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Anne-Marie Olivier et Marie-Josée Bastien: d'amitié et de résilience

Marie-Josée Bastien et Anne-Marie Olivier ont imaginé une... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Marie-Josée Bastien et Anne-Marie Olivier ont imaginé une fillette qui a un amour incommensurable pour le livre du Petit Prince. Elles se sont aussi amusées avec toutes les situations du Petit Prince pour raconter notre histoire à nous».

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Pour Anne-Marie Olivier, «c'est une oeuvre existentielle». Pour Marie-Josée Bastien, «c'est un ouvrage de référence de vie». Les deux femmes de théâtre n'ont pas pris à la légère leur mission de s'inspirer du Petit Prince pour créer leur propre histoire, qui prend vie cet été au Théâtre de la Petite Marée de Bonaventure, en Gaspésie. Mais elles n'ont pas remisé leur sens de l'humour pour autant.

Comme le roman d'Antoine de Saint-Exupéry, Mon Petit Prince parle de vie et de mort, d'amour et d'amitié, de l'importance de prendre soin les uns des autres, aussi. Mais loin du désert du Sahara, Anne-Marie Olivier et Marie-Josée Bastien campent leur intrigue sur une dune gaspésienne. On y fait la rencontre de Claudelle (Chantal Dupuis), une enfant dégourdie qui vient de perdre sa maman et dont l'aviateur de père (Marc-Antoine Marceau) est en train de sombrer dans le chagrin. Créative, entêtée et fan invétérée du Petit Prince, la fillette utilisera son livre préféré pour «réparer» son papa. 

«Elle a un amour incommensurable pour cette histoire-là, donc elle y réfère souvent. Et on s'est aussi amusées avec toutes les situations du Petit Prince pour raconter notre histoire à nous», évoque Marie-Josée Bastien (qui signe aussi la mise en scène), citant le serpent devenu couleuvre, le renard à apprivoiser, l'amour des couchers de soleil ou l'allumeur de réverbères transposé en employée d'Hydro-Québec (Marie-Pier Lagacé, qui porte plusieurs autres chapeaux dans cette production). 

«C'est le livre le plus lu après la Bible», note Anne-Marie Olivier à propos du Petit Prince. «Il est tombé direct dans la cible, ajoute-t-elle. Ça parle autant aux enfants qu'aux adultes. Ça parle de pourquoi on est là sur Terre. Ça parle de l'importance de l'amour et de l'amitié, de la difficulté de vivre, de quand tu perds quelqu'un et que tu es inconsolable. C'est du gros stock! D'avoir osé parler aux enfants en s'adressant à leur coeur et à leur intelligence, c'est beau.»

À son tour, le tandem Olivier-Bastien présente à un public familial les thèmes du deuil et de la résilience. Sans gommer la tristesse inhérente au sujet, mais sans perdre le sourire non plus. «Il y a des scènes tristes. Et la scène d'après, c'est complètement fou. Comme la vie!» résume Marie-Josée Bastien. 

Rajuster le tir

Installé à Bonaventure tout l'été et coproduit par le Théâtre de la Petite Marée et le Gros Mécano de Québec, Mon Petit Prince offre une bonne illustration du dicton «faire contre mauvaise fortune bon coeur». Quand la production qui devait initialement prendre l'affiche en juillet est tombée à l'eau en début d'année, l'équipe a dû vite rajuster le tir. Marie-Josée Bastien faisait déjà partie du projet, Anne-Marie Olivier s'est jointe à elle pour créer une pièce dans des délais pour le moins serrés, considérant l'horaire chargé des deux créatrices.

«J'avais déjà écrit une adaptation du Petit Prince il y a environ 15 ans. Et là, comme il fallait faire vite, ça prenait quatre menottes», explique Anne-Marie Olivier. 

La pression aurait pu se faire sentir, mais l'aventure a été vécue dans le bonheur, jurent les artistes, qui se connaissent depuis une vingtaine d'années. «On a décidé d'écrire et de penser la mise en scène en même temps, relate Marie-Josée Bastien. Ç'a été un beau gros chantier. D'emblée, on s'est dit qu'on voulait que ça se passe dans le plaisir. Parce que ça peut être angoissant, aussi, de se dire qu'il faut avoir un show dans deux mois! On a fait beaucoup de choses ensemble au tournant des années 2000. C'est le fun de se retrouver presque 20 ans plus tard avec notre bagage et notre évolution personnelle. On retrouve un petit côté adolescent, mais avec un bagage d'adulte.»

Vous voulez y aller?

  • Quoi : Mon Petit Prince
  • Textes : Anne-Marie Olivier et Marie-Josée Bastien
  • Mise en scène : Marie-Josée Bastien
  • Quand : Jusqu'au 19 août
  • Où : Théâtre de la Petite Marée
  • Distribution : Chantal Dupuis, Marie-Pier Lagacé et Marc-Antoine Marceau
  • Billets : Entre 12 $ et 19 $
Info : theatredelapetitemaree.com ou 418 534-2386

Premières impressions de Mon Petit Prince : «Sortir du pire...»

