Grace: il était une foi...

Le metteur en scène de Grace, Charles-Étienne Beaulne, a l'habitude de... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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Le metteur en scène de Grace, Charles-Étienne Beaulne, a l'habitude de pointer ses antennes vers les États-Unis pour nourrir ses projets.

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) N'espérez pas un happy end en allant voir Grace. Selon les dires du metteur en scène Charles-Étienne Beaulne, la pièce présentée au Périscope jusqu'au 13 février met tout de suite cartes sur table : les choses vont mal se terminer.

Sur l'affiche de Grace, une croix qui projette l'ombre d'un fusil et une injonction implacable : «Ayez la foi ou un bon plan b». Le texte signé par l'Américain d'origine portoricaine Craig Wright nous amène sur la trace de Sara et Steve, un jeune couple croyant qui décide d'aller refaire sa vie en Floride. Leur foi sera mise à l'épreuve au contact de leur voisin Sam - qui ne croit justement plus en rien depuis qu'il a été affligé par un drame - et d'un exterminateur allemand «au passé trouble». La pièce montre d'emblée qu'ils sont condamnés, puis remonte le fil des événements.

«Il n'y a pas de mystère, pas de suspense, précise Charles-Étienne Beaulne. Le spectacle ne repose pas sur ce qui va se passer, mais sur comment ça va se passer. Je veux qu'on aime les personnages d'amour. Je veux qu'on ait peur et qu'on ait de la peine pour eux. Je veux qu'on espère que ça ne se finisse pas comme on l'a vu au début...»

Au coeur du récit, une quête de sens de la vie et un regard sur les croyances, religieuses notamment. «On ne dénonce pas la foi catholique, ajoute Beaulne. Le spectacle porte sur ce qui nous arrive quand ces repères qu'on a trouvés dans la foi disparaissent complètement. Sur comment on peut vraiment perdre les pédales si on a tout mis là-dedans. Si on justifie tous nos espoirs et toutes nos envies avec la foi et qu'un jour, ce plancher-là s'effrite tranquillement, qu'est-ce qui va nous arriver?»

Des antennes aux États-Unis

Charles-Étienne Beaulne a l'habitude de pointer ses antennes vers les États-Unis pour nourrir ses projets. Le Théâtre des miettes dans la caboche, qui coproduit Grace avec la compagnie Dream Team, s'est d'ailleurs officiellement donné le mandat d'adapter avec un point de vue québécois des textes de la dramaturgie anglo-saxonne.

«C'est plus proche de nous qu'on le pense, résume-t-il. Selon ce que je ressens depuis qu'on produit des spectacles, on est beaucoup plus près des Américains ou des Anglais que des Européens francophones. Pour ceux qui y sont déjà allés, on se sent beaucoup plus à la maison à Londres qu'à Paris...»

Charles-Étienne Beaulne a eu un coup de foudre pour le texte de Craig Wright lors d'une représentation sur Broadway à laquelle prenaient notamment part les acteurs Paul Rudd et Michael Shannon. La force de l'histoire - qui tient aussi à sa simplicité - et le sens de la répartie des personnages ont fait mouche et le metteur en scène avoue avoir tout de suite songé à quels comédiens québécois pourraient prendre le relai du côté nord de la frontière.

«C'est souvent instinctif, je ne me targue pas d'être un grand intellectuel, avoue-t-il. Si je lis un texte et que je sens quelque chose vibrer, je me dis qu'il faut le faire. C'est assez simple, au fond. Et c'est ça qui est fabuleux du théâtre américain. C'est souvent là, maintenant. J'aime beaucoup l'aspect "in your face" de l'affaire.»

Quant aux références religieuses de Grace, elles ont tout pour titiller l'imaginaire d'ici, croit Charles-Étienne Beaulne. Même à une époque où nos églises se sont vidées.

«C'est vrai que nous, au Québec, on n'est pas très Jesus freak, reconnaît le metteur en scène. Mais il y a des parties du Canada qui sont assez heavy dans la religion. Et il reste qu'il n'y a pas si longtemps, on était aussi comme ça. Ça tend à changer, mais ce n'est pas si loin que ça. Nos grands-parents ont vécu ce genre de foi très forte. Ça résonne toujours...»

À l'affiche

Quoi: Grace

Texte: Craig Wright (adaptation et traduction de Joëlle Bond)

Mise en scène: Charles-Étienne Beaulne

Interprètes: Emmanuel Bédard, Joëlle Bourdon, Jacques Leblanc et Nicolas Létourneau

Quand: jusqu'au 13 février

: Périscope

Billets: 35 $

Tél.: 418 529-2183

Info: theatreperiscope.qc.ca

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