Nous voilà rendus: jamais trop tard pour jouer

Georges Audet, Justyne Boutin, Claire Samson-Nolet, Pauline Ouellet... (Le Soleil, Jean Marie Villeneuve)

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Georges Audet, Justyne Boutin, Claire Samson-Nolet, Pauline Ouellet et Claudette Cantin feront leurs débuts au théâtre dans la pièce Nous voilà rendus. À l'avant-plan, la metteure en scène Anne-Marie Ouellet et le concepteur sonore Thomas Sinou.

Le Soleil, Jean Marie Villeneuve

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(Québec) Ils ont pour plusieurs vu plus de 80 printemps. En excluant les «séances à l'école», ils ne sont jamais montés sur une scène. Cinq locataires de la résidence pour aînés Le Saint-Patrick s'apprêtent à vivre leur baptême des planches... Et pas n'importe où : leurs noms figurent au programme du Carrefour international de théâtre.

Pour Georges Audet, Justyne Boutin, Claire Samson-Nolet, Pauline Ouellet et Claudette Cantin, tout a commencé par une affiche épinglée au babillard de leur demeure. «Comédiens recherchés», pouvait-on lire sur le document les invitant à un atelier offert par la metteure en scène Anne-Marie Ouellet. Avec sa compagnie, L'eau du bain, celle-ci a mis sur pied la pièce Nous voilà rendus, créée à Montréal l'an dernier avec des résidents d'un CHSLD. Le spectacle pluridisciplinaire élaboré autour de la vieillesse revivra avec une distribution locale pendant le Carrefour international de théâtre. L'heure était aux répétitions, cette semaine, pour les comédiens qui n'en sont pas vraiment et les concepteurs qui misent grandement sur leur spontanéité. 

«L'objectif est de donner la parole à ceux qu'on n'entend pas souvent, de mettre en scène des corps qu'on voit moins et des humains qui ne sont pas acteurs. La seule exigence, c'est qu'ils tripent à le faire et qu'ils s'engagent à être là pour les spectacles», résume Anne-Marie Ouellet.

Souvenirs partagés

Assis en ligne dans la salle de répétition, nos cinq interprètes portant micro et oreillettes répondaient jeudi aux directives tout en douceur de la metteure en scène. Alors qu'une chanson joue dans leurs écouteurs, ils sont invités à s'imprégner de l'air connu pour se remémorer un souvenir. Quand le concepteur sonore Thomas Sinou coupera le son, ils auront le signal que leur tour est venu de prendre la parole pour se raconter. 

L'un a évoqué ce moment où les ambitions de sa mère, qui souhaitait le voir devenir curé, ont été déçues à cause de son côté rebelle. L'autre cet instant où elle a rencontré le prince charmant et s'est sentie «abasourdie» de le trouver si beau. «Et pourtant, il était roux!» a-t-elle lancé, faisant crouler de rire les quelques spectateurs présents. L'une s'est confiée sur cette amie qu'elle n'a pas pu sauver de la noyade, une autre a raconté ce jour où elle a dû réprimander son père mourant. Des histoires drôles ou touchantes, livrées avec un naturel qui n'exclut pas certaines hésitations. «Vous êtes bons, je sais que ce n'est pas facile. Vous êtes courageux», a d'ailleurs souligné Anne-Marie Ouellet. 

Rencontrés après la répétition, les cinq recrues ont souligné la gêne qui s'estompe peu à peu, la gentillesse de ceux qui les encadrent, le bonheur d'avoir plongé malgré des réticences initiales. 

«Ça me donne la preuve que je suis capable encore de faire des choses. C'était un défi. Je ne voulais pas le faire parce que je me disais que je n'étais pas capable de m'en venir ici. Je l'ai fait et je suis bien contente», a noté Claire Samson-Nolet. 

«On est de plus en plus braves, a ajouté Georges Audet. C'est parce qu'on est cinq ensemble. Tout seul, j'ai l'impression que je ne serais pas venu. Mais à cinq, on s'encourage les uns les autres.»

Magnifier

Sur la scène de la Caserne Dalhousie, les confidences de ces voisins du Saint-Patrick vont s'insérer dans un univers décrit comme «brumeux et onirique», soutenu par des conceptions sonores et des éclairages élaborés. «Il fallait les mettre sur un écrin. On ne voulait pas avoir l'air de faire une pièce de sous-sol d'église. C'est un spectacle qui a coûté cher en technologie parce qu'on voulait qu'il soit super beau. On veut que leurs rides soient belles, on veut magnifier ces paroles-là qui sont marginalisées», avance Anne-Marie Ouellet, avouant avoir craint, l'an dernier, que les intentions qu'elle porte avec Nous voilà rendus soient mal perçues. 

«J'avais peur que ce soit vu comme misérabiliste parce qu'on montre quelque chose de fragile, ajoute-t-elle. Moi, je les trouve beaux, mais d'autres allaient peut-être rire d'eux autres ou trouver qu'ils font pitié. Mais on n'a pas eu de retour comme ça, au contraire.»

Et l'expérience a semble-t-il été très positive pour les interprètes montréalais. «Ça en fait des stars, image la metteure en scène. L'an passé, il y avait deux dames qui n'avaient jamais de visite. Après le spectacle, tout le monde venait les féliciter...»

***

Vous voulez y aller?

Quoi : Nous voilà rendus

Quand : du 3 au 5 juin à 19h

Où : Caserne Dalhousie

Billets : 49,50 $

Info. : www.carrefourtheatre.qc.ca




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