Les bons débarras: un souvenir pas «écrapoutissable»

Léa Deschamps et Érika Gagnon. Si la version... (Hélène Bouffard)

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Léa Deschamps et Érika Gagnon. Si la version scénique de Les bons débarras ne nous fait pas oublier le film de Francis Mankiewicz, l'exercice n'est pas redondant pour autant.

Hélène Bouffard

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(Québec) CRITIQUE / Magnifié à l'écran par les mots de Réjean Ducharme et l'exceptionnelle performance des actrices Charlotte Laurier et Marie Tifo, le film Les bons débarras a marqué les imaginaires. Trente-six ans plus tard, voilà que cet univers à la fois poétique et dur est pour la première fois traduit sur les planches du Trident par Frédéric Dubois. Réussit-il à nous faire oublier le long-métrage réalisé par Francis Mankiewicz? Non. La transposition sur scène est-elle ratée pour autant? Non plus!

Sans doute ne faut-il pas voir cette pièce comme une relecture à proprement parler. Parce qu'on reste en somme très près de l'esthétique du film. Et parce que le texte, si riche et si rythmé, avait déjà trouvé une musicalité nécessairement complexe à réinventer... Et d'autant plus difficile à oublier, tant pour les nouveaux interprètes que pour le public qui s'y frotte en salle. 

Nous retrouvons donc sur une terre à bois de Stoneham la jeune Manon, sa mère Michelle (Érika Gagnon) et son oncle Guy (Nicola-Frank Vachon), qui souffre d'un retard mental. La famille tire le diable par la queue et chacun cherche péniblement son petit bonheur. La mère monoparentale dans son souci de prendre soin des siens et dans une relation avec Maurice (Nicolas Létourneau), le seul ici à avoir vraiment le coeur léger. Son frère dans les bouteilles de bière qu'il vide et les fantasmes qu'il nourrit envers une riche cliente (Lise Castonguay). Et Manon dans la quête de l'amour exclusif de sa mère, elle qui ne reculera devant rien pour l'obtenir. 

Au coeur du spectacle, deux comédiennes de 14 et 13 ans, Clara-Ève Desmeules et Léa Deschamps, se mesurent au rôle de Manon en alternance. À la première médiatique, jeudi, la deuxième était à l'oeuvre et s'est acquittée de sa tâche avec un bel aplomb. Bien sûr qu'on a pensé à Charlotte Laurier en la voyant et en l'entendant. Un souvenir tenace qui ne s'est jamais vraiment éclipsé. Mais on peut dire la même chose de la Michelle d'Érika Gagnon, dont l'allure et le ton nous ont souvent rappelé Marie Tifo (sans rien enlever à la forte charge émotive qu'elle infuse au personnage). Idem pour le Gaétan de Steven Lee Potvin, dont la dégaine, même sans la ressemblance physique, a fait remonter des images de Gilbert Sicotte. 

Référence à l'enfance

L'exercice n'est pas redondant pour autant. Qu'il fait bon d'entendre dans la bouche d'une autre enfant les répliques aussi romantiques que cruelles de l'immense personnage de Manon. Elle qui souhaiterait avec sa mère «mourir d'inanition» pour ne pas faire comme tout le monde. Ou avoir un accident d'auto, «un gros», pour que leur sang mélangé sur l'asphalte fasse pousser une fleur «pas arrachable, pas cassable, pas écrapoutissable». 

Dans sa mise en scène, Frédéric Dubois fait référence à l'enfance d'habile manière : dans la scène de la patinoire ou par cette chouette façon d'évoquer les transports en voiture, notamment. Et il ne nie pas les racines cinématographiques de ses Bons débarras. Il les met plutôt à profit par l'utilisation d'un grand écran, particulièrement porteur dans la scène finale.  

La pièce Les bons débarras est présentée au Trident jusqu'au 26 novembre.

La bibliothèque au Trident

Les spectateurs qui ont assisté cette semaine à une représentation des Bons débarras ont pu remarquer un petit changement de décor dans le foyer de la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre : un coin lecture constitué de fauteuils rouges et d'étagères garnies de livres marquent le coup d'une nouvelle association entre le Théâtre du Trident et le réseau des bibliothèques. Des ouvrages portant sur la pièce à l'affiche (que ce soit concernant l'auteur ou les thèmes abordés) seront désormais accessibles pendant chaque spectacle. Et les abonnés du réseau des bibliothèques se verront en prime offrir un rabais de 15 % sur le prix d'une paire de billets pour une pièce du Trident.

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