Dans la peau de Sarah Bernhardt

«C'était l'actrice avec un grand A qu'on voulait... (Le Soleil, Erick Labbé)

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«C'était l'actrice avec un grand A qu'on voulait toutes devenir», dit Anne-Marie Cadieux à propos de Sarah Bernhardt.

Le Soleil, Erick Labbé

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(Québec) On la surnommait «la Divine». Flamboyante, avant-gardiste, l'actrice française Sarah Bernhardt a bousculé les gens de Québec (et le clergé!) lors de son passage en 1905. Elle a un impact tout aussi grand dans la vie de deux séminaristes dans la pièce La divine illusion.

Sarah Bernhardt... (Archives Le Soleil) - image 1.0

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Sarah Bernhardt

Archives Le Soleil

Pour interpréter la plus grande que nature Sarah Bernhardt, le tandem formé du metteur en scène Serge Denoncourt et de l'auteur Michel Marc Bouchard n'a pas eu à chercher bien longtemps. Anne-Marie Cadieux avait toute la prestance qu'il fallait.

«C'est un cadeau pour une actrice, reconnaît Anne-Marie Cadieux. Je me rappelle quand j'ai commencé dans le métier, à 15 ans, je regardais des photos d'elle, elle dormait dans son cercueil. Elle était très extravagante, très fantasque. C'était l'actrice avec un grand A qu'on voulait toutes devenir.»

Sarah Bernhardt n'avait pas peur de chambarder les convenances. Le clergé avait bien tenté de décourager les gens d'aller la voir lors de sa tournée qui l'a amenée à Québec. Mais la curiosité du public était plus forte. Sa série de spectacles avait tout de même dû être écourtée en raison de petits groupes de manifestants qui lui avaient lancé des oeufs pourris, selon ce que raconte l'historien Jean-Marie Lebel dans Québec 1608-2008; Les chroniques de la capitale. «[Sarah Bernhardt] est très flamboyante, elle est affranchie, elle est hors des conventions, décrit Anne-Marie Cadieux. Elle est libre. Elle est autoritaire et diva. Mais en même temps, c'est une vraie artiste. Elle est militante, engagée, elle n'a pas la langue dans sa poche. Elle est très moderne.»

Le passage de Sarah Bernhardt tient le rôle de déclencheur de la pièce qui met plutôt en vedette les deux jeunes séminaristes. Le premier, Michaud (joué par Simon Beaulé-Bulman), voue une admiration sans bornes à Bernhardt. L'autre, Talbot (Mikhaïl Ahooja), rentré chez les prêtres pour faire plaisir à sa mère, est trop désabusé de la vie en général pour s'exciter devant une star. Les deux hommes iront porter à Bernhardt une lettre pour lui interdire de jouer. Leurs vies seront transformées par cette rencontre.

Pièce ambitieuse

Trois univers se côtoient dans la pièce, explique Anne-Marie Cadieux, qui qualifie la pièce de «très ambitieuse» : l'abus sexuel au sein du clergé, l'exploitation des enfants en usine (le jeune frère de Talbot travaille dans une usine), et l'art à travers les yeux de Bernhardt. On y met également de l'avant l'immense contraste entre le Québec refermé sur lui-même et la France libérée de l'époque. 

La divine illusion a remporté un grand succès lors de sa présentation au Théâtre du Nouveau Monde de Montréal cet automne. Elle a d'abord été créée en anglais l'été dernier pour le Festival Shaw de Niagara-on-the-Lake. Après Québec, elle sera présentée entre autres à Saguenay et à Rimouski.

Extrait « La Divine Illusion »

Amitié de longue date

Anne-Marie Cadieux a rencontré l'auteur Michel Marc Bouchard alors qu'elle avait 16 ans et étudiait à l'université d'Ottawa. Il avait écrit le premier spectacle dans lequel elle a joué : une pièce de théâtre d'été intitulée La veuve et le varech, qui a tenu l'affiche du Théâtre de la Saumonière de Matane en 1980.

***

Robert Lepage

Anne-Marie Cadieux a souvent été impliquée dans les projets de Robert Lepage, qu'on pense aux films Le confessionnalLa face cachée de la Lune et  ou aux pièces Macbeth et La tempête mises en scène par le dramaturge de Québec. La comédienne a bien failli être de la distribution de Quills, présentée actuellement au Trident, mais la tournée de La divine illusion entrait en conflit avec les représentations.

***

Projets

La comédienne, qui vient de tourner la septième et dernière saison du téléroman Yamaska, a joué dans trois longs métrages cet automne, dont Endorphine d'André Turpin, qui prend l'affiche dans quelques jours. On pourra également la voir à La Bordée fin mars dans la pièce Molly Bloom, un solo mis en scène par Brigitte Haentjens.

Anne-Marie Cadieux et Luc Bourgeois dans La divine... (Fournie par Yves Renaud, TNM) - image 5.0

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Anne-Marie Cadieux et Luc Bourgeois dans La divine illusion lors de sa présentation à Montréal

Fournie par Yves Renaud, TNM

À l'affiche

Titre : La divine illusion

Texte : Michel Marc Bouchard

Mise en scène : Serge Denoncourt

Interprètes : Anne-Marie Cadieux, Louise Cardinal, Mikhaïl Ahooja, Simon Beaulé-Bulman, Annick Bergeron, Gérald Gagnon, Marie-Pier Labrecque, Dominique Leduc, Sébastien 

René et deux autres comédiens

Salle : Albert-Rousseau

Date : le 18 janvier

Synopsis : Sarah Bernhardt arrive à Québec. Nul n'en est plus excité que Michaud, un séminariste que le théâtre attire bien plus que la prêtrise. Nul ne s'en fiche davantage que Talbot, pour qui la prêtrise n'est rien d'autre que le chemin que sa mère lui a imposé pour sortir sa famille de la misère et du travail en usine. La venue de la plus célèbre comédienne du monde bouleversera ces destinées jusque-là terriblement prévisibles.

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