[Mal]heureuses: Captivantes femmes de tyrans

Sophie Dion fait revivre Margherita Sarfatti et Gabriel... (Cath Langlois)

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Sophie Dion fait revivre Margherita Sarfatti et Gabriel Fournier joue le rôle du biographe dans la pièce [Mal]heureuses.

Cath Langlois

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(Québec) CRITIQUE / Encore une fois cette saison, la scène théâtrale de la capitale se montre cruellement en phase avec l'actualité. Inspirée par des femmes de dictateurs, dont celle de Bachar Al-Assad, [Mal]heureuses a pris l'affiche la semaine dernière, alors que le conflit en Syrie atteignait un nouveau niveau d'horreur. Un ancrage bien frais dans le réel pour un spectacle qui joue justement très habilement avec des faits historiques pour susciter un questionnement sur la nature humaine.

Au coeur de cette pièce d'Élodie Cuenot, qui en signe le texte et la mise en scène, une fascination évidente pour ces femmes qui choisissent de faire leur vie avec des tyrans, qui les appuient inconditionnellement, voire qui les inspirent dans leurs choix politiques. À travers l'histoire d'un biographe endeuillé (Gabriel Fournier), trois d'entre elles prennent vie simultanément sur la scène de Premier Acte: Marie-Hélène Lalande marche dans les pas d'Asma Al-Assad (épouse de l'actuel président syrien), Sophie Dion fait revivre Margherita Sarfatti, qui a été la maîtresse et la conseillère de Benito Mussolini, et Marie-Ginette Guay se mesure à Elena Ceausescu, femme du dictateur Nicolae Ceausescu exécutée avec son mari en 1989. 

Au fil d'un élaboré chassé-croisé dans lequel la réalité côtoie la fiction, nous serons témoins de leur montée, de leurs heures de gloire et de leur chute, à mesure que l'obsession qu'elles suscitent chez celui qui a écrit - ou qui tente d'écrire... - leur histoire grandit. Elles se font parfois narratrices quand elles n'entrent pas en dialogue les unes avec les autres ou avec leur biographe, commentant sa vie amoureuse. Comme pour mettre en exergue le fait que leur histoire d'amour n'est au final pas si différente de celle du commun des mortels. Et qu'elles sont loin d'être candidement soumises ou aveuglées devant l'aura de leur homme. Entre autres motivations, elles aussi ont soif de pouvoir et elles ne s'en cachent pas...

Dans une mise en scène dynamique mettant à profit des projections, des images d'archives ou des photos trouvées sur les réseaux sociaux, [Mal]heureuses avance dans une transformation constante qui garde le public sur le bout de son siège. L'action se déploie sur un plateau en longueur, les spectateurs disposés de part et d'autre. Et on zappe continuellement entre les époques, les lieux, les niveaux de langage, les tons. Appelés à jouer plusieurs personnages, avec des transitions facilitées par quelques accessoires et des jeux d'éclairage, les acteurs, tous solides, se retournent sans arrêt sur un 10 ¢. On aurait pu s'y perdre, mais la clarté est au rendez-vous. Si la finale un peu molle peut nous laisser sur notre faim, tout ce qui la précède a de quoi captiver.

La pièce [Mal]heureuses est présentée à Premier Acte jusqu'au 22 avril.




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