Les marches du pouvoir: tomber de haut

Les marches du pouvoir nous amène dans les dessous... (Le Soleil, Erick Labbé)

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Les marches du pouvoir nous amène dans les dessous pas très propres d'une course à l'investiture démocrate.

Le Soleil, Erick Labbé

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CRITIQUE / «Il suffirait de presque rien», chantait Reggiani. La phrase s'applique plutôt bien à la pièce Les marches du pouvoir de Beau Willimon, qui a pris l'affiche à La Bordée. Sauf qu'il n'est pas question ici de «se dire "je t'aime"». Bien au contraire.

Alors que les Américains choisiront mardi qui d'Hillary Clinton ou de Donald Trump élira domicile à la Maison-Blanche, le théâtre de la rue Saint-Joseph souligne la fin de la campagne présidentielle en présentant cette pièce, écrite en 2004 par celui dont le nom est désormais associé à la populaire série House of Cards, qu'il a adaptée pour Netflix. 

Portée au cinéma par George Clooney en 2011, Les marches du pouvoir nous amène dans les dessous pas très propres d'une course à l'investiture démocrate. Au fond, le drame qui s'y déroule tient à très peu de choses : un pas de travers irréfléchi, guidé par la curiosité ou l'ambition et voilà que tout bascule... Un jeune prodige de la joute politique et des relations de presse (très solide Charles-Étienne Beaulne) se fera piéger par son trop-plein de confiance en acceptant, à l'insu de son supérieur, de rencontrer le directeur de campagne du candidat adverse. 

Ce tête-à-tête de quelques minutes aura des conséquences pour le moins fâcheuses pour bien des gens... Mais il donnera à d'autres des raisons de se réjouir. Parce que dans cette sphère de stratèges, d'assoiffés de pouvoir et de journalistes en quête de scoops juteux, la nature des relations humaines devient floue, tandis que tout le monde utilise tout le monde dans son propre intérêt. Quitte à tout perdre si le vent tourne. Personne n'est irremplaçable, dit-on...

Maxime Beauregard-Martin, Sophie Dion, Charles-Étienne Beaulne et Jean-Sébastien... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 2.0

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Maxime Beauregard-Martin, Sophie Dion, Charles-Étienne Beaulne et Jean-Sébastien Ouellette dans Les marches du pouvoir

Le Soleil, Erick Labbé

Et c'est là que la plume de Beau Willimon - très habilement traduite en québécois par David Laurin - montre toute sa justesse. Dans ce jeu de coulisses qui ne pardonne aucune faiblesse, les dialogues souvent crus déboulent à mesure que l'avantage change de mains et que des (fausses...) complicités se construisent ou se pulvérisent. Le débit est sportif, le ton viril (même en ce qui concerne la journaliste campée avec aplomb par Sophie Dion). Et l'ensemble ne manque pas de naturel dans la livraison, même si on a un peu moins adhéré au personnage de la stagiaire (Nathalie Séguin), qui s'éparpille un peu entre la dragueuse, l'ingénue et la fille de tête mature pour ses 19 ans. 

Dans une mise en scène dynamique de Marie-Hélène Gendreau (soulignons au passage l'usage judicieux des écrans et cette trame sonore portée par une batterie rappelant un coeur qui s'emballe...), cette lecture des Marches du pouvoir revient au propos original, dans une version beaucoup moins mélodramatique que son adaptation cinématographique. L'intrigue qui se déploie sur les planches n'en est pas moins efficace. Nul besoin qu'il y ait mort d'homme (ou de femme...) pour que des magouilles fassent des dommages directs ou collatéraux. Et quoi qu'en pense Hollywood, la rédemption n'est pas toujours à la clé pour les héros ou les jeunes premiers.

La pièce Les marches du pouvoir est présentée à La Bordée jusqu'au 26 novembre. 

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