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Bousille et les justes : toujours d'actualité

Christian Michaud (au centre) est touchant dans le... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Christian Michaud (au centre) est touchant dans le rôle de Bousille, un être fragile que tout le monde tente de manipuler.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) La Bordée a frappé dans le mille en amorçant sa saison avec Bousille et les justes, dans une relecture du metteur en scène Jean-Philippe Joubert.

Corruption, intimidation : les sujets traités ne pourraient être davantage d'actualité même si la pièce de Gratien Gélinas a été écrite en 1959.

La construction trahit toutefois son âge. La mise en place de l'action nous apparaît un peu longuette. On fait connaissance avec la respectable famille Grenon de Saint-Tite, installée dans la chambre 312 de l'hôtel Corona à Montréal pour assister au procès du plus jeune fils Aimé, accusé du meurtre d'un certain Bruno qui approchait un peu trop à son goût sa bien-aimée Colette (Danièle Belley). 

On voit rapidement que la soeur d'Aimé, Aurore (Valérie Laroche), est prête aux pires bassesses pour faire acquitter son frère et sauver l'honneur de la famille. Son mari Phil (Simon Lepage) semble d'abord au-dessus de ces préoccupations, trop occupé à boire et à courir la galipote. Le frère d'Aimé, Henri (Eliot Laprise), est de son côté extrêmement tendu et agressif, particulièrement avec sa femme enceinte Noëlla (Laurie-Ève Gagnon). La mère de l'accusé jouée par la «divine» Ghislaine Vincent ne compte que sur Dieu pour sauver son petit.

Mouvement

En décloisonnant l'habituel décor de la chambre d'hôtel pour ajouter d'autres chambres, le hall, la réception et la rue dans l'horizon du spectateur, Jean-Philippe Joubert a su créer du mouvement. Les déplacements des comédiens s'en trouvent ainsi plus libres, faisant penser à des pas chorégraphiés. 

La «chanson de Bousille» composée par Josué Beaucage permet des transitions plus senties, moins mécaniques qu'à l'habitude. Bonne idée d'utiliser une musique actuelle pour rattacher cette pièce de 1959 à aujourd'hui. Elle aurait même pu être davantage présente selon nous. 

C'est lorsque entre en scène Colette, pour qui se sont battus Aimé et Bruno, que la pièce prend véritablement son envol. On voit alors la véritable nature de chacun des personnages. S'ensuit la présentation de la version des faits de Bousille (Christian Michaud), seul témoin de l'événement, à l'avocat (Maxime Perron). À partir de ce moment et jusqu'à la fin, on suit avec fascination la descente aux enfers des personnages qui utilisent tous les stratagèmes pour faire parjurer le pauvre et fragile Bousille. 

Christian Michaud est touchant dans le rôle de celui «qui est ben serviable pour les commissions» comme le dit Phil. Les comédiens Simon Lepage et Ghislaine Vincent se démarquent aussi par la solidité de leurs performances dans les rôles de Phil et de la mère. Et que dire de l'interprétation un peu caricaturale, mais infiniment drôle du frère Nolasque par Jean-Denis Beaudoin.

Bousille et les justes est bien une pièce d'une autre époque comme en témoignent les références à la religion et aux tavernes, ainsi que le rythme de l'action. Mais la langue de Gratien Gélinas, riche d'expressions québécoises typiques, demeure un plaisir à entendre. 

Bousille et les justes est présentée jusqu'au 10 octobre à La Bordée.

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