La nuit sera chaude: la rebondissante revanche d'une moche

Alors que la peintre psychique (Nathalie Mallette) attend...

Agrandir

Alors que la peintre psychique (Nathalie Mallette) attend son amant, c'est plutôt une intruse peu ragoûtante (Amélie Grenier), qui vient brouiller les cartes.

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

(Québec) La prémisse pourrait être une scène de roman Harlequin : dans un loft urbain, une peintre psychique (Nathalie Mallette) attend son amant pilote de ligne (Éric Cabana). Mais voilà qu'une intruse peu ragoûtante (Amélie Grenier), à qui pourtant aucun homme ne résiste, vient brouiller les codes. Un vaudeville atypique se met en marche.

Ici, c'est la moche mal dégrossie qui ensorcelle les hommes dès qu'ils ont le malheur d'attarder un peu trop leur regard sur elle. Une intéressante idée de départ, qui suscite quelques incongruités comiques, voire une certaine dose d'originalité - on introduit rarement le surnaturel dans un boulevard.

La nuit sera chaude n'est pas sans rappeler Adieu je reste, présentée dans le même théâtre il y a deux ans. Deux rivales aux antipodes aux prises avec des amants fourbes et échangeables conversent dans un appartement d'artiste alors que les portes claquent. On ajoute au mélange des intrus qui s'incrustent et tout y est pour que les ressorts habituels de la comédie opèrent.

Michel Poirier, le metteur en scène, a fait lui-même l'adaptation du texte de la Parisienne Josiane Balasko, changeant tous les noms de lieux pour des lieux de Québec ou des environs (la rue Cartier, Sainte-Foy, Lévis). Parfois ça fonctionne bien et parfois, on tape un peu trop sur le clou.

Jeu inégal

Les personnages sont colorés, typés, et il y avait matière à composer toute une palette d'énergumènes. Le jeu est toutefois inégal. Alors qu'Amélie Grenier a beaucoup d'aplomb en femme de ménage parasite, lucide et directe (c'est d'ailleurs elle qui suscite le plus de rires francs pendant le spectacle), Nathalie Mallette n'arrive pas à trouver le ton juste entre les élans excités de son personnage et ses répliques plus crues et terre-à-terre. Incarnée avec une couleur plus zen et plus loufoque, cette peintre psychique aurait pourtant pu être un intéressant personnage. 

Le trio masculin se débrouille bien. Éric Cabana incarne un séducteur menteur et lâche pris à son propre jeu, alors qu'Henri Chassé joue un scientifique brisé et délateur. C'est surtout Patric Saucier qui se démarque en camionneur mexicain cultivé et amateur d'arts visuels. Malgré l'accent et le fait qu'il n'arrive qu'en deuxième partie, son personnage de colosse au grand coeur fait rire sans qu'il ait besoin de verser dans le cabotinage.  On tombait très rarement dans le vulgaire dans les pièces présentées à Beaumont St-Michel, mais j'avoue que cette fois, les chapelets de sacres et d'insultes ont parfois de quoi étonner et n'étaient absolument pas nécessaires. On se serait également passé des dérives scatologiques sur l'aura de la moche.

Les rebondissements deviennent un peu redondants - sitôt mis dehors, chaque intrus et ex-amant revient illico -, mais on doit admettre qu'il y a quelques amusantes surprises. Les moments d'émotion et de romance sont toutefois totalement évacués tant ils sont joués avec un accent comique. Même si on s'attend à plus de rythme que de subtilité dans un boulevard, on a déjà vu beaucoup mieux.

Le décor et les costumes suscitent leur lot de oh! et de ah!, alors que les éclairages de Lucie Bazzo animent avec intelligence le début des scènes. Ses lampes, installées au bar, sont d'ailleurs magnifiques.

La pièce est présentée jusqu'au 5 septembre au théâtre Beaumont Saint-Michel.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer