Architecture du printemps: détours vers le renouveau

Véritable caméléon, Olivier Lépine impressionne par l'aplomb avec lequel... (Cath Langlois Photographe)

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Véritable caméléon, Olivier Lépine impressionne par l'aplomb avec lequel il campe tous les rôles dans Architecture du printemps.

Cath Langlois Photographe

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(Québec) CRITIQUE / L'heure est au renouveau, ces jours-ci, sur les planches du théâtre Premier Acte. Dans l'ambitieux solo Architecture du printemps, Olivier Lépine prend maints détours pour arriver à ses fins. Mais au fil d'une prestation pour le moins physique, l'émotion passe et le message aussi : quand on creuse un peu, la beauté et la vie ne sont jamais bien loin.

Écrite, mise en scène et interprétée par Olivier Lépine, Architecture du printemps chevauche trois histoires déployées dans deux époques. Dans un passé plus lointain, on retrouve, grâce à sa correspondance, la trace du peintre Vincent Van Gogh dans une période trouble de sa vie : de l'épisode de l'oreille coupée et à son suicide raté. En parallèle, la pièce nous transporte quelque 125 ans plus tard, alors qu'un documentariste de Québec lui aussi nommé Vincent vit en plein printemps érable une pénible peine d'amour et un irrépressible besoin d'isolement. Juste à côté, nous croisons le chemin d'un policier affecté au contrôle des manifestations quotidiennes, qui marche sur la fine ligne entre patience et ras-le-bol, entre intervention professionnelle et envie répression. 

Dans un environnement scénique qui fait la part belle aux projections - des toiles de Van Gogh aux images de manifs au son des casseroles -, Olivier Lépine en mène large dans le spectre des émotions, dans la quantité de personnages auxquels il donne vie, dans les contrastes temporels et géographiques. 

Surprenant point de rencontre

Le danger de s'éparpiller était bien présent... et pas toujours évité. Dans l'accumulation de détails et de tableaux qui peuvent sembler difficiles à arrimer d'emblée, dans l'incessant va-et-vient entre le propos social et le cheminement personnel, on se demande parfois où Lépine va nous mener. Il faudra un détour délirant dans un coffee shop d'Amsterdam - et la consommation par deux personnages de la spécialité locale... - pour que le point de rencontre se concrétise de surprenante manière.

Véritable caméléon, Olivier Lépine impressionne par l'aplomb avec lequel il campe tous les rôles. Trois principaux et une bonne poignée qui ne font que passer. Il a bien quelques accessoires pour marquer les changements, mais ils ne sont généralement pas nécessaires. La gestuelle est forte et les transitions physiques, voire parfois presque brutales. Les tons, les manières, les niveaux de langage et les accents (québécois, néerlandais ou provençal) sont bien maîtrisés et frappent l'imaginaire. 

Dans un décor modulaire où tout peut se transformer - ou carrément prendre le bord! -, Lépine et ses concepteurs jouent d'ingéniosité pour suggérer des lieux multiples et des situations diverses. Et ils réussissent à créer de pertinents traits d'union entre les histoires et les époques. Le plus réussi? Ce moment où une accumulation de bouteilles et un peu de peinture rouge ont su symboliser simultanément la détresse des deux Vincent et la multiplication des manifestants dans les rues de Québec. 

Architecture du printemps est présentée à Premier Acte jusqu'au 2 avril.

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