Théâtre du Gros Mécano: 40 ans à construire...

Le Gros Mécano soufflera ses 40 bougies le 1er novembre...

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Le Gros Mécano soufflera ses 40 bougies le 1er novembre et lancera les célébrations avec une création estivale en Gaspésie.

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(Bonaventure) «On peut tout dire aux enfants.» En 40 ans et une cinquantaine de créations, le Théâtre du Gros Mécano s'est efforcé de prouver cette affirmation. Au coeur de la motivation de cette compagnie installée à Québec, une confiance en l'intelligence du jeune public, un souci de lui offrir des spectacles professionnels «d'aussi grande qualité que chez les adultes», une mission de soutien de la création dans la capitale et une conviction que le théâtre a un rôle à jouer dans le développement des citoyens de demain.

«On a une responsabilité de se tenir debout dans ce qu'on fait, martèle le directeur artistique Carol Cassistat. Oui les divertir c'est important. Mais il faut qu'il y ait une parole qui est portée à travers ça.»

Alors que le Gros Mécano soufflera ses 40 bougies le 1er novembre - et qu'il a lancé les célébrations avec une création estivale en Gaspésie - arrêt sur quelques moments forts de son histoire.

1976

Naissance du Théâtre du Gros Mécano, autrefois baptisé les Productions pour enfants de Québec. D'abord incluse dans le mandat du Trident, la création pour jeune public s'en détache en 1975. La compagnie embrasse le nom de Gros Mécano un peu plus tard, en clin d'oeil au jeu de construction Meccano qui faisait fureur à l'époque.

«Ça provient de la philosophie, de la mission de la compagnie, explique le directeur artistique du Gros Mécano, Carol Cassistat. Aujourd'hui, on parle plus des blocs Lego. Mais dans les années 70, le Meccano, avec ses pièces de métal et ses boulons, était populaire. Ça fait référence à bâtir, à construire quelque chose. Une fois que c'était terminé, tu le défaisais et tu reconstruisais autre chose...»

1981

Arrivée d'André Lachance à la tête du Gros Mécano, position qu'il a occupée pendant 23 ans. «C'est lui qui a donné le côté un peu plus institutionnel à la compagnie, résume son successeur, Carol Cassistat. Il a développé le théâtre jeune public en salle. Le Gros Mécano a été l'un des premiers théâtres jeune public à produire ses spectacles en salles et à inviter les écoles. Ça donne accès à des conditions techniques qui permettent de pousser notre art beaucoup plus loin, plutôt que de toujours arriver avec des décors de carton, sans véritable éclairage.»

1993

Création de la pièce L'homme, Chopin et le petit tas de bois de Reynald Robinson, mise en scène par Michel Nadeau, qui a confirmé le comédien Jean Guy parmi les visages marquants de l'histoire du Gros Mécano. «Il l'a jouée pendant 17 ans. Partout au Québec, en France... Il l'a même jouée en anglais. Il a été un acteur très important pour nous», confirme le directeur artistique Carol Cassistat. 

«L'avantage du théâtre jeunesse, c'est que le public se renouvelle, note la responsable des communications du Gros Mécano, Léa Fischer-Albert. Avec des grands succès comme La librairieL'homme, Chopin... ou Les aventures mirobolantes de Don Quichotte, on peut faire souvent le tour de la province. En trois ou quatre ans, les élèves de cinquième et sixième année ont quitté pour le secondaire et de nouveaux jeunes qui n'ont pas vu le spectacle encore ont pris leur place.»

Et qui dit longue tournée dit confiance des diffuseurs, qui ne craignent donc pas de reprogrammer une pièce ayant fait ses preuves. «Et ces valeurs sures ouvrent la porte pour toutes les nouvelles créations», observe Carol Cassistat.

2003

Création de La librairie de Marie-Josée Bastien. Sans doute le plus grand succès du Théâtre du Gros Mécano, la pièce mise en scène par Frédéric Dubois, franchira sous peu le cap des 500 représentations. «Je n'imaginais pas ça. Jamais, jamais, jamais. C'est comme sans fin!» lance l'auteure, qui a vu son imaginaire transposé aux quatre coins du Québec, mais aussi au Canada anglais, en Europe et au Japon. Dans ce dernier cas, l'histoire a été recréée de toutes pièces par une troupe japonaise. 

«Ils ont voulu coproduire la pièce avec nous. Ç'a pris trois ans pour monter le projet. Ils ont recréé le décor, on est allé diriger la production pendant un mois à Tokyo. Et on a tourné pendant cinq ans au Japon», raconte le directeur artistique du Gros Mécano, Carol Cassistat, ajoutant que la pièce destinée ici à des spectateurs âgés de huit ans et plus s'adressait davantage aux adultes dans sa version nippone.

«Leur perception du travail qu'on faisait était plus d'ordre spirituel, explique-t-il. Cet aspect d'un défunt qui aide un vivant, c'est ça qui les a touchés. Ils l'ont jouée comme un drame alors qu'ici c'est une comédie. Et ç'a teinté notre façon de la jouer ici. En traitant les choses de façon un peu plus dramatique, ça donne une plus grande profondeur au comique. Et ça devient un spectacle encore plus universel. Ça l'a aidé à vieillir.»

