L'été théâtre en trois temps

Pour Marie-Hélène Gendreau, Nancy Bernier et Nathalie Mallette, le théâtre... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) Pour Marie-Hélène Gendreau, Nancy Bernier et Nathalie Mallette, le théâtre d'été est à la fois une machine comique complexe, une permission de repousser les limites du jeu d'acteur et une précieuse occasion de s'isoler loin de la ville pour aller rejoindre un nouveau public. Nous laissons la parole aux trois muses de la saison 2016 du Nouveau théâtre de l'Île, de La Roche à Veillon et du théâtre Beaumont Saint-Michel.

Nancy Bernier: élargir le jeu

Nancy Bernier jouera les femmes furieuses et les... (Marc- Antoine Lepage) - image 2.0

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Nancy Bernier jouera les femmes furieuses et les séductrices dans La tornade Margot, aux côtés de ses complices de longue date Réjean Vallée et Clément Beaumont.

Marc- Antoine Lepage

L'été a toujours été une saison faste pour Nancy Bernier. Entre la Maison des frissons et le Manoir de l'horreur, les parcours 400 ans chronoOù tu vas quand tu dors en marchant...? et Volatil, la comédienne et conceptrice entretient depuis 20 ans une relation fidèle et passionnée avec Théâtrissimo, qui produit les pièces de La Roche à Veillon, à Saint-Jean-Port-Joli.

Sitôt sortie du Conservatoire, elle montait sur les planches d'un théâtre estival près de Trois-Rivières et, quelques années plus tard, elle présentait sa première mise en scène en carrière sous le soleil de juillet. «J'aime faire rire, c'est toujours gratifiant. Quand tu fais du drame, tu ne sais pas si le monde braille, alors que le rire, c'est instantané», note-t-elle.

Qu'elle dirige ou qu'elle joue, elle traque les mécaniques du rire, les teste, trouve les manières de les pousser plus loin. «C'est la manière d'envoyer la réplique, de la puncher, de l'envoyer par en dessous, parfois c'est juste un regard. C'est cette mécanique-là que j'aime découvrir et chercher. Au théâtre d'été, on a la permission d'élargir le jeu. On dit que c'est joué gros, mais non, c'est joué large.»

Le rôle-titre La tornade Margot, qui tiendra l'affiche toute la saison dans la grange rénovée de Saint-Jean-Port-Joli, lui permettra justement de jouer les femmes furieuses et les séductrices tout en intégrant les contorsions les plus farfelues pour une tâche aussi banale que de se mettre du vernis à ongles sur les orteils. «Martin Doyon écrit des sitcoms [Un gars, une filleUne grenade avec ça?], donc les scènes sont courtes et punchées, les situations sont fortes. On rit beaucoup en répétition, c'est très bon signe», indique la comédienne.

Sélection naturelle 

Elle y côtoiera Réjean Vallée, un autre grand habitué de La Roche à Veillon, avec qui elle a partagé la scène dans Quelques livres de trop, en 2013, mais surtout dans Les chaises, à La Bordée, qui lui a valu le prix Paul-Hébert. «On se connaît tellement qu'on ne se gêne pas. Il y a moins de pudeur, et le travail avance plus vite», remarque-t-elle. Elle retrouve aussi le metteur en scène Bertrand Alain.

Si ces acolytes n'ont pas changé, le public, lui, s'est transformé, remarque Nancy Bernier. «J'ai l'impression qu'il s'est renouvelé. À La Roche à Veillon, il y a des jeunes. L'an dernier, j'ai amené mes enfants, et ils ont adoré ça. Il y a un camping à côté, les gens viennent en famille avec leurs ados.»

Et même si on répète souvent que l'âge d'or des théâtres d'été est passé, la comédienne voit l'avenir d'un bon oeil: «Il y a moins de théâtres d'été qu'avant. Je crois qu'il y a une sélection naturelle qui s'est faite, et c'est sain. Ce n'est pas le théâtre d'été qui n'allait plus bien, c'est qu'il y en avait trop pour la demande», soutient-elle.

La comédienne s'installe à Saint-Jean-Port-Joli pour l'été, avec son fils de bientôt 14 ans et sa fille de 6 ans. Depuis le décès de son conjoint, le scénographe Bernard White, en mai 2015, le cocon familial s'est resserré. «La conciliation travail-famille, pour moi cette année, disons que ça a pris tout son sens. [...] Là, je vais travailler, mon gars peut garder la puce. S'il y a quelque chose, le théâtre est juste à côté», explique-t-elle.

L'été sera chargé pour libérer l'automne et dégager du temps pour la rentrée scolaire. «Ma puce rentre en première année. Ils ont perdu leur père, et je sens qu'il faut vraiment que je sois présente.» Vingt-six ans après sa sortie du Conservatoire - où elle fera une mise en scène cette année -, elle ne ressent plus la pression de «percer» à la télé ou de pédaler à en perdre haleine pour construire sa carrière, par ailleurs fort enviable.

«C'est clair que je vais rester à Québec», lance-t-elle avec un demi-sourire. «J'ai déjà fait des allers-retours sur la 20, et je détestais ça. Parfois, je me dis que quand les enfants seront grands, je referai la ronde des auditions avec mon casting de vieille dame. Tout le monde va se demander où j'étais toutes ces années!»

Azur en veille

La créatrice est pourtant bien visible dans le paysage de Québec depuis 2008, et plusieurs de ses projets de sa compagnie Azur Créations ont été présentés à l'international. Tout a commencé avec le parcours 400 ans chrono. «Mon but était de réunir les gens du théâtre, du cirque et de la danse dans des projets qui intéressent l'Office du tourisme, la Ville de Québec, faire le lien. Québec est riche en artistes, c'est incroyable, mais le corpo, les activités touristiques et le milieu théâtral évoluaient en vase clos.»

Nancy Bernier a aussi été l'orchestratrice du Manoir de l'horreur à Expo Québec, une version des années 2000 de La maison des frissons à laquelle elle avait participé en 1999 aux côtés de Frédéric Dubois, Anne-Marie Olivier et Hugues Frenette, entre autres. L'expérience, qui cadrait pile dans l'esprit de la fête foraine remise au goût du jour, attirait les foules. «Au Manoir, on n'a pas senti la baisse d'achalandage d'Expo Québec, on attirait une clientèle qui ne venait jamais», rappelle-t-elle.  

Après le parcours Volatil, conçu pour l'ouverture de la Maison de la littérature l'automne dernier, Azur Créations est tombé en état de veille. «C'est sur la glace pour l'instant. J'ai libéré mon équipe. Azur, c'était Bernard et moi, et j'ai besoin de temps. Mais je ne ferme pas la compagnie, un jour je vais la réactiver. En attendant, je retourne dans mon ancienne vie et jouer au théâtre d'été participe un peu à ça. C'est réconfortant.»

Nancy Bernier jouera du 25 juin au 4 septembre dans La tornade Margot, présenté à La Roche à Veillon (547, avenue De Gaspé Est, Saint-Jean-Port-Joli, 1 877 598-7409).

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