L'avare: un gratteux et du glamour

Dans le rôle-titre, Jacques Leblanc campe un Harpagon... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Dans le rôle-titre, Jacques Leblanc campe un Harpagon aussi détestable que ridicule.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / Quand le metteur en scène Bertrand Alain et ses concepteurs se sont attaqués à L'avare, ils ont du même coup modifié un vieil adage: on n'est pas ce que l'on mange, mais bien ce que l'on porte. Et on ne se gêne pas pour le montrer dans cette version glamour du classique de Molière...

Un plateau évoquant la passerelle d'un défilé de mode, des acteurs qui entrent ou sortent de scène en se pavanant au son d'une musique rythmée, n'hésitant pas à prendre la pose comme des mannequins aux manières exagérées. Décidément, si les personnages imaginés par Molière vivent toujours sous le joug du tyrannique avare Harpagon, ils ne manquent ni de style ni de bagout dans la mouture de la pièce qui revit ces jours-ci à La Bordée.

Dans une charpente de bois évoquant une maison parisienne hors du temps, nous retrouvons donc le détestable grippe-sou (Jacques Leblanc), obsédé par la cassette d'or qu'il a enterrée dans le jardin, mais déterminé à profiter de ses vieux jours en s'offrant en bonus une jolie jeune épouse (Chantal Dupuis). Qu'importe qu'il doive au passage sacrifier le bonheur de ses enfants (Mary-Lee Picknell et André Robillard) en les condamnant à des mariages malheureux. Sauf que ceux-ci - ainsi que les élus de leur coeur - sont loin d'avoir dit leur dernier mot...

Dégoûtant... mais attachant

Dans le rôle-titre, Jacques Leblanc campe un Harpagon aussi détestable que ridicule: manipulateur, misogyne, paranoïaque, pingre, vaniteux ou carrément répugnant (les manifestations de la «fluxion» de son personnage provoquent autant d'éclats de rire francs que d'expressions de dégoût...). Mais il insuffle aussi à son avare assez d'humanité - dans certaines scènes avec ses enfants, notamment -, pour se laisser adopter par le public, qui l'a très chaudement applaudi à la première de mercredi.

Au coeur d'une distribution de 11 comédiens, le vétéran Leblanc est ici accompagné d'une brochette de comédiens qui tirent très bien leur épingle du jeu. Mary-Lee Picknell incarne une Élise forte en attitude, tandis qu'André Robillard brosse un Cléante fashion victim joyeusement maniéré. Frédérique Bradet fait des vagues en intrigante (et entreprenante!) Frosine et David Bouchard prête vie à un La Flèche juste assez cabotin. Mention spéciale aussi à Réjean Vallée, souvent méconnaissable, qui se démarque dans des rôles de soutien, mais au potentiel comique certain.

En privilégiant un jeu physique, tant dans des élans plus sensuels que dans des parenthèses de slapstick bien assumé, Bertrand Alain réussit à faire souffler un vent de jeunesse sur cette pièce vieille de 350 ans. Dans un contexte moliéresque, on s'entend. Parce qu'ici, le respect de la matière première impose certains paramètres qu'on peut apprécier ou pas, mais qui deviennent inévitables si on choisit de se coller au texte: le côté verbeux demeure, tout comme la succession de quiproquos qui ne sont pas nécessairement désopilants et qui peuvent donner envie de regarder notre montre à quelques reprises pendant ce spectacle long de deux heures et demie.

La pièce L'avare est présentée à La Bordée jusqu'au 6 mai.




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