Beaumont St-Michel: un théâtre qui divertit depuis 40 ans

Nathalie Malette et Amélie Grenier sont les deux... (Photo Le Soleil, Erick Labbé)

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Nathalie Malette et Amélie Grenier sont les deux têtes d'affiche de la prochaine pièce du Théâtre Beaumont St-Michel, La nuit sera chaude.

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(Québec) En janvier 1975, Jean Duceppe, Lionel Villeneuve et Yves Létourneau posent les premiers jalons du Théâtre Beaumont St-Michel. Les trois grands hommes de théâtre ne le savent pas encore, mais ils viennent de créer une véritable institution populaire qui demeure, 40 ans plus tard, l'une des rares à proposer du théâtre d'été de qualité.

Beaumont St-Michel est un lieu riche d'histoire pour la dramaturgie québécoise. Une page entière de ce journal ne suffirait pas à dresser la liste des grands acteurs qui sont montés sur ses planches, certains pendant plusieurs années, comme Normand Chouinard et Danielle Proulx. Au fil du temps, Yvon Dufour et Pierre Dufresne, malheureusement décédés, en furent même brièvement propriétaires.

Dany Gagnon et Claude-André Roy, les propriétaires actuels, mènent leur barque depuis 2001, sur une mer agitée qui a vu sombrer bien des théâtres depuis. Leur marque de commerce : un produit de qualité, estiment Nathalie Malette et Amélie Grenier, les deux têtes d'affiche de la prochaine pièce, La nuit sera chaude.

Nathalie Malette soulève l'hypothèse qu'il y a peut-être eu un théâtre d'été de moindre qualité qui en a échaudé plus d'un. «Le paysage s'est transformé.» Mais il y a du bon théâtre d'été qui pourrait être intégré dans des programmations régulières, plaide-t-elle en citant Femme de rêve, dans laquelle elle a joué, Ténor recherché ou encore Le prénom, dans la mise en scène de Serge Denoncourt. «J'y ai passé une soirée formidable.»

Mais pourquoi programmer encore et toujours du théâtre de boulevard alors que le discours actuel dans le milieu est au renouvellement de la clientèle? Parce que La nuit sera chaude de Josiane Balasko est une pièce contemporaine, intelligente et rythmée, avec un regard rafraîchissant qui sort des stéréotypes, énumère le duo. «C'est une pièce qui fait du bien.»

«Il faut aller à la rencontre du public et ne pas prendre les gens pour des imbéciles», souligne Amélie Grenier. Peu importe la pièce, que ce soit du théâtre populaire ou expérimental, «il est important d'être happé, ému, intéressé, que ce soit du Platel [dont Tauberbach était à l'affiche du récent Carrefour de théâtre de Québec] ou du Balasko», renchérit Nathalie Malette.

Le théâtre d'été, «je n'aime pas ça à tout prix», ajoute ensuite celle qui a joué dans plusieurs pièces du genre. Elle cherche de bons acteurs, un bon texte et un bon metteur en scène. Mais «la comédie, j'ai besoin d'y revenir, explique-t-elle. C'est une question de santé mentale. Ça me fait du bien et me rend heureuse. Ça apporte une légèreté dans ma vie. Et faire rire, c'est un bon buzz

Dans cette recherche d'équilibre, Beaumont St-Michel jouit d'un avantage non négligeable: sa proximité avec le fleuve Saint-Laurent - les deux femmes vont d'ailleurs s'installer dans un chalet pour l'été. Situé en pleine campagne, dans un site enchanteur à un jet de pierre de Québec, le théâtre s'est créé une fidèle clientèle et une solide réputation dans le milieu. Pour Amélie Grenier, il s'agit presque «d'une promesse de bonheur», alors que Nathalie Malette évoque «la tradition».

L'équipe en place, avec notamment Michel Poirier, a aussi solidement établi sa crédibilité. Celui-ci signe la mise en scène des pièces présentées, une par été, depuis 2006. «Je n'avais pas lu la pièce que je lui avais déjà dit oui», témoigne Amélie Grenier.

Signature Balasko

Cette pièce, Michel Poirier en a fait une adaptation québécoise, mais elle conserve la signature Balasko - l'immense comédienne (Trop belle pour toi de Blier) connue pour ses rôles secondaires explosifs, comme dans Le père Noël est une ordure (1982). Elle met en scène Monique (Grenier), une femme tout en rondeurs qui fait craquer les hommes... sauf le sien. L'auteure démontre «qu'on n'a pas besoin d'être un canon de beauté pour séduire».

Cette bombe aux phéromones actives va venir bouleverser la vie de Dina (Malette), une peintre «à laquelle le spectateur s'identifie. C'est la plus droite et la plus honnête, même si elle a sa névrose. C'est celle à qui les choses arrivent, un feu roulant. C'est chez elle que ses coquerelles débarquent, qui sont tous plus menteurs les uns que les autres. Monique, elle, est en réaction.»

«C'est vraiment une pièce le fun à jouer», s'exclame Nathalie Malette. Avec le décor de Saint-Michel pour passer l'été, ça aide...

Vous voulez y aller?

Titre: La nuit sera chaude

Texte: Josiane Balasko

Mise en scène: Michel Poirier

Interprètes: Nathalie Malette, Amélie Grenier, Éric Cabana, Henri Chassé et Patric Saucier

Quand: du 19 juin au 15 août (supplémentaires possibles jusqu'au 5 septembre)

: Théâtre Beaumont St-Michel

Synopsis : Monique est une femme qui n'a pas grand-chose pour elle sauf le pouvoir de séduire tous les hommes qui lui plaisent. Elle vient de jeter son dévolu sur Francis, l'amant de Dina, une artiste peintre un peu particulière. Un soir, Monique débarque chez Dina et tout se détraque. Quiproquos, tromperies, chantage, jalousie... s'entremêlent, dans la plus pure tradition du vaudeville.

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