Quatorze ans après sa création, La librairie sera de nouveau présentée aux Gros Becs et à L'Anglicane en 2017.

2004

Création du programme Modul'AIR. Dans cette structure de mentorat et d'appui à la création, des artistes sont invités à tester, sans obligation de résultat, une proposition s'adressant au jeune public. 

«Ce n'est pas un programme où on octroie des subventions, mais c'est un espace de création, précise la responsable des communications au Gros Mécano, Léa Fischer-Albert. Ce qui fait qu'on peut savoir qu'on a des spectacles de qualité qui tournent bien, c'est qu'on les essaie avant. Mais ce ne sont pas tous les projets qui passent par Modul'AIR qui deviennent des créations.»

Carol Cassistat cite en exemple un texte qui pourra être soumis successivement à des classes du primaire et du secondaire pour en affiner l'angle ou le ton. Ou un scénographe qui souhaite explorer un nouvel univers scénique. «C'est important de pouvoir travailler dans la structure légère, où on peut tout se dire pour vrai parce que le facteur qui nous retient n'est pas l'argent, explique le directeur artistique. Il n'y a pas cette préoccupation de ne pas pouvoir annuler [un spectacle] parce qu'on s'est engagé et qu'on ne peut plus reculer. Au pire, si le projet n'est pas monté, tu as perdu quelques milliers de dollars parce que tu as payé les artistes pour travailler dessus. Mais tu ne te plantes pas en sortant un spectacle qui n'est pas bon, qui a coûté 150 000 $ et qui pourrait nuire à tes autres spectacles ensuite. Entre nous, il faut avoir le droit à l'erreur, mais dans le marché, on n'y a pas tant droit!»

2016: projets et défis

Quatre décennies après sa fondation, le Théâtre du Gros Mécano ne vit pas de crise de la quarantaine, jurent ses administrateurs. Ceux-ci ne nient pas que les défis soient grands, notamment au chapitre du financement et du lien qu'il faut sans cesse cultiver avec le milieu scolaire (les moyens de pression des enseignants et le boycottage des activités culturelles ont fait mal par le passé). Ici comme ailleurs, l'heure semble être à la diversification : dans les disciplines abordées (à l'affiche en octobre aux Gros Becs et coproduite par la compagnie Code Universel, Nous ne sommes pas des oiseaux proposera une rencontre entre le théâtre et la danse), mais aussi dans les âges (un spectacle destiné aux ados est dans les cartons) et dans les partenaires à l'étranger (une coproduction avec une compagnie italienne devrait voir le jour en 2018).

Carol Cassistat, directeur artistique du Théâtre du Gros Mécano... - image 11.0

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Carol Cassistat, directeur artistique du Théâtre du Gros Mécano

«Nous avons de nouvelles stratégies à l'international, ce n'est plus la même dynamique, explique Léa Fischer-Albert. Alors qu'on se tournait traditionnellement vers la France ou la Belgique, voilà qu'on est allé en Chine, en Australie... On ouvre des nouveaux marchés. On est jeunes de nos 40 ans.»

L'album de famille du Gros Mécano

En 40 ans et 50 productions, le Théâtre du Gros Mécano s'est bâti un album de famille comptant bon nombre de visages connus. «Les enfants vont recevoir le spectacle, mais pas nécessairement retenir que c'était Marie-Thérèse Fortin ou Pierre-François Legendre qu'ils ont vus. Il y a eu des artistes d'importance et qui sont maintenant célèbres qui ont commencé leur carrière dans notre compagnie», souligne la responsable des communications, Léa Fischer-Albert. 

Le clan du Gros Mécano peut donc compter sur de nombreux comédiens connus - Lorraine Côté, Yves Jacques, Jacques Leblanc, Jack Robitaille, Marie Brassard, Marie-Josée Bastien ou Fabien Cloutier, pour n'en citer qu'un tout petit échantillon - et sur au moins une politicienne : Agnès Maltais a joué dans la pièce Cro Magnon, une histoire qui a de la barbe de Lorraine Côté (mise en scène de Lise Castonguay), créée en 1988. 

Les frais de transport et d'hébergement pour ce reportage ont été assumés par Le Gros Mécano

L'album de famille du Gros Mécano

En 40 ans et 50 productions, le Théâtre du Gros Mécano s'est bâti un album de famille comptant bon nombre de visages connus. «Les enfants vont recevoir le spectacle, mais pas nécessairement retenir que c'était Marie-Thérèse Fortin ou Pierre-François Legendre qu'ils ont vus. Il y a eu des artistes d'importance et qui sont maintenant célèbres qui ont commencé leur carrière dans notre compagnie», souligne la responsable des communications, Léa Fischer-Albert.

Le clan du Gros Mécano peut donc compter sur de nombreux comédiens connus - Lorraine Côté, Yves Jacques, Jacques Leblanc, Jack Robitaille, Marie Brassard, Marie-Josée Bastien ou Fabien Cloutier, pour n'en citer qu'un tout petit échantillon - et sur au moins une politicienne : Agnès Maltais a joué dans la pièce Cro Magnon, une histoire qui a de la barbe de Lorraine Côté (mise en scène de Lise Castonguay), créée en 1988. 

Les frais de transport et d'hébergement pour ce reportage ont été assumés par Le Gros Mécano

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