Parfois, la nuit, je ris tout seulflashs d'humanité

Flirtant toujours avec la mince ligne qui sépare... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Flirtant toujours avec la mince ligne qui sépare le rire et le drame, Marcel Pomerlo et Michel-Maxime Legault se livrent à un jeu de ping-pong avec beaucoup de sensibilité avec les mots de Jean-Paul Dubois.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) CRITIQUE / «Bonsoir... Il n'y a pas d'histoire», stipule d'emblée le programme de la pièce Parfois, la nuit, je ris tout seul, qui s'est installée pour quelques jours à Premier Acte. Qu'on se le tienne pour dit! Le spectacle imaginé par Marcel Pomerlo et Michel-Maxime Legault à partir des mots de l'écrivain Jean-Paul Dubois tient de l'impressionnisme et du jeu, au premier sens du terme. Mieux vaut le recevoir avec le coeur plutôt qu'avec la tête pour en saisir la portée.

Installés dans la salle de Premier Acte, les spectateurs attendent le début de la représentation. Ils voient entrer, par la même porte qu'ils ont eux-mêmes empruntée quelques instants plus tôt, deux drôles de moineaux arborant fièrement la perruque frisée et le paletot de fourrure. Ils trimballent comme des itinérants une énorme quantité de sacs en tous genres, qui vont choir au milieu de l'aire de jeu. Et ils rigolent. Fort. De se trouver devant tant de gens, de lire ce qui est écrit sur le programme piqué à l'un d'eux. Ils rient à en tomber par terre. Puis, après un énergique exercice d'effeuillage qui les fait se débarrasser de plusieurs couches de vêtements aux styles disparates, la musique s'invite (celle de Mano Solo), ainsi que quelques pas de danse. Et nous voilà rendus ailleurs. 

Des ailleurs, il y en a beaucoup dans ce spectacle qui ne reste jamais bien longtemps au même endroit. Dans sa création, le duo formé de Marcel Pomerlo et de Michel-Maxime Legault emprunte les mots de l'écrivain français Jean-Paul Dubois, pigés dans quelques ouvrages (Tous les matins je me lève, Vous aurez de mes nouvelles, Parfois je ris tout seul et La succession). 

Sans s'embarrasser de contexte, les extraits s'entremêlent et des personnages, fragiles ou délirants (ou les deux!), se dévoilent en des flashs furtifs avant d'être zappés par d'autres. La rencontre ne dure que quelques instants, mais on a néanmoins l'impression de les connaître tant leurs confidences, pourtant souvent simples ou anecdotiques, les rendent vivants. De manière drôle, tendre ou candide, ils parlent beaucoup de mort et de solitude. Mais à travers tout ça, ils évoquent aussi grandement la vie : les interrogations immenses ou plus triviales qu'elle suscite, la difficulté de se plier aux normes qu'elle impose (des mendiants lucides ou d'absurdes danseurs de tango nous le rappellent) et ce qu'on laisse derrière quand elle nous quitte...

Flirtant toujours avec cette mince ligne qui sépare le rire et le drame, Pomerlo et Legault se livrent à ce jeu de ping-pong avec beaucoup d'aplomb et de sensibilité. Dans cette proposition où un spectateur en quête de repères concrets pourrait se perdre, ils ont su nous orienter dans leur mise en scène vers de beaux moments de poésie : ici une accumulation de lampes de table à la lumière chaude, là une confiance placée dans le pouvoir d'évocation de la musique. Disons qu'en cette semaine où le décès de Leonard Cohen résonne encore fort, l'utilisation de la chanson Dance Me to the End of Love a eu un effet pour le moins amplifié...

La pièce Parfois, la nuit, je ris tout seul est présentée à Premier Acte jusqu'à samedi.

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