Mme G.: un hommage pétillant

Pilier de la pièce, Marie-Ginette Guay (ici aux... (Cath Langlois photographe)

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Pilier de la pièce, Marie-Ginette Guay (ici aux côtés de Mary-Lee Picknell) campe une Mme G. plus grande que nature, autoritaire mais aimante, rebelle, drôle, libre et franchement inspirante.

Cath Langlois photographe

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(Québec) CRITIQUE / Propriétaire d'un bordel, puis tenancière d'un bar clandestin installé dans son demi-sous-sol enfumé du quartier Montcalm, Thérèse Drago est devenue une légende de la vie nocturne de la capitale. Personnage aussi marginal que fascinant, la dame figure ces jours-ci au coeur de la pièce Mme G. à Premier Acte, où l'équipe réunie autour de l'auteur Maxime Beauregard-Martin lui rend un hommage pétillant, lumineux, rempli d'humour et de tendresse.

Ancré dans le réel, soit une véritable rencontre avec son sujet, ce docu-fiction se déploie en plusieurs époques, dans lesquelles on surfe joyeusement. À la fois narrateur et témoin, Maxime Beauregard-Martin sert sur les planches de guide et de fil conducteur. Dans cette mise en scène de Maryse Lapierre, nous le retrouvons dans la chambre de celle qui a été rebaptisée Gisèle, alors qu'il recueille les confidences qui serviront de terreau à sa création. Il nous fait voyager dans le temps jusqu'à l'époque de la maison close La Grande Hermine, dont Mme G. était propriétaire, puis dans l'after-hour illégal où elle a accueilli pendant plusieurs années des noctambules plus ou moins poqués. Il nous amène aussi chez lui, dans ses angoisses d'auteur, et en salle de répétition, alors que ses comédiens ne manquent pas de le remettre en question.  

Maxime Beauregard-Martin a su trouver le bon angle pour rendre tout ce beau monde profondément attachant. Pas de condescendance, mais pas de complaisance non plus. Juste un regard bienveillant sur un monde pas très reluisant d'emblée : une vieille dame en jaquette qui grille cigarette sur cigarette, des prostituées et leurs clients, des oiseaux de nuit esseulés qui rechignent devant les premiers rayons de soleil. L'auteur ne s'épargne pas non plus, soulignant à gros traits d'autodérision ses insécurités et ses obsessions. 

Son texte est rythmé, imagé et judicieusement ponctué d'extraits musicaux (la vibrante interprétation des Feuilles mortes par Mary-Lee Picknell accompagnée au piano de Patrick Ouellet a tout pour nous faire passer du rire aux larmes). Et il prend vie de fringante manière sous les bons soins de comédiens qui adhèrent pleinement à la proposition. Pilier de la pièce, Marie-Ginette Guay campe une Mme G. plus grande que nature, autoritaire mais aimante, rebelle, drôle, libre et franchement inspirante. 

Digne d'une ovation

Il ressort de cette pièce beaucoup d'humanité, de l'entraide et du bonheur, aussi. Parce que si la Mme G. de Beauregard-Martin confesse qu'elle n'est pas fière de sa personne «au niveau aguichement», elle répétera souvent qu'elle est «fière-pet» de sa vie, dans laquelle elle a croqué avec joie. 

Son sentiment est contagieux, si l'on se fie à l'ovation qui a été réservée à la troupe jeudi soir. On quitte la salle le coeur léger, après avoir ri un bon coup, avec l'impression de connaître un peu mieux une tranche de vie de la capitale qui méritait d'être mise en exergue. 

Mme G. est présentée à Premier Acte jusqu'au 30 avril.

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