La cantate intérieure: l'art, la vie, le vrai, le faux

La pièce se déroule sur une structure scénographique... (Photo Slim Dakhlaoui)

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La pièce se déroule sur une structure scénographique particulière, un cube qui tourne sur lui-même pour nous montrer les personnages sous différents angles, qui varient comme des cadrages au cinéma et qui montrent leur égarement, leurs pensées qui tournent, le temps qui passe.

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(Québec) CRITIQUE / Et si, par une série de hasards, un homme ordinaire entrait en contact avec une oeuvre qui le bouleverserait profondément? Et si une artiste trouvait un interlocuteur longtemps espéré? Tout pourrait s'éclairer... ou se brouiller.

C'est un peu l'impression avec laquelle on ressort de la pièce La cantate intérieure. Les idées s'entremêlent sans qu'on puisse dire que les questions ont été bien posées. On pense au vrai, au faux, à la vie et à l'art sans avoir l'impression que notre conception de ces quatre notions a été modifiée par cette création des Deux mondes.

Sébastien Harrisson y raconte la rencontre d'un messager de la compagnie UPS (Roger La Rue) et d'une artiste (Marie Bernier), qui signe une installation audio dans une ancienne maison de chambres. L'homme y revient chaque semaine et écoute dans des écouteurs une voix (celle de Dorothée Berryman, qui apparaît aussi sur scène) qui, visiblement, le trouble. L'artiste court à sa rencontre parce que, «en art actuel, c'est rare qu'un visiteur revienne» et s'accroche à une oeuvre.

La conversation qui suivra sera à la fois une conversation sur l'art et une série de confidences, retenues, puis voulues. Cette indécision, ce mystère entretenu sans que finalement, la solution nous transcende, nous fait tomber dans un état passif. Heureusement que quelques phrases, çà et là, maintiennent notre intérêt. Les artistes veulent-ils vraiment toucher? Veulent-ils vraiment entrer en contact avec les spectateurs pour d'autres raisons que de se faire parler de leur travail, connaître la part que l'autre peut prendre dans l'interprétation d'une oeuvre?

Le tout se déroule sur une structure scénographique particulière, un cube qui tourne sur lui-même pour nous montrer les personnages sous différents angles, qui varient comme des cadrages au cinéma et qui montrent leur égarement, leurs pensées qui tournent, le temps qui passe. L'effet, pas trop appuyé, a le mérite de donner du mouvement à un dialogue qui aurait autrement été très statique, en plus de nous étourdir juste ce qu'il faut pour avoir un petit effort à faire pour suivre la conversation.

Loup étonnant

On se questionne toutefois sur la nature des projections que la metteure en scène Alice Ronfard a choisi d'y faire apparaître. Si les traînées abstraites et les écritures se prêtent aux interprétations ouvertes, le loup, lui, est étonnant, puisqu'il n'en est nullement mention (ni même par extension) dans le texte.

Malgré un échange un peu trop syncopé pour paraître tout à fait naturel au début de la pièce, les mots finissent par couler, La Rue et Bernier se les approprient et nous font croire à leur personnage. On sent davantage l'écriture, le phrasé, dans ceux de Dorothée Berryman, mais ce petit air faux cadre bien avec l'histoire. Il a toutefois le désavantage de nous garder à distance de son récit.

**

La cantate intérieure est présentée jusqu'au samedi 1er avril à la Bordée, puis en tournée un peu partout au Québec.




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