Fuck toute: réflexions dans le noir

Fuck toute, spectacle sonore sans images, se déroule... (Cath Langlois)

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Fuck toute, spectacle sonore sans images, se déroule dans le noir le plus complet.

Cath Langlois

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(Québec) CRITIQUE / Déstabilisant, dérangeant, presque angoissant, il nous vient plusieurs qualificatifs pour tenter de décrire le spectacle à l'affiche actuellement du théâtre Premier Acte, Fuck toute. Ajoutons que c'est un hybride entre le théâtre, les arts visuels et la performance sonore, qui abat allègrement le fameux quatrième mur scénique.

D'ailleurs, il n'y a aucun mur dans ce spectacle, ni vraiment de règles ou de conventions préétablies, autant dans la forme que dans le fond. Comme son titre l'indique, Fuck toute se fout royalement... de pas mal tout, mais surtout pas de l'humain (le spectateur) qu'il interpelle, et qu'il invite à se joindre, au sens propre, à la danse.

Les créateurs-interprètes Catherine Dorion et Mathieu Campagna se livrent, avec leur oeuvre colérique et revendicatrice, à une charge à fond de train contre la société de (sur)consommation dans laquelle nous vivons. Surtout, ils se demandent où est passé le (vrai) sens de la vie humaine dans ce grand dessein ultracapitaliste. 

Comme on le disait, la forme est éclatée. Dès son entrée au théâtre, le spectateur est sollicité, et doit emprunter un parcours de quelques «stations», avant d'avoir accès à la salle. On suit alors une sorte de sentier poétique, et on s'arrête à deux reprises pour participer à l'enregistrement de pistes sonores qui seront utilisées pendant la représentation.

Pour spectateur aguerri

Car Fuck toute est un spectacle sonore et sans images (sauf celles que l'on se crée soi-même avec ce l'on entend...), qui se déroule dans le noir le plus complet, un élément un peu anxiogène, propre à déstabiliser d'emblée le spectateur le plus aguerri. Ces derniers,installés pour la plupart sur le sol avec des oreillers ou dans des hamacs suspendus autour de la salle, sont ensuite plongés dans un environnement sonore qui va dans toutes les directions du thème de la soirée. 

«La parole contenue dans ce spectacle n'a pas d'auteurs, ceux qui l'ont ramassée se sont contentés de mettre un peu d'ordre dans les lieux communs de l'époque», précise le programme remis à l'entrée. On entendra donc plusieurs publicités réelles, des extraits radiophoniques et des textes tirés de divers blogues, livrés avec ferveur par Catherine Dorion.

Le spectacle dure environ 1h15, et il faut beaucoup de concentration et d'ouverture pour «l'encaisser»... ce qui n'est pas négatif en soi, mais un spectateur averti en vaut deux. La proposition est audacieuse, grinçante, et appelle à une saine réflexion, mais, quelquefois, on en perd un peu le fil, distrait par le sens à donner à certains moments superflus, ou un peu trop poético-philosophiques.

Fuck toute est présenté à Premier Acte jusqu'au 4 décembre, incluant une supplémentaire en après-midi, le 3.

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