Guignol au service de l'histoire

Delphine Delmas, de la Société du patrimoine urbain... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Delphine Delmas, de la Société du patrimoine urbain de Québec, et Marie-Noëlle Charlebois, marionnettiste pour le Théâtre de Guignol: l'affaire du cochon.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) Saviez-vous qu'au début du XVIIIe siècle, cochons, poules et autres animaux de ferme se promenaient librement dans la basse ville de Québec? Tant et si bien que l'Intendant de l'époque a dû faire adopter un règlement pour que chaque cochon, un seul par famille, soit maintenu dans un enclos et lavé une fois par semaine.

Cette anecdote historique a servi de point de départ à la première aventure de Guignol à l'îlot des Palais. La marionnette bien connue en France, créée au XIXe siècle par l'arracheur de dents Laurent Mourget, est un nouvel outil dans la trousse de médiation culturelle du site historique et archéologique.

La mission de l'organisme est de mettre en valeur l'histoire du site - la présence amérindienne, la brasserie de Jean-Talon, les palais des Intendants - et d'animer le Vieux-Québec, classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO. «On développe énormément d'activités d'animation urbaine, dont la plus populaire est le géorallye, qui fête ses 10 ans, indique Delphine Delmas, de la Société du Patrimoine urbain de Québec. «Le Théâtre de Guignol vient compléter l'offre éducative. Nous cherchions une manière d'éveiller l'intérêt des 3 à 10 ans pour l'histoire et le patrimoine, ce qui n'est pas toujours évident à faire avec une exposition.»

Par hasard, l'an dernier, la directrice de l'îlot des Palais, Marie-Dominic Labelle, tombe sur un théâtre de Guignol au parc Georges-Brassens, dans le 15e arron­­dissement de Paris. Elle venait de trouver un porte-parole tout indiqué pour faire connaître et apprécier l'histoire aux tout petits.

«C'est une marionnette qui est là pour faire passer un message. Selon les époques, il livre un message d'humour, se fait le défenseur du petit peuple, ou encore, en temps de guerre, il soutient les troupes françaises et égaie les soldats», indique Mme Delmas.

Le lecteur attentif se sera peut-être demandé comment un personnage né au XIXe siècle pouvait devenir le personnage central d'une histoire qui se déroule un siècle plus tôt. Il faut savoir que la marionnette à bicorne transcende les époques - à Lyon, il s'apprête même à voyager sur Mars - même s'il garde toujours son costume d'origine. «C'est notre personnage intemporel, alors que ceux qui gravitent autour de lui, l'Intendant, le soldat et le petit cochon, sont ancrés dans l'histoire de la Nouvelle-France et de Québec», note Mme Delmas.

Le contenu de la pièce a été déterminé par des finissants au BAC en histoire de l'Université Laval. Marie-Pierre Saint-Jean, qui enseigne le théâtre, a aidé à fignoler le texte et a conçu la mise en scène. L'histoire commence lorsque Guignol croise un cochon qui l'empêche d'aller faire son marché et décide d'aller se plaindre au Palais de l'Intendant.

Guignol est là pour rester, à l'Îlot des Palais. «L'affaire du cochon est notre première histoire, mais on a des tas d'idées pour la suite. On a entre autres trouvé sur le terrain des amulettes égyptiennes qui ont 2600 ans. Que font-elles sur le site sachant que Québec a 400 et quelques années? On va pouvoir le découvrir dans une prochaine histoire», indique Mme Delmas, fière de dire qu'il s'agit d'un castelet «100 % québécois». Les marionnettes ont été confectionnées par Luce Pelletier alors que le castelet a été fabriqué par Gilles Carré et que la petite troupe a pu bénéficier des conseils de Diane Garneau, qui manipulait et faisait la voix de Ciboulette.

***

Vous voulez y aller?

  • Quoi: Théâtre de Guignol : l'affaire du cochon
  • Où: dans les voûtes de l'Îlot des Palais
  • Quand: les dimanches à 14h et 15h30 jusqu'au 3 septembre
  • Billets: 8 $ adultes et 6 $ enfants
  • Info: ilotdespalais.ca
  • Il y a aussi des représentations gratuites à 14h et à 15h30 les jeudis dans les jardins de la Cathédrale Holy Trinity, les vendredis sur la terrasse Dufferin et les samedis dans les Jardins de l'Hôtel-de-Ville.




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