Trainspotting: moins de nerfs, plus d'émotion

Lucien Ratio est excellent en Mark Renton dans Trainspotting.... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Lucien Ratio est excellent en Mark Renton dans Trainspotting.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) CRITIQUE / Deux ans après avoir été présenté à Premier Acte et avoir raflé trois prix de la culture, Trainspotting arrive à la Bordée avec davantage de moyens et un comédien supplémentaire, mais avec le même humour grinçant, la même hargne troublante, touchante, désespérée.

C'est toujours une étrange expérience de revoir une pièce qui nous avait fait une forte impression à sa création. Contrairement aux quelques images du film de Danny Boyle qui m'étaient restées en tête - un trip de couleurs après une plongée dans les toilettes, une scène de cul avec une écolière irréelle et un souffrant sevrage dans une pièce rose - le souvenir de la pièce allait au-delà des scènes précises.

Des kilomètres de merde et de sacres, une amertume tenace et rêche qui brouille tout, la haine de soi et de l'Écosse, les deuils et les renoncements s'amalgamaient dans une série de flashs souillés, pour jouer une vie en syncope, rythmée par la course des trains et des junkies.

Jeu plus conscient

On retrouve encore tout ça dans Trainspotting version 2015, mais l'élan juvénile et nerveux, gonflé à bloc, des comédiens s'est transformé en un jeu plus conscient, plus maîtrisé. On sort de la salle moins étourdi, mais peut-être davantage touché par les récits, les deuils et les reprises en main de chacun.

Marco Poulin endosse trois rôles secondaires qui étaient tenus par Jean-Pierre Cloutier, Charles-Étienne Beaulne et Claude Breton-Potvin en 2013; l'employeur potentiel malmené par Mark Renton et Tommy (Ratio et Cloutier), la «mère supérieure» qui fournit l'héroïne et le vieil ivrogne. La mise en scène de Marie-Hélène Gendreau était déjà bien assise à la création. Les scènes sont presque reprises à l'identique, même s'il semble y avoir eu quelques remaniements et coupures, notamment pour la scène finale qui se termine un peu abruptement.

Les quatre comédiens d'origine (Lucien Ratio en tête, excellent en Mark Renton) reprennent leurs rôles avec aplomb. Rien n'achoppe, et on ne perd pas un mot malgré le débit rapide et l'avalanche d'émotions qui se bousculent dans chaque scène. 

Le décor de Jean-François Labbé a été augmenté, solidifié, texturé et pourvu d'un deuxième étage utilisé à quelques moments clés, dont la scène d'ouverture. La musique aux accents techno est signée Uberko et les éclairages éclectiques, Hubert Gagnon et Dominic Lemieux.

Comme le texte, traduit par Wajdi Mouawad, la mise en scène inclut des passages qui lèvent le coeur, qui dérangent, qui nous prennent aux tripes, mais aussi quelques scènes où émerge une image belle et éphémère comme une flamme.

La pièce est présentée jusqu'au 21 novembre à la Bordée.

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