Le silence assourdissant de Tribus

Le récit de Tribus s'articule autour d'une famille dysfonctionnelle et... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le récit de Tribus s'articule autour d'une famille dysfonctionnelle et repliée sur elle-même, dont Christopher (Jacques L'heureux) en est le père.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) CRITIQUE / Tribus débarque au Périscope précédée d'une réputation critique favorable et on comprend pourquoi. Cette comédie dramatique de Nina Raine se distingue par la finesse et la justesse de sa réflexion sur les problèmes de communication familiaux, mais aussi par la force de frappe de ses dialogues. Servie par une mise en scène vivante et des interprètes criants de vérité, la pièce est un petit bijou.

Le récit de Tribus s'articule autour d'une famille dysfonctionnelle et repliée sur elle-même. Christopher (Jacques L'heureux) et Hélène (Monique Spaziani) ont trois enfants, dont Billy (David Laurin), sourd de naissance. Les parents ont tenu à ce que le petit dernier apprenne à lire sur les lèvres et à parler pour éviter qu'il se sente exclu socialement. Mais il en va autrement à la maison, surtout depuis que Daniel (Benoît Drouin-Germain) et Alice (Catherine Chabot) sont revenus y vivre.

Les choses vont toutefois changer progressivement lorsque Billy tombe en amour avec Sylvia (Caroline Bouchard), une jeune femme en train de perdre l'ouïe. Le couple va apprendre à communiquer par l'entremise du langage des signes et va ainsi bouleverser le fragile équilibre familial : les sourds ne sont pas toujours ceux qu'on pense.

Nina Raine explore brillamment le thème de l'incommunicabilité en jouant sur les codes du langage. Dans cette famille où on pratique l'art de la discorde en jouant de l'ironie et du sarcasme, on ne se chicane pas - on discute. Dans cette famille politiquement incorrecte à la langue crue et vulgaire, on ne s'insulte pas - on médit. Sans parler de tout ce qui s'exprime dans le non-dit. La dramaturge met en évidence que les gens entendent bien ce qu'ils veulent entendre.

Les dialogues sont vivants et mordants et se distinguent par leur sens de la répartie spirituel. Le texte provoque son lot d'éclats de rire avant d'opter pour un arc dramatique qui suit une belle courbe jusqu'à sa touchante conclusion.

La mise en scène efficace de Frédéric Blanchette met en évidence le langage non verbal suggéré par le texte et rendu de façon tout à fait adéquate par les interprètes. Le jeu de position sur la scène rectangulaire évite un certain statisme que peuvent parfois créer de longs échanges.

Chimie entre les acteurs

Malgré l'intelligence du texte et la lecture pertinente du metteur en scène, Tribus repose grandement sur la qualité de l'interprétation et la chimie entre les acteurs. Il y a bien quelques petites exagérations ici et là, mais le reste est d'une crédibilité sans faille. David Laurin, en Billy, est remarquable. Il évite le piège de la caricature et il est absolument convaincant dans sa façon de s'exprimer comme un sourd.

La deuxième pièce de la jeune dramaturge anglaise a triomphé à Londres, à New York et à Montréal. Je ne vois pas pourquoi il en serait autrement ici. 

Tribus demeure à l'affiche jusqu'au 31 octobre, au Périscope.

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