Huff: la gorge nouée

On rit, on prend plaisir à l'humour incisif...

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On rit, on prend plaisir à l'humour incisif et rythmé des répliques de Cliff Cardinal, qui interprète une vingtaine de personnages et semble être partout à la fois.

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(Québec) CRITIQUE / L'expression «solo coup de poing» ne semble pas assez forte ni assez juste pour décrire la bouleversante performance que livre Cliff Cardinal avec Huff. On en sort un noeud dans la gorge et complètement soufflé par l'écriture et le jeu du jeune créateur.

On salue l'audace du Périscope d'avoir osé présenter une pièce en anglais en saison à Québec. Un acte isolé qui donne l'impression d'être en plein Carrefour international de théâtre.

Un personnage entre en scène la tête prise dans un sac de plastique, les mains nouées derrière le dos par du ruban électrique, et commente ironiquement, mais l'urgence dans la voix, sa tentative de suicide. Il s'agit d'une déviation des jeux qu'il faisait, enfant, pour s'évader du quotidien. Libéré par une spectatrice - l'acteur obligera d'ailleurs plusieurs fois le public à agir au cours de la pièce -, il enchaîne sur une histoire avec un petit je-ne-sais-quoi du film hollywoodien des années 80 qui finit bien.

On comprend toutefois assez vite que l'histoire de la jolie jeune fille et du jeune brave va sombrer dans les souillures. 

Descente aux enfers familiale

C'est la candeur et l'optimisme des deux personnages principaux, Wind et son petit frère Huff, qui nous fait tenir le coup dans cette descente aux enfers familiale. On rit, on prend plaisir à l'humour incisif et rythmé des répliques de Cardinal, qui semble être partout à la fois. 

Il faut dire ici que les surtitres, où sont désignés les noms des personnages qui prennent la parole par la bouche de l'unique comédien, aident. Malgré la précision du jeu de Cardinal, qui change de voix, de posture et de mimique plus vite que son ombre, on aurait mis un bon moment à départager les figures en présence.

Il y a une grand-mère un peu chaman, une mouffette sortie tout droit d'un disque de speed metal, une odeur vraiment tache à la diction mollassonne et une flopée de commentateurs télé et d'annonceurs radio qui surgissent lorsque les frères sont dans les vapes.

Tout cela serait joyeusement comique si ce n'était du Lysol et de l'essence que sniffent les enfants pour oublier les abandons et les abus, de l'aîné de la famille, complètement déréglé, dont les actes nous font monter le coeur aux lèvres.

Hormis pour une scène à l'école où les enfants sont personnifiés par des bouteilles de bière, Cardinal insiste peu sur le fait que le drame se déroule dans une réserve. Il intègre les références culturelles, les plus riches comme les plus noires, avec doigté. Au final, il nous dépeint un noeud complexe, qui ne sera pas dénoué, et dont on retient surtout les dérives imaginaires et la franchise, nécessaire.

Huff est présenté jusqu'à samedi au Périscope.

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