Cinq questions à Gabriel Fournier

L'auteur et metteur en scène Gabriel Fournier et... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'auteur et metteur en scène Gabriel Fournier et sa chienne Simone, qui a inspiré le nom de sa compagnie : Le chien sourd.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Souhaitant passer du jeu à l'écriture, le comédien Gabriel Fournier s'est selon ses dires fait «violence» pour vaincre le syndrome de la page blanche. Doit-on y voir un hasard si sa première pièce nous amène en pleine prise d'otages? Et au coeur d'un autre syndrome? Avec Stockholm, le syndrome, qui prend l'affiche de Premier Acte du 11 au 29 octobre, l'auteur et metteur en scène puise dans ses jalousies pour créer un huis clos absurde dans lequel des employés d'une compagnie d'assurance sont séquestrés par un homme armé prétendant être un joueur de cricket...

1 Vous placez votre intrigue au sein d'une compagnie d'assurances. Qu'est-ce qui vous inspire dans l'environnement de bureau?

C'est sans doute parce que je suis travailleur autonome, que je travaille à contrat, que c'est très inégal... J'ai tendance à imaginer ce que peut être la vie des gens; et à en être jaloux. Dans cet aspect qui est complètement l'opposé de ma réalité, il y a une certaine jalousie de la vie du fonctionnaire typique, qui travaille de neuf à cinq. Même si, pour moi, c'est complètement abstrait. Je n'ai aucune idée de ce qu'ils font dans leur cubicule toute la journée! 

2 D'où vous vient cet intérêt pour le cricket?

Quand j'étais enfant, j'ai habité pendant un moment en Afrique du Sud, où j'ai été initié au cricket. Depuis cinq ou six ans, grâce à Internet, j'ai pu me remettre en contact avec ce sport. Je suis devenu complètement maniaque. C'est même un peu lourd pour les gens qui m'entourent! Et il y a encore là cette notion de jalousie. Je n'ai jamais été assez assidu pour entreprendre un sport et gravir des échelons. Ça m'arrive de jouer au baseball avec une gang le dimanche après-midi. Sur un terrain de sport, j'ai une sérénité qui me fait dire : si ma vie avait pu être ça! 

3 Comment abordez-vous l'humour dans cette pièce?

D'instinct, j'écris toujours dans un français international, avec un vocabulaire très littéraire qui n'est pas très parlé. Ce qui fait qu'à l'oral, ça sonne un peu bizarre. Ça sonne comme du doublage. Tous les soirs, on peut tomber sur un film doublé à la télé. C'est un ton qui sonne faux en partant. C'est bien pratique quand tu ne parles pas anglais, mais quand tu commences à écouter des films en version originale, tu te rends compte que tu te trouvais un peu à côté du vrai produit avec la traduction. Ça donne un ton super humoristique. 

Quel est le plus grand défi de votre première expérience d'écriture et de mise en scène?

La pièce se passe en temps réel, il n'y a pas d'ellipse, ça se passe en un seul lieu. Ce sont des éléments un peu facilitateurs, mais qui peuvent en même temps devenir une contrainte. Ça peut devenir un peu lourd si ça ne bouge pas assez, il peut y avoir des longueurs. Scénographiquement, on a situé un lieu super simple. Il n'y a aucun accessoire, c'est vraiment épuré. C'est un peu épeurant! Mais on a atteint le stade où on voit que ça marche très bien. Je suis allé à tâtons... Mais les comédiens sont tellement généreux, ça s'est très bien passé. Et je me suis bien entouré. J'ai des concepteurs d'expérience.

Vous n'aviez pas envie de jouer votre texte?

Je trouve que ce n'est pas agréable du tout de jouer son propre texte. C'est comme de s'entendre en enregistrement. Il y a là quelque chose de déplaisant. Donc non, je n'avais rien imaginé pour moi.

Vous voulez y aller

  • Quoi: Stockholm, le syndrome
  • Quand: du 11 au 29 octobre
  • : Premier Acte
  • Billets: 27 $
  • Info: www.premieracte.ca

Cartes blanches renouvelées au Niveau Parking

Présentées pour une quatrième année au Cercle, les Cartes blanches du Théâtre Niveau Parking font peau neuve. Chapeautées par la nouvelle directrice artistique Marie-Josée Bastien, les quatre soirées donneront l'occasion aux membres de la compagnie de mettre en vitrine le travail de jeunes artistes. Ceux-ci bénéficieront d'une résidence de 20 heures pour mettre sur pied leur création. À l'invitation de Hugues Frenette, Caroline B. Boudreau et Claude Breton-Potvin lancent le bal le 10 octobre avec Ce soir on change le monde! En ce jour d'Action de grâce, le spectacle s'inspirera de ces rencontres où on «refait le monde» autour d'un repas et rassemblera, dans un montage sonore, les paroles d'invités issus de divers milieux. Danielle Le Saux-Farmer et Lucien Ratio animeront le débat entre ces convives présents uniquement en parole...  Le spectacle est présenté au Cercle à 19h30.

#PigeonsAffamés: entre bonne conscience et gros bons sens

Souhaitant passer du jeu à l'écriture, le comédien Gabriel... (Marianne Duval) - image 5.0

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Marianne Duval

Un objet théâtral un peu particulier se posera sous peu au Périscope, sous la bannière #PigeonsAffamés. À cheval sur plusieurs disciplines (spoken word, musique, danse), ce spectacle écrit et mis en scène par Anne-Marie White interroge sans faire la morale les choix que nous faisons et la surabondance d'information dont on se gave... dans une quête éclatée du gros bon sens. «J'avais envie de fouiller les mécanismes de bonne conscience qu'on se donne en général pour essayer de se déculpabiliser, résume Mme White. J'étais vraiment dans une observation de moi-même et de cette société américaine qui consomme et qui, quelque part, atteint un degré de confort indécent. Parce que de plus en plus, on est conscients de l'impact de notre consommation sur d'autres endroits sur la planète. Comment on fait pour vivre avec ça?» Sur scène, sept interprètes se renvoient la balle, mais sans vraiment le faire. Le spectacle ne contient aucun dialogue et se déploie comme une mosaïque... Ou comme un vaste fil de statuts Facebook qui prend vie devant le spectateur. «Ils sont séparés, mais ils sont en même temps très ensemble à cause de la voix et de la gestuelle. Il y a un aspect choral. C'est la seule chose qui unit ces solitudes-là», explique Anne-Marie White. Ici, la superficialité du discours trouve en somme un écho dans l'engagement des corps. «C'est là où ça tombe dans une réflexion beaucoup plus profonde, note l'auteure. Le corps ne ment pas. Quand on va dans le dépassement de soi, qu'on voit l'acteur essoufflé ou en sueur, on voit l'animal ressortir... Après tout, on n'est pas des machines!» #PigeonsAffamés s'arrête au Périscope du 11 au 15 octobre, au début d'une tournée canadienne qui passera notamment par Montréal, Toronto, Sudbury et Winnipeg. Les billets sont en prévente au coût de 22 $ jusqu'au 10 octobre (35 $ ensuite).

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