime Legault et Marcel Pomerlo

Hugo B. Lefort

Alors que l'automne a amené au grand écran l'adaptation du roman Le cas Sneijder de Jean-Paul

Dubois, l'univers de l'écrivain français sera une nouvelle fois à l'honneur, transposé sur les planches par le Théâtre de la Marée Haute. Avec Parfois, la nuit, je ris tout seul, Michel-Maxime Legault et Marcel Pomerlo partent du livre Parfois je ris tout seul pour broder un spectacle dit «théatro-musical», porté par un «duo de clowns tragiques un peu détraqués», avait décrit Pomerlo au lancement de la saison de Premier Acte, où la pièce sera jouée du 15 au 19 novembre. Une étape de création avait été présentée aux chantiers du Carrefour international de théâtre il y a trois ans. Ce retour sur scène à Québec précédera une aventure montréalaise prévue pour le printemps, au Théâtre de Quat'sous.

Carte blanche à Charles-Étienne Beaulne

Tout juste sorti des chaussures plutôt sportives du personnage de David dans Les marches du pouvoir, présentée à La Bordée jusqu'au 26 novembre, Charles-Étienne Beaulne ne perdra pas de temps à se remettre à l'ouvrage. À l'invitation de sa consoeur Véronika Makdissi-Warren du Théâtre Niveau Parking, le comédien et metteur en scène signera deux jours plus tard, au Cercle, une soirée Carte blanche déployée sous le signe de la création spontanée... Et mise sur pied lors d'une résidence de 20 petites heures à la veille de la représentation. Six comédiens (Léa Aubin, Samuel Corbeil, Marie-Hélène Gendreau, Marc-Antoine Marceau, Guillaume Pelletier et Sophie Thibeault) joueront avec lui les improvisateurs lors de ce spectacle unique, baptisé Ce soir, on kidnappe l'instant!

Fête des morts aux Gros Becs

Les rites rattachés à la mort destinée aux... (Patrick Larocque) - image 7.0

Agrandir

Les rites rattachés à la mort destinée aux enfants de 9 ans et plus.

Patrick Larocque

Une pièce sur la mort destinée aux enfants... Pourquoi pas? Avec Les grands-mères mortes - Une fête!, Karine Sauvé (appuyée par David Paquet au texte et Nicolas Letarte à la musique) invite les spectateurs âgés de neuf ans et plus dans une célébration multidisciplinaire de la vie, interrogeant du coup les rites rattachés à la mort. Le spectacle est inspiré d'une grand-mère et de deux de ses amies, qui réapparaissent sur scène dans des objets (Sauvé a étudié l'art des marionnettes) et au fil d'anecdotes drôles ou tendres. Cette singulière fête des morts s'installe aux Gros Becs le temps de cinq représentations offertes du 23 au 27 novembre.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer