Doggy dans Gravel: à quatre pattes dans l'excès

Doggy dans Gravel brosse un portrait aussi drôle qu'impitoyable... (Cath Langlois photographe)

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Doggy dans Gravel brosse un portrait aussi drôle qu'impitoyable de l'adolescence et de ses excès.

Cath Langlois photographe

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(Québec) CRITIQUE / Présentée à Premier Acte jusqu'au 1er octobre, Doggy dans Gravel du Théâtre Kata ne ménage pas ses effets pour passer sa génération dans le tordeur.

Dans le portrait aussi drôle qu'impitoyable qu'il brosse de l'adolescence et de ses excès, Olivier Arteau (qui signe le texte et la mise en scène) choisit l'angle de la caricature. Codes, références, manies et sottises sont soulignés à gros traits, de manière presque clownesque (une impression renforcée par les maquillages d'Élène Pearson), à mi-chemin entre le théâtre de l'absurde et une esthétique de vidéoclips.

Ceinturée de foin, la salle de Premier Acte devient le cadre d'un après-bal de finissants où deux univers en apparence éloignés vont entrer en collision. D'un côté, cinq scouts aux airs de geeks résolus à se dévergonder un brin: «à soir, on frenche!» lancent-ils comme mot d'ordre. De l'autre, trois filles en manque d'attention qui jouent aux dures en s'autoproclamant cunt ou slut, mais qui dissimulent finalement très mal leur inexpérience, leurs complexes et leur insécurité.

Rien ne fait dans la dentelle dans cette production frondeuse à souhait du Théâtre Kata. À la base, le texte d'Olivier Arteau n'a pas été conçu pour flatter les oreilles prudes. Logorrhée d'insultes colorées et considérations grivoises (voire ordurières) sont au coeur des dialogues mis dans la bouche de ces personnages d'ados élevés sur Internet et devant MusiquePlus (à une époque pas si lointaine où on y diffusait encore de la musique...). On rigole souvent devant cette accumulation d'observations ou de questions punchées, mais souvent vides de sens. Des phrases qui, citées hors contexte, pourraient bousculer ou faire grincer des dents, mais qui deviennent ici presque inoffensives en se fondant dans la masse. On devient un peu comme ce personnage complètement désensibilisé aux images violentes ou sexuelles après trois heures de gavage sur YouTube...

Le texte déjà bien rythmé donne lieu sur scène à un ballet trash entre l'image que veulent projeter ces ados aux hormones dans le tapis et ce qu'ils ressentent en vérité, plongés en pleine confusion entre désir d'aimer et culture du viol. Une chorégraphie qui prend elle aussi aussi vie dans l'excès. Les répliques sont catapultées de manière caricaturale (parfois presque chantées) dans une joute verbale saccadée, ponctuée de segments musicaux et de mouvements prétendument sexy - mais foncièrement ridicules - pigés dans des vidéoclips. La dérision est poussée dans une démesure qui dépasse finalement le portrait de la génération représentée. Et elle sait captiver son auditoire, qu'il ait ou non grandi en regardant les Pokémon, Ramdam ou Watatatow...

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