Le Piano à voile: la musique qui donne des ailes

Éric Leblanc et Agnès Zacharie campent avec beaucoup... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Éric Leblanc et Agnès Zacharie campent avec beaucoup de sensibilité les personnages du Piano à voile, présenté dans l'autobus d'Ubus Théâtre stationné au Périscope jusqu'au 7 mai.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / En convertissant un autobus scolaire en théâtre de poche, Ubus Théâtre fait voyager son public depuis plus d'une décennie. Ancrée dans l'amour de la musique, la compassion et la résilience, sa nouvelle création, Le piano à voile, ne fait pas exception. Encore une fois, la compagnie joue d'ingéniosité pour créer de la magie. Et elle éblouit les yeux pour mieux toucher le coeur.

Pour une troisième année, l'autobus jaune d'Ubus s'est stationné aux abords du Périscope. Dans ce minuscule théâtre mobile prend vie une histoire au grand coeur. Celle d'un pianiste esseulé, qui a laissé malgré lui son art l'aliéner de sa famille, puis de la société. Et celle d'une enfant amoureuse de musique devenue infirmière dévouée. Ces deux destins se croisent justement autour d'un lit d'hôpital, alors que le musicien marginalisé, en fin de vie, est pris en charge par la soignante en qui il croit reconnaître la fille qui lui a été enlevée des années auparavant. Alors que ses souvenirs prennent vie sous nos yeux en s'enchevêtrant à des moments de complicité et de compassion entre le patient et celle qui le veille, il se développe une touchante relation ancrée dans un attrait partagé pour la musique, certes, mais aussi dans une résilience commune devant la perte d'êtres chers.

Petits miracles visuels

Expert en théâtre d'images, de marionnettes (celles de Pierre Robitaille, Sonia Pagé et Vano Hotton, ici) et d'objets miniatures, Ubus nous a habitués à de véritables petits miracles visuels. Mettant à profit une plateforme tournante où s'animent pantins et décors à petite échelle ainsi qu'un dispositif mobile se faisant tantôt miroir et tantôt écran, la compagnie ne déçoit pas encore cette fois. Alors qu'un film d'animation sert de trame de fond à l'histoire, les interprètes Agnès Zacharie et Éric Leblanc manipulent divers accessoires qui se fondent dans l'ensemble, qui jouent d'ombres et de mouvements, brouillant d'habile manière la frontière entre le préenregistré et ce qui se crée en direct.

Au-delà des yeux, Agnès Zacharie (qui signe le texte et cosigne la mise en scène avec Amélie Bergeron) sollicite les oreilles avec cette cinquième création. Ce Piano à voile trouve un écho fort à propos dans la très jolie trame musicale composée et interprétée par Philippe Bachman. Mais Zacharie s'adresse d'abord au coeur dans l'élaboration de personnages profondément humains, campés avec sensibilité par elle-même et son confrère Éric Leblanc.

L'exécution déjà précise en ce début de parcours - la représentation offerte devant les médias mercredi était la toute première de cette nouvelle création - trouvera sans doute avant longtemps ce qui peut encore lui manquer de fluidité. Et ce n'est vraiment pas grand-chose : la magie opère déjà dans le bus stationné au Périscope.

Le piano à voile est présenté à Québec jusqu'au 7 mai. Les billets s'étant envolés rapidement, deux supplémentaires ont été ajoutées le 22 avril à 13h et le 25 avril à 19h. Une tournée se dessine sur la Haute-Côte-Nord en mai et en juin (les dates seront mises en ligne au www.ubus-theatre.com) et le spectacle est attendu en France à partir de l'automne prochain.




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