Adieu je reste: la mort à l'eau de rose

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Pierrette Robitaille, Claude Prégent et Anne Casabonne interprètent un triangle amoureux rigolo et un peu rocambolesque.

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(Québec) Pierrette Robitaille et Claude Prégent interprètent un couple d'artistes éperdu et plein de travers dans Adieu je reste, une comédie d'Isabelle Margault que Les Projets de la Meute présentent en tournée à travers le Québec. Ils ont beau n'avoir joué ensemble que dans une autre pièce, chez Jean-Duceppe, ils sont aussi complices et tendres qu'un vieux couple heureux.

Barbara, le personnage de Pierrette Robitaille, a amassé une fortune en écrivant des romans à l'eau de rose. «C'est une femme un peu excessive, qui a des troubles, c'est clair, mais qui aime beaucoup son mari. Tellement qu'elle veut mourir pour lui», indique la comédienne. La pièce s'ouvre alors qu'elle met en scène son suicide. 

«Dès le départ, il y a une espèce d'entente avec le public comme quoi mourir est accessoire», explique Pierrette Robitaille. «C'est comme un show qu'elle se fait, comme si elle ne croyait pas vraiment qu'elle allait mourir. On rit de la mort.»

D'ailleurs, pendant que la dame orchestre sa fin dans son luxueux penthouse, Gigi, jouée par Anne Casabonne, l'attend dans l'ombre, revolver à la main, pour l'assassiner. Le tout pour l'amour de Jean-Charles, le fameux mari. «J'aime mon personnage. C'est vrai qu'il veut faire assassiner sa femme, mais il faut le comprendre», blague Claude Prégent, nous donnant une idée du caractère de celui qui suscite les passions sans les mériter. «C'est un homme qui n'accepte pas de vieillir, alors il s'entoure de jeunes amantes. C'est un peintre raté, un pauvre yâble. Je trouve qu'il fait pitié, et on lui fait sentir pas mal dans la pièce. Il n'y a rien qu'il entreprend qui marche.»

Malgré son succès populaire, l'écrivaine ne semble pas avoir beaucoup plus de talent ou être beaucoup plus heureuse que son peintre de mari. «Ce n'est pas drôle, des gens talentueux et intelligents», note le comédien.

 

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Pierrette Robitaille et Anne Casabonne 

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Pierrette Robitaille et Claude Prégent 

Le règne des femmes

Contrairement à une pièce de théâtre de boulevard, ce n'est pas le mari, ici qui mène la comédie, mais le duo improbable de la maîtresse et de l'épouse. «[Pierrette Robitaille] a créé un personnage plus grand que nature, très étonnant. Et il y a une chimie incroyable avec Anne. Les deux filles dans ce show-là sont à se tordre de rire. Elles ont tellement travaillé ensemble, c'est beau à voir», témoigne Claude Prégent. «Anne [Casabonne] me fait rire pour mourir, il ne faut pas trop que je la regarde», renchérit Mme Robitaille.

De rebondissement en rebondissement, les deux femmes deviennent amies, le mari doit se dépêtrer dans de plus en plus de mensonges, alors que le voisin de palier de Barbara en profitera pour se glisser dans le triangle amoureux.

«Sans qu'on puisse dire que les gens s'identifient vraiment aux personnages, il y a beaucoup de réactions à tout ce qui concerne les relations hommes-femmes. Les gens prennent parti, ils ont de belles réactions d'émotion», décrit la comédienne, qui ressort quelque peu essoufflée par le rythme et les cascades qu'exige la pièce. «La première image la montre [Barbara] en train de sauter en bas du balcon. Elle a la tête complètement virée à l'envers. Les deux filles se battent, on se roule à terre pis toute. Quand on finit de jouer, on a tout donné», assure-t-elle.

La pièce a été présentée l'été dernier au théâtre Hector-Charland, à L'Assomption, dans une mise en scène de Stéphane Bellavance, et les comédiens ont bon espoir de reprendre là où ils l'avaient laissé. «On a trouvé plein de petits trucs tout le long et c'est devenu comme de la dentelle. On a hâte de retrouver notre petit ouvrage qu'on avait fignolé», illustre Pierrette Robitaille.

Les gens de Québec et de la Chaudière-Appalaches se souviendront peut-être que la même pièce a été présentée au théâtre Beaumont Saint-Michel, il y a deux ans. Danielle Proulx y jouait Gigi et Linda Sorgini, Barbara.

 

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Pierrette Robitaille et Anne Casabonne

Bien que Adieu je reste ne soit que... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.1

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Bien que Adieu je reste ne soit que leur deuxième pièce ensemble, Claude Prégent et Pierrette Robitaille sont aussi complices et tendres qu'un vieux couple heureux. 

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Agendas remplis

Présentement, on peut voir Pierrette Robitaille dans les téléséries Madame Lebrun, à Super Écran, et Med, à Vrak TV, alors que Claude Prégent joue dans L'auberge du chien noir, qui entamera en septembre prochain sa 15e saison. Le comédien chante également dans le spectacle Claude Prégent et Alain Lecompte en chanson, où des musiques de Lecompte, et des textes de Jean Barbeau, Alfred DesRochers ou Victor Hugo sont interprétés par un petit ensemble. «On crée toujours lorsqu'on aborde des personnages, mais partir un projet avec nos idées à nous, nos valeurs, c'est important aussi», souligne M. Prégent.

«On est sur commande, on est à la pige. Donc quand ça fait plus de quarante ans que tu t'intègres dans des projets extérieurs à toi, même si tu y mets du tien, un moment donné, t'as le goût de partir de toi», ajoute sa collègue, qui a quant à elle un projet d'écriture qui n'aura, promet-elle, rien à voir avec la prose de son personnage dans Adieu je reste.

À l'affiche

Titre : Adieu je reste

Texte : Isabelle Mergault

Mise en scène : Stéphane Bellavance

Interprètes : Pierrette Robitaille, Anne Casabonne, Stéphane Breton et Claude Prégent

Résumé : Gigi se laisse convaincre par son amant Jean-Charles, un peintre raté, de liquider Barbara, sa femme légitime, une célèbre auteure de romans à l'eau de rose. L'assaut sera toutefois l'étincelle d'une amitié inattendue entre les deux femmes. Le voisin de palier viendra s'en mêler.

Dates : vendredi 15 et samedi 16 janvier à 20h

Salle : Salle Albert-Rousseau

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