Un pied dans la bouche: petits mensonges bons enfants

Frédérique Bradet et Maxime Beauregard-Martin composent un surprenant... (François Angers)

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Frédérique Bradet et Maxime Beauregard-Martin composent un surprenant faux couple mal assorti.

François Angers

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(Québec) CRITIQUE / Avec Un pied dans la bouche, le Nouveau Théâtre de l'Île, propose une pièce où mensonges et pitreries nagent dans un humour bon enfant que le talent et la bonne volonté des comédiens ne parviennent jamais tout à fait à nous faire oublier.

Nous suivons Isabelle (Frédérique Bradet), la conseillère d'un ministre (Pierre Yves Charbonneau), lors de ses visites chez sa grand-mère malade (Caroline Stephen-son). Jusque là, c'est presque le Petit Chaperon Rouge, sauf que la bourreau de travail se contente de remplir le congélateur de plats congelés pendant que son aïeule dort. Elle ne va nulle part sans son stagiaire (Maxime Beauregard--Martin) et doit même parfois emmener son ministre. Il y a aussi un médecin en dépression (Sébastien Dorval) qui donne des soins à domicile (!) à la mourante.

Cédant à la pression que sa grand-mère lui met au sujet de la procréation (un thème que l'auteur Claude Montminy avait mieux exploité dans Bébé à bord), Isabelle s'invente une grossesse et convainc son stagiaire débonnaire et naïf d'endosser le rôle du futur papa.

Tout cela manque de retournements inattendus, de relations significatives et de profondeur et est copieusement arrosé de blagues qu'on accueille plus souvent par un petit sourire nerveux que par un franc éclat de rire. La grand-mère qui énumère ses vieilles histoires de fesses? Vaguement malaisant, sans être efficace. Et on passera outre la blague du Newfie et de la tarte aux concombres (qui nous sera racontée non pas une, mais deux fois).

Pourtant, tout le monde se démène sur scène avec énergie. Frédérique Bradet et Maxime Beauregard-Martin composent un surprenant faux couple mal assorti. Pierre Yves Charbonneau s'en sort bien en ministre un peu ahuri et en amoureux éconduit. Caroline Stephenson joue gros, mais son personnage d'aînée que l'agonie guette à la moindre contrariété ne lui donne pas trop le choix. On se questionne encore sur l'utilité du personnage du médecin, qui semble évoluer dans un univers parallèle sans véritable lien avec la trame principale.

Le premier segment, où Isabelle explique comment elle a prévenu toutes les gourdes du ministre en donnant en son nom à tous les groupes qu'il pourrait un jour offenser, montre que l'humour sur la politique avait du potentiel. Le filon est malheureusement laissé en plan, si ce n'est de quelques allusions saupoudrées çà et là ensuite.

À la mise en scène, Carol Cassistat laisse la plus grande part au jeu d'acteur. Il s'est permis quelques fantaisies : une scène jouée en accéléré, une série d'arrêts sur image (deux procédés bien rendus par les interprètes, mais qui ont été souvent utilisés) ainsi qu'un bout de chorégraphie sur un air de Céline à l'effet plutôt réussi. Deux vers d'oreille (Je danse dans ma tête et Tout le monde veut aller au ciel) égaient notre voyage de retour. Mais malgré l'accueil chaleureux et le charme du petit théâtre rouge et blanc, on ne peut pas affirmer que la pièce s'inscrira dans les mémoires.

Jusqu'au 3 septembre au Nouveau Théâtre de l'Île.

Info : nouveautheatredelile.com




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