Gloucester: surenchère au pays de Shakespeare

À bien des égards, le faux Shakespeare Gloucester, qui... (Le Soleil, Erick Labbé)

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À bien des égards, le faux Shakespeare Gloucester, qui ouvre la 40e saison de La Bordée, a des idées de grandeur et assume sa démesure.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) CRITIQUE / Dix acteurs interprétant quelque 75 personnages dans 45 lieux. À bien des égards, le faux Shakespeare Gloucester, qui ouvre la 40e saison de La Bordée, a des idées de grandeur et assume sa démesure. En passant les tragédies du grand Will à la moulinette pour en faire une comédie, les auteurs et comédiens Simon Boudreault et Jean-Guy Legault ont ratissé large. Peut-être un peu trop.

Le moins qu'on puisse dire, c'est que cette création mise en scène par Marie-Josée Bastien porte bien son sous-titre de «délire shakespearien». On nage en pleine surenchère dans ce déluge de références, d'anachronismes et d'absurdités qui rendent hommage à l'univers de l'illustre dramaturge anglais en le tournant en dérision. 

Bien au-delà de la simple parodie de pièces existantes, les auteurs ont utilisé des morceaux de plusieurs d'entre elles - ici le balcon de Roméo et Juliette, là le crâne de Hamlet ou les sorcières de Macbeth, etc. - pour créer leur propre histoire. Luttes de pouvoir et trahisons sont à l'honneur dans cette intrigue où la reine (Érika Gagnon) et deux généraux anglais (Simon Boudreault et Jean-Guy Legault) deviennent rivaux pour régenter une Écosse récemment vaincue.  

Décor caméléon

Dans un décor à la fois sobre - le bois brut, le métal de boîtes de conserve et quelques balais de paille - et caméléon, une foule de personnages s'agitent, portés par une efficace distribution appelée à changer souvent de chapeau. Évidemment, on ne cherche pas ici la retenue dans le jeu. Dans un alliage de langage soutenu et d'esprit de bottine, les comédiens s'en donnent à coeur joie. Par exemple, le récit de guerre de Brutus livré - et mimé - par un Emmanuel Bédard dans une forme dangereuse lui a valu des applaudissements nourris à la première de mercredi. Eloi Cousineau a aussi fait mouche dans la galerie de rôles tous plus maniérés les uns que les autres qui lui ont été confiés. 

On cultive ici les décalages, qui atteignent sans doute le sommet dans un segment de comédie musicale joyeusement ringarde, mais pas trop loin de ce que d'autres troupes proposent sur scène le plus sérieusement du monde... Ou dans ce duel dansé où l'héritage irlandais rencontre un haka maori pour finalement aboutir chez la macarena...

Gloucester joue sur les nombres, sur l'accumulation, sur l'excès. Quitte à risquer d'atteindre le point de saturation des spectateurs. Devant certains passages qui s'allongent indûment pour, semble-t-il, empiler le plus de références shakespeariennes possible, on en vient à se demander si les auteurs se sont fixé un quota à atteindre. Et on ne peut s'empêcher de penser que le potentiel comique de la pièce serait amplifié si elle était resserrée un peu. 

Gloucester est présentée à La Bordée jusqu'au 15 octobre.

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