Les directeurs du Théâtre de la Petite Marée, convaincus du potentiel de la pièce Mon Petit Prince, se sont vantés le 14 juillet d'en présenter «la première mondiale». L'avenir nous dira si la pièce d'Anne-Marie Olivier et de Marie-Josée Bastien aura une vie hors de nos frontières. Mais par l'universalité du sujet qu'elle aborde et le mythique roman auquel elle rend hommage, on peut croire qu'elle en a tout le potentiel, selon ce qui s'est dégagé de la première.

Ce n'est pas l'histoire du Petit Prince qu'on raconte ici, mais l'univers imaginé par Antoine de Saint-Exupéry est partout. Parce que le personnage de la jeune Claudelle (Chantal Dupuis, qui incarne à merveille cet âge limite entre l'enfance et la préadolescence), véritable locomotive de ce spectacle destiné à un public âgé de sept ans et plus, est profondément attachée au bouquin. Parce qu'elle vient de perdre sa maman et qu'elle s'en sert comme d'une bouée pour surmonter son deuil et «sortir du pire». Une bouée qu'elle tente à tout prix de partager avec son père (Marc-Antoine Marceau), en train de couler à pic dans la peine. 

En brodant son propre récit, le tandem Olivier-Bastien s'est réapproprié de jolie manière plusieurs codes du roman (souvent mis en exergue Marie-Pier Lagacé, tour à tour renarde, rose ou allumeuse de réverbères), conjugués avec poésie, mais dans une énergie bien actuelle.

Théâtre de la Petite Marée : une ambiance unique

BONAVENTURE - On se serait presque cru dans un campement de gitans : des roulottes qui forment une sorte d'enclave, un feu à ciel ouvert au centre... Et les idées qui fusent autant que les rires tout autour. À la veille de la première de Mon Petit Prince au Théâtre de la Petite Marée, il régnait un air de vacances dans l'équipe de la pièce, qui cohabitera dans une sorte d'esprit de commune tout l'été. 

Dans les jours qui ont précédé la première représentation, l'effervescence était à son maximum, puisque tous les concepteurs se sont déplacés au terrain de camping de la plage Beaubassin de Bonaventure pour mettre la table. Une fois la pièce sur les rails, les comédiens Marc-Antoine Marceau, Chantal Dupuis et Marie-Pier Lagacé s'attendaient à retrouver un peu plus d'intimité, n'ayant plus à partager leur caravane. «Ça va faire un peu bizarre!» ont d'ailleurs observé ces deux dernières, croisées après la première du 14 juillet. 

Directeur artistique de la Petite Marée depuis 2008, Jacques Laroche partage son temps entre la Métropole et Bonaventure, qu'il retrouve chaque été. Et il convient que le contexte dans lequel se déploient les créations de son théâtre est plutôt unique. 

«Je fais de la tournée pas mal avec le théâtre du Sous-marin jaune, dans des festivals et tout ça, mais je n'ai jamais vu une affaire comme ça, dans un endroit aussi reculé. Veut, veut pas, quand on arrive ici, on n'a rien d'autre à faire. Des fois, les gens ont un peu de parenté dans le coin. Mais personne ne doit partir parce qu'il a un autre contrat... On est vraiment confiné ici!»

Créations et coproductions

Installé à deux pas de la plage à Bonaventure, le Théâtre de la Petite Marée est né il y a 22 ans, à l'initiative de la municipalité. «Ils étaient dans une recherche de politique pour inciter les familles à passer une nuit ou deux. Ils ont eu l'idée d'un théâtre», explique Jacques Laroche. Depuis, les planches ont accueilli une nouvelle pièce chaque été dans un créneau dit familial. Avec peu de moyens, mais beaucoup de créativité, peut-on ajouter. 

«On fait l'envie de bien du monde parce qu'en théâtre jeunesse, pratiquement personne n'a de lieu de diffusion, note Jacques Laroche. Ils lancent une création et ils doivent chercher. Je me fais appeler par plein de compagnies qui veulent être coproducteurs avec nous. Ils pensent qu'on est big... Et ils sont étonnés quand ils voient nos budgets! Mais ils continuent de nous appeler parce qu'ici, on va faire 26 shows. On le sait avant même de faire la création et ça, ça n'arrive pas souvent.»

Avec une équipe d'un employé «et demi» - la directrice générale Anne Henry, qui travaille à l'année en Gaspésie, et le directeur artistique Jacques Laroche, qui y oeuvre à temps partiel -, La Petite Marée mise sur les coproductions pour que les créations qui naissent chez elle voient leur vie prolongée en tournée. C'est le cas cette année de la pièce Mon Petit Prince, coproduite par le Gros Mécano de Québec, qu'on risque fort de voir aux Gros Becs dans la saison 2017-2018, notamment. 

«Notre dernière coproduction, avec le Théâtre Bouches Décousues, c'était Le merveilleux voyage de Réal de Montréal et ça bat des records, avance Jacques Laroche. On sait qu'artistiquement, on est bons. Mais au niveau de la logistique, la coproduction nous aide.»

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