Stockholm, le syndrome: otages de l'absurde

Dans Stockholm, le syndrome, les costumes et les accessoires... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Dans Stockholm, le syndrome, les costumes et les accessoires nous immergent dans un lieu hors du temps (les fringues kitsch évoquent les années 70, mais les personnages sont munis de téléphones cellulaires et d'un baladeur).

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) CRITIQUE / Si une situation de prise d'otages n'inspire d'emblée pas à rire, celle présentée à Premier Acte jusqu'à la fin du mois fait exception. Avec Stockholm, le syndrome, l'auteur et metteur en scène Gabriel Fournier plonge dans l'absurde avec un bel aplomb.

Dès les premiers instants, on comprend que la pièce nous transportera dans un univers un peu décalé: une cassette VHS diffuse l'ardent compte rendu d'un match de cricket où les émotions sont exacerbées par des insertions ici et là d'images volées à la culture pop (jeu vidéo, cinéma hollywoodien).

Au fond de la surface de jeu, un mur percé d'une unique porte d'où seront projetés (littéralement!) un à un les personnages, employés d'une compagnie d'assurance. D'abord un représentant des ressources humaines maniéré (Vincent Nolin-Bouchard), puis une secrétaire zélée (Laurence Moisan-Bédard), un informaticien cassant (Jean-Michel Déry), un fier-à-bras de la sécurité (Paul Fruteau De Laclos), un patron suffisant (Denis Marchand) et un relationniste beaucoup trop enthousiaste (Marc Auger Gosselin).

Tout ce beau monde est séquestré par un ravisseur que le public ne fera qu'entrevoir. Il affirme être un joueur de cricket du siècle dernier et, en somme, réclame qu'on lui rende sa vie. Dans un huis clos absurde, les otages feront tous les temps pour se sortir de leur fâcheuse position, se laissant peu à peu gagner par la cause de ce mystérieux geôlier - Est-il qui il prétend? Voire existe-t-il vraiment? -, quitte à mettre la logique au rancart.

Dans ce premier texte et cette première mise en scène, Gabriel Fournier ne fuit pas les clichés, loin de là. Il les souligne plutôt à grands traits, exploitant habilement leur potentiel comique en misant sur les décalages. Il y a d'abord ces costumes et ces accessoires qui nous immergent dans un lieu hors du temps (les fringues kitsch évoquent les années 70, mais les personnages sont munis de téléphones cellulaires et d'un baladeur).

Il y a surtout ces dialogues écrits dans un niveau de langue soutenu et livré dans un français international complètement artificiel - vous n'entendrez plus les mots cassette ou factice de la même manière -, truffés de répétitions et de répliques frôlant le virelangue. Dans un degré moindre de ridicule, on songe parfois à la défunte (et culte!) série Le coeur a ses raisons. Solide, la distribution donne vie à ce texte touffu et pas toujours évident avec une indéniable efficacité.

Il faut certes adhérer à la proposition. On nage ici dans un océan de stéréotypes. C'est assumé, c'est joué gros... Et force est d'admettre que ça fonctionne.

Stockholm, le syndrome est présentée à Premier Acte jusqu'au 29 octobre.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer