Le jeu: rigolade et sueurs froides

Sarah Villeneuve-Desjardins et Marc-Antoine Marceau prennent part à... (Cath Langlois Photographe)

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Sarah Villeneuve-Desjardins et Marc-Antoine Marceau prennent part à un malsain ménage à trois dans la pièce Le jeu.

Cath Langlois Photographe

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(Québec) CRITIQUE / Avec la pièce Le jeu, qui a pris l'affiche de Premier Acte cette semaine, le collectif du Vestiaire propose sous la plume de Pascale Renaud-Hébert une réflexion sur la peur. Celle qu'on nous conditionne à avoir, celle qui peut nous mordre différemment qu'on soit un homme ou une femme... Et celle qui s'immisce sournoisement quand une situation anodine glisse vers quelque chose de plus inquiétant.

Ce jeu commence donc dans des circonstances banales. Un jeune couple (Sarah Villeneuve--Desjardins et Samuel Corbeil) vivant quelques tensions arrive dans un chalet après une tempête de neige. Pas de chauffage, pas d'électricité. De quoi attiser les craintes de la jeune femme, qui, selon les dires de son chum, est la fille la «plus chicken» qu'il connaisse. Par bravade, elle quitte le chalet pour aller chercher son ordinateur dans l'auto. Pour rigoler, il ferme la porte à clé et la laisse pendant un moment dans la nuit hivernale. Et voilà qu'un jeu de rôle s'installe entre les amoureux : elle prétend être une auto-stoppeuse dans l'embarras, il jouera le ténébreux esseulé en quête de compagnie.

La soirée se dessine en mode séduction jusqu'à ce qu'un troisième joueur (Marc-Antoine Marceau) s'invite dans la danse... Un gars de région un peu rustre qui vient régler le problème de l'électricité. Et qui fera un peu malgré lui tout déraper. Tour à tour, les amoureux l'utiliseront pour régler mutuellement leurs comptes. Rien de bien vilain au départ, mais l'alcool et l'attrait du pouvoir aidant, les choses iront trop loin. 

Entre rire et drame

Cette pièce mise en scène par Danielle Le Saux-Farmer et Maxime Robin oscille constamment entre le rire et le drame et peut compter sur trois bonnes performances d'acteurs : le jeu de rôles impose des transformations subtiles, alors qu'on passe en quelques instants du protecteur au bourreau, du complice à la victime. Mention spéciale à Marc-Antoine Marceau, qui incarne avec aplomb l'agent catalyseur de ce malsain ménage à trois, dans la rigolade comme dans le malaise. 

En filigrane du spectacle, une citation de l'écrivaine Margaret Atwood qu'on traduirait ainsi : «Les hommes ont peur que les femmes puissent rire d'eux. Les femmes ont peur que les hommes puissent les tuer.» Dans une facture réaliste qui tire profit de la proximité entre acteurs et spectateurs - chapeau aux concepteurs qui créent une bulle forestière dans la salle de Premier Acte -, le Vestiaire joue habilement avec ses personnages et réussit bien à nous faire entrer dans son jeu. 

Petit bémol toutefois sur la finale, qui tente un peu maladroitement d'élargir le sujet de la peur en braquant les projecteurs sur l'auteure et le public (les spectatrices, surtout). On mise gros ici sur un sentiment de crainte qu'on dit répandu dans la population féminine. Dans la vie, on a peur ou pas. Et dans les dernières minutes de cette pièce, on adhère ou non. La proposition a 50 % de chances de tomber dans le dalot...

La pièce Le jeu est présentée à Premier Acte jusqu'au 4 février.

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