Saint-André-de-l'Épouvante: malédiction et purification

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Le fait de travailler dans le monde de la peur a généré dans la troupe des incidents qui auraient pu venir à bout de la production.

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Gilles Gagné

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Le Soleil

(Carleton) Les Productions à tour de rôle de Carleton présentent cet été la première pièce de théâtre de l'auteur saguenéen Samuel Archibald, intitulée Saint-André-de-l'Épouvante, une histoire de peur, parfois teintée d'humour, mise en scène par Patrice Dubois.

Pour ce 34e été des Productions à tour de rôle, le directeur artistique Dany Michaud est manifestement ravi d'avoir confié l'écriture à Samuel Archibald, auteur du roman Arvida, et d'avoir choisi, comme c'est souvent le cas pour la compagnie gaspésienne, du «théâtre en été», une nuance par rapport au «théâtre d'été», obligatoirement humoristique.

«L'action se passe dans un bar, où il y a une rencontre improbable entre cinq personnes qui n'auraient pas dû être ensemble», résume Dany Michaud.

Patrice Dubois, qui a joué en 2012 à Carleton dans Bienveillance, de Fanny Britt, semble aussi à l'aise en mise en scène que sur les planches. «C'est une pièce qui a la capacité de nous faire entrer dans ce qui pourrait être de l'épouvante. Samuel Archibald est un dialoguiste de grand talent. Il est capable de comprendre la musique en dedans de nous. Samuel a réussi à capter la richesse de notre langue régionale, de notre langue québécoise».

L'auteur s'est servi du nom d'un vrai village du Lac-Saint-Jean pour intituler sa première pièce. Il dit aussi avoir réalisé son écriture dans un contexte d'humilité. «C'est le genre de village où c'est écrit bienvenue et au revoir sur la même pancarte [...] On me demande parfois pourquoi autant de noirceur dans la pièce. Je vais me servir d'une réponse de Stephen King : qu'est-ce qui vous fait dire que j'ai le choix? Je suis romancier à la base, mais je n'ai pas davantage de formation en théâtre. J'ai vérifié les mots avec les comédiens pendant l'écriture. Nous sommes loin de la comédie. Venez voir le mauvais bar; vous serez contents de vous réveiller», dit Samuel Archibald, avec ironie.

Tragédie de Chapais

Il s'est aussi servi de bribes d'histoires réelles dans la pièce, comme la tragédie de Chapais, en janvier 1980, un incendie accidentel qui avait fait 48 morts. «Je sais que c'est délicat, mais je pense que les gens vont se reconnaître jusqu'à un certain point, dans ces histoires.»

Les scènes d'épouvante présentées dans la pièce, histoires au départ lointaines dans le temps, finissent par ramener les personnages à des chapitres bien réels de leur vie.

Incidemment, le fait de travailler dans le monde de la peur a généré dans la troupe des incidents qui auraient pu venir à bout de la production.

La comédienne Louise Latraverse devait y jouer Loulou, la serveuse. Elle s'est retirée pour des raisons médicales deux jours avant la première. Cette première a été reportée d'une semaine, le temps de trouver une comédienne de remplacement susceptible d'apprendre l'un des principaux rôles, ce que Dominique Quesnel a fait avec brio.

Tout juste avant la première, deux autres comédiens ont eu des mésaventures, l'un faisant une chute à vélo, l'autre se trouvant coincé entre son chalet et sa voiture, roulant sur le neutre parce que désembrayée! Il n'en fallait pas plus pour que Dany Michaud tente de conjurer le mauvais sort en se procurant de la sauge chez les autochtones de Gesgapegiag et qu'il tienne non pas une, mais deux séances de purification en brûlant cette herbe, le jour de la représentation générale.

En plus de la Loulou de Dominique Quesnel, Dany Michaud joue Mario, un villageois qui est déménagé pas très loin, André Lacoste, le garagiste taciturne dans les publicités Honda, campe Martial, un policier retraité, Bruno Paradis incarne Raynald, l'ex-incendiaire, et Miro Lacasse joue le mystérieux homme en noir.

La pièce est présentée jusqu'au 15 août au Quai des arts de Carleton, du mardi au vendredi à 20h30, et le samedi à 16h.

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