Critique

Hier est un autre jour: une comédie menée tambour battant

Les dialogues de la pièce Hier est un... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Les dialogues de la pièce Hier est un autre jour sont vifs et affûtés et la trame narrative, complètement dingue.

Le Soleil, Yan Doublet

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(Québec) La présence de Voix d'accès pour un 12e été au Théâtre Petit Champlain est en soi un petit miracle dans le milieu déclinant du théâtre estival québécois. Et un gage de qualité. Cette fois encore, avec Hier est un autre jour, la compagnie propose une comédie débridée, et un brin absurde, menée tambour battant par Emmanuel Bédard dans le rôle principal et une mise en scène dynamique par Édith Patenaude.

Après avoir présenté quelques «classiques» comme Le dîner de cons et Un air de famille, Voix d'accès mise cette fois sur un nouveau texte - qui a tout de même valu à leurs auteurs une nomination aux Molières 2014. On comprend aisément pourquoi : les dialogues sont vifs et affûtés et la trame complètement dingue.

Elle repose sur l'étrange journée de Pierre Maillard (Bédard). L'avocat, aux prises avec des TOC et à cheval sur les principes, est sur le point de conclure le procès de sa vie. Mais tout part de travers avec son patron hypocrite et opportuniste (Jean-Sébastien Ouellette), le gendre libidineux de celui-ci (Charles-Étienne Beaulne) et la nouvelle secrétaire, une ancienne flamme (Marie-Hélène Lalande). Pire, les événements ne cessent de se répéter.

Alors qu'il est sur le point de perdre les pédales, Maillard va comprendre qu'un fantomatique visiteur envahissant (Vincent Champoux) est à l'origine de ce jour de la marmotte très particulier, qui le fera passer par toute la gamme des émotions.

Cet effet de répétition, qui multiplie les scènes décalées, provoque beaucoup d'éclats de rire. Ça, et le fait que les spectateurs savent plus de choses que les protagonistes, ce qui génère une anticipation et une complicité fort efficace pour se moquer du malheur d'autrui. 

On l'aura compris, Hier est un autre jour mise beaucoup sur sa mécanique - réglée comme une horloge - pour faire rigoler, plutôt que sur les vulgarités, les claquages de portes et les pitreries grossières. Et il n'y a aucun répit, même si on étire un peu la sauce, surtout à la fin.

Édith Patenaude dirige le trafic sans coup férir, en particulier dans le dernier acte où un effet de rembobinage crée des moments absolument délirants. 

Problème d'accent

Par contre, il y avait vraiment un problème avec l'accent français «emprunté» des acteurs - à part Bédard - en début de spectacle. Les choses se sont un peu replacées en cours de route vers un français neutre, mais c'était franchement agaçant, de même que le jeu exacerbé de Claude Breton-Potvin et, dans une moindre mesure, celui de Charles-Étienne Beaulne. 

On est à la comédie, mais un peu de retenue accentue l'effet comique et non l'inverse. Pas besoin de tomber dans la caricature. À ce propos, Emmanuel Bédard est vraiment très bon, appuyant aux bons moments et livrant un Maillard plus contrôlé, réussissant même à nous le rendre sympathique malgré ses araignées au plafond.

Ça faisait longtemps que je n'avais pas autant ri au théâtre - même les acteurs, dont le plaisir est manifeste, ont dû étouffer quelques fous rires. Les spectateurs présents, mercredi soir, ne se sont pas retenus, eux, réservant d'ailleurs une longue ovation sentie aux comédiens. 

On appelle ça une formule gagnante.

La pièce Hier est un autre jour demeure

à l'affiche jusqu'au 29 août, au Théâtre Petit Champlain.

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