Fendre les lacs: briser l'immobilisme

L'eau joue un rôle à part entière dans Fendre... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'eau joue un rôle à part entière dans Fendre les lacs, la dernière pièce de l'auteur et metteur en scène Steve Gagnon, présentée au Périscope jusqu'au 30 avril. À l'avant-plan, les comédiens Véronique Côté et Pierre-Luc Brillant.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) CRITIQUE / Un grand vent de changement traverse Fendre les lacs, la plus récente pièce de Steve Gagnon. Un souffle bouillant, doublé d'une soif de liberté viscérale, porté par une distribution qui n'a pas peur de se mouiller... Au sens propre comme au figuré.

Au coeur d'une communauté recluse, Fendre les lacs convie les spectateurs dans une «saison des bouleversements», comme le souligne un personnage. La mort de l'un des piliers du groupe vient chambouler un équilibre déjà précaire. Parce que sous des airs de partage et de complicité, chacun couve des manques et des insatisfactions de plus en plus difficiles à contenir.

À bien des égards, les personnages imaginés par l'auteur et metteur en scène Steve Gagnon étouffent. Il y a bien ce jeune Léon (Frédéric Lemay), qui s'étrangle littéralement pour changer le mal de place, incapable de gérer autrement la disparition de son père et la désaffection de sa mère.

Et il y a surtout les femmes du groupe, qui se déchaîneront chacune à leur manière contre les contraintes qui les écrasent. Une mère au bord de l'implosion ignore la détresse de son enfant et se noie dans un deuil qu'elle tente de cacher sous un amoncèlement nerveux d'excuses et de banalités (Véronique Côté, bouleversante de vérité). Une femme-enfant esseulée se consume d'un amour débordant, mais non réciproque, en est réduite à hurler comme les loups pour quémander un peu d'attention (attendrissante Claudiane Ruelland). Une amoureuse aventurière suffoque dans une relation dont les horizons sont trop restreints (impétueuse Karine Gonthier-Hyndman). C'est elle, principalement, qui servira de moteur au changement, quand l'envie lui prendra d'aller voir ailleurs. 

Dans la salle du Périscope, un bassin rectangulaire remplit l'espace sur toute sa largeur. À la fois terrain de jeu et prison, l'étendue d'eau joue un rôle à part entière : les personnages s'y ébrouent avec fracas, leurs mouvements s'alourdissent sous la résistance du liquide, la houle qu'ils provoquent finit inévitablement par rejoindre les autres. 

Leur langue, aussi, ne tarde pas à faire des vagues. Le texte de Steve Gagnon ondule entre le très familier et les envolées poétiques, dans un mariage percutant et généralement réussi... On place toutefois un bémol sur la tirade finale servie par Marie-Josée Bastien, qui détonne par son invitation au changement trop grandiose par rapport au reste. On aurait pu décrocher, n'eût été de la chute, silencieuse et tout en émotions, qui vient joliment sauver la mise. 

Fendre les lacs est présentée au Périscope jusqu'au 30 avril.